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Asia Anew, la renaissance des liens de l’UE avec les deux priorités de l’agenda de la Turquie

La tension avec les États-Unis d’Amérique au sujet de l’achat de missiles S-400 de fabrication russe, le corridor terroriste dans le nord de la Syrie menaçant la sécurité nationale de la Turquie et les développements connexes constituent depuis longtemps les principaux sujets à l’ordre du jour de la Turquie. Pourtant, la semaine dernière, de nouvelles stratégies ont été lancées qui feront les gros titres de la politique étrangère turque. À cet égard, deux nouvelles initiatives de la Turquie en matière de politique étrangère ont attiré une attention respectable lors de la 11ème Conférence des ambassadeurs qui s’est tenue cette semaine dans la capitale Ankara. La première de ces initiatives est la relance des relations entre la Turquie et l’UE. Dans son discours à la conférence, le président Recep Tayyip Erdogan a réitéré l’intention de la Turquie de devenir membre à part entière de l’UE, signalant les développements imminents du processus.

De même, lors d’une réunion avec les plus hautes autorités du ministère des Affaires étrangères ces dernières semaines, des indices ont été donnés pour entrer dans une nouvelle ère avec l’UE. Les autorités ont annoncé que le processus relatif aux six derniers critères de la libre circulation des citoyens turcs dans l’UE serait accéléré avec la nouvelle année législative de la Grande Assemblée nationale turque commençant en octobre.

Cette nouvelle initiative concernant l’UE est notamment soutenue par Erdogan, qui suit de près le processus.

Ouvrir une nouvelle page dans les relations entre la Turquie et l’UE sert les intérêts stratégiques des deux parties. Erdogan a déclaré: « Si l’UE a l’intention d’être un acteur mondial, elle doit d’abord gagner la Turquie. L’adhésion de la Turquie ne doit pas être sacrifiée au profit des ambitions de certains pays. »

À condition que la Grande-Bretagne se retire de l’UE d’une manière ou d’une autre, il est évident que l’UE traversera une période de transition, principalement dans les domaines de l’économie et des migrations. D’autre part, la plus importante présence militaire et économique des pays de l’UE, notamment l’Allemagne et la France, au Moyen-Orient, qui garantit la sécurité sous le règne de l’OTAN, est leur alliée la Turquie.

Vu sous cet angle, il suffit de comprendre l’importance de la Turquie pour l’unité dans les capitales européennes pour s’emparer de la branche d’olivier offerte par Ankara. La performance de la Turquie sur la question des migrants en situation irrégulière doit être l’un des principaux sujets que l’Europe doit notamment examiner. Si la Turquie n’interceptait pas les migrants, 35 000 immigrants clandestins frapperaient aujourd’hui aux portes de l’Europe. En conséquence, il n’est pas difficile de deviner le fardeau économique qui en résulterait compte tenu du fait que la Turquie a dépensé près de cinq fois plus que les 6 milliards d’euros (6,72 milliards de dollars) promis par l’UE aux réfugiés syriens et distribués de façon détournée.

Selon les autorités d’Ankara, la Turquie pourrait exiger que l’aide de l’UE soit apportée directement dans la nouvelle période, plutôt que par le biais d’associations et d’institutions.

À d’autres égards, des mutations cruciales au sein des institutions de l’UE, à savoir la commission parlementaire mixte, la Commission européenne, le Parlement et la commission de l’élargissement, devraient avoir lieu. Ankara travaillera avec diligence sur la législation et le lobbying en présence de ces institutions afin de revenir aux relations de 2017 pour les six critères restants sur les 72 requis pour l’exemption de visa. Alors que des réformes juridiques accélérées se concrétiseront d’un côté, la perception selon laquelle la Turquie s’éloigne des critères de Copenhague énoncés par certains milieux sera modifiée sur l’autre.

Une autre initiative notable de la politique étrangère de la Turquie est le programme Asia Anew annoncé par le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Çavuşoglu, à nouveau lors de la conférence des ambassadeurs de cette semaine. On sait que la Turquie a intensifié pendant longtemps ses relations économiques, culturelles et commerciales avec les pays de l’Extrême-Orient et de l’Asie du Sud, notamment la Chine, l’Inde, le Pakistan et le Japon. Asia Anew comprendrait une coopération dans les domaines de l’éducation, de l’industrie de la défense, des investissements, du commerce, de la technologie, de la culture et du dialogue politique. Çavuşoglu a répondu à l’avance aux éventuelles affirmations des capitales européennes sur le problème du déplacement de la Turquie, en particulier après les discussions sur les S-400. Il a souligné que l’objectif principal de la Turquie avec l’initiative Asia Anew n’était pas un « changement d’axe ». Il a dit: « La Turquie a-t-elle tourné le dos à l’Europe et fait face à un autre endroit? Permettez-moi de vous demander ceci: changez-vous l’axe de votre politique étrangère lorsque vous vous y rendez [Asie]? Pourquoi devient-il un axe de changement lorsque la Turquie s’y rend? » Çavuşoglu a ajouté que la Turquie est l’axe même.

De ce point de vue, il est évident qu’il est important de regarder dans deux directions et d’être un axe, la Turquie se situant à la fois en Asie et en Europe. Les deux initiatives de la Turquie devraient donc être évaluées à partir de ce point central.

NUR OZKAN ERBAY

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Daily Sabah

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