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Paris menace, Pékin répond

Le président français Emmanuel Macron (D) et son homologue chinois Xi Jinping lors d’une conférence de presse au palais présidentiel de l’Élysée à Paris, le 26 mars 2019. ©AFP

Un jour après que Téhéran a confirmé avoir dépassé la limite des stocks d’uranium faiblement enrichi, le président français a appelé l’Iran à réduire « sans délai » ses réserves.

Le mardi 2 juillet, Emmanuel Macron a appelé l’Iran à « revenir sans délai » sur le dépassement de ses réserves d’uranium faiblement enrichi que lui impose l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, a déclaré un communiqué de l’Élysée.

Les propos du chef d’État français interviennent au lendemain de ceux du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, qui a confirmé que Téhéran avait dépassé la limite des 300 kg de stock d’uranium faiblement enrichi autorisés par l’Accord de Vienne sur le nucléaire. Il a cependant ajouté que l’Iran avait pris cette mesure en conformité avec les articles 26 et 36 du Plan global d’action conjoint (PGAC).

Le président français qui s’est entretenu hier, lundi 1er juillet, avec son homologue américain Donald Trump, « a pris note avec préoccupation » de l’annonce faite lundi par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et « demande à l’Iran de revenir sans délai sur ce dépassement ainsi qu’à s’abstenir de toute mesure supplémentaire qui remettrait en cause ses obligations nucléaires ».

Emmanuel Macron, qui « rappelle son attachement au plein respect des termes de l’accord nucléaire de 2015 », indique qu’il « poursuivra dans les prochains jours les démarches qu’il a engagées pour que l’Iran se conforme pleinement à ses obligations et continue de bénéficier des avantages économiques de l’accord », selon l’Élysée.

Contrairement à la France, la Chine a estimé que la pression maximale de l’administration américaine était la cause première des tensions.

La diplomatie chinoise a déclaré mardi qu’elle regrettait la décision de l’Iran de dépasser la limite de l’uranium faiblement enrichi fixée par l’accord nucléaire de 2015. Elle a cependant ajouté que « la pression maximale est la cause première » des tensions.

« Nous appelons toutes les parties à considérer cela dans une perspective globale et à long terme, à faire preuve de retenue et à soutenir le PGAC ensemble afin d’éviter toute aggravation de la situation », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang lors d’un point de presse.

Par ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exhorté l’Iran à respecter les obligations qui lui incombent en vertu de l’accord nucléaire avec les puissances mondiales, tout en appelant l’Europe à se libérer des sanctions imposées par les États-Unis.

M. Lavrov a déclaré ce mardi que les sanctions américaines avaient effectivement empêché l’Iran de vendre l’excédent d’uranium qu’il produit, contribuant ainsi à son stockage.

Selon la Russie, les mesures prises par l’Iran, qui a confirmé lundi avoir dépassé la limite de stocks d’uranium enrichi définie par le PGAC (3,67 %), sont la conséquence de la décision des États-Unis de trahir ses engagements envers la République islamique.

« Cela doit être compris comme la conséquence naturelle des événements précédents », a déclaré lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, au sujet de l’annonce de Téhéran.

Plus tôt dans la journée, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré : « L’Iran, conformément à son programme, a dépassé le seuil des 300 kg d’uranium faiblement enrichi. Cette décision a été annoncée au préalable et nous l’avions fait savoir clairement. Cela fait partie de nos droits dans le cadre de l’accord sur le nucléaire. »

Lire aussi: Iran : la réserve d’uranium enrichi à 3,67 % dépasse les 300 kg

Le PGAC a été conclu entre l’Iran et le groupe des pays 5+1 (les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne) en juillet 2015. Toutefois, Washington a abandonné l’accord en mai dernier et a rétabli une série de sanctions contre Téhéran qu’il avait partiellement levées en vertu du document.

Sous la pression de Washington, l’Europe n’a apporté que l’appui verbal au PGAC depuis lors, refusant de garantir les intérêts commerciaux de la République islamique face aux sanctions américaines bien qu’elle y soit obligée par les termes de l’accord.

Le 8 mai, l’Iran a notifié à ses partenaires restant dans l’accord qu’il suspendrait la mise en œuvre de certains de ses engagements, comme le prévoit l’accord dans un tel cas, afin d’inciter la partie européenne à respecter ses engagements.

Le pays a ainsi cessé d’exporter son excédent d’uranium et d’eau lourde pendant une période de deux mois.

La mesure a été prise dans le respect des droits de la République islamique d’Amérique, comme le stipulent les paragraphes 26 et 36 de l’accord sur le nucléaire.

L’Iran a également averti qu’il reprendrait l’enrichissement de l’uranium à un degré plus élevé dans 60 jours si l’Europe continuait de ne pas tenir ses engagements envers Téhéran, un délai qui arrivera à son terme le 17 juillet.

Source: Press TV

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