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Pentagone: le secret qu’a percé la Résistance?

Le site Aramco frappé par une attaque de drone, en Arabie saoudite, le 14 septembre 2019. ©AP

Le commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique, (CGRI), le général de division Hossein Salami dénonçait, mardi 25 septembre, une Amérique qui sait parfaitement qui a attaqué le 14 septembre Aramco mais qui a honte de l’avouer quitte à s’en prendre à l’Iran : «  Ce sont des combattants yéménites qui, meurtris, affamés, ont réussi à prendre pour cible le méga-site pétrolier saoudien, en dépit d’un système de protection et de défense made in USA bien sophistiqué », a dit le commandant.

Les propos du général Salami sonnent comme la fin d’une époque : un certain concept de puissance militaire américaine n’est plus depuis le 14 septembre 2019. Bien que les États-Unis et leurs acolytes européens accusent l’Iran d’être le « responsable » de la frappe au drone contre Aramco, les experts savent pertinemment que c’est là une hypothèse parfaitement intenable : Les États-Unis disposent des centaines de radars non loin de la côte sud iranienne, là où les « analystes militaires US et européens voient le principal site du lancement des drones ».

Le commandant en chef du CGRI, le général de division Hossein Salami. (Photo d’archives)

Les radars américains sont éparpillés du Koweït aux Émirats arabes unis, en passant par Bahreïn où la Ve flotte US participe directement à la surveillance de l’espace limitrophe de l’Iran. Pourquoi alors cette ridicule accusation et le concert du béni-oui-oui qui l’entoure ?

Au fait ce n’est pas tellement le pétrole d’Aramco et son avenir qui inquiètent, que l’aura militaire de la puissance US : celle-ci a pris un coup quasi fatal le 14 septembre lequel ne saurait être réparé qu’au prix d’une guerre. Les 20 drones d’Ansarallah ont attaqué les tuyautages de la raffinerie Buqayq avec une précision maximale tout en traversant en zigzag sur plus de 800 km afin de contourner les zones de détection des radars saoudiens, affirment des sources bien informées. Pour ces sources qui analysent sans cesse les données depuis 10 jours, le planificateur des opérations connaissait parfaitement les éléments clés des installations pétrolières saoudiennes, sélectionnant pour chacun le nombre minimal de moyens de frappe.

C’est peut-être là, la clé de l’énigme de cette annonce du général Yahya Saree, porte-parole des forces militaires yéménites qui dans le premier communiqué après l’attaque, a rendu un vibrant hommage aux « braves gens qui en Arabie saoudite » ont  activement participé dans son succès. Surtout que la probabilité de percer la défense saoudienne a été de 100%, car les drones n’ont été détectés par aucun radar saoudien. L’échec militaire US a été total : Depuis 1996, l’Arabie saoudite dispose d’un  système de défense dit AA automatisé, le plus moderne au monde qui soit, lequel est connecté à toutes les catégories de forces armées.

Ce système, les Américains l’ont vendu à Riyad moyennant un coût de 5,6 milliards de dollars US. Mais ce n’est pas tout: c’est un système qui est constamment mis à niveau et qui intègre des radars militaires, les missiles AA ainsi que des avions d’alerte AWACS ou des navires de guerre militaires!  Cet ensemble baptisé « Peace Sheild » est placé sous l’autorité d’un centre de commandement national et est divisé en cinq secteurs sur le territoire de l’Arabie saoudite, au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, mais aussi à Riyad.

C’est donc malgré cet impressionnant dispositif de défense aérienne qu’Aramco a saigné provoquant en moins de 30 minutes une réduction de moitié de la production pétrolière saoudienne. Pour le reste, la  frappe du 14 septembre d’une ingéniosité inouïe a bousculé totalement le concept américano-occidental de guerre et de dissuasion. «  Les décideurs US croyaient avoir en face d’eux une puissance de seconde ordre ( Iran et ses alliés) dotée de capacités militaires bien réduites et incapables surtout de porter atteinte aux intérêts des États-Unis. Un 1er choc a eu lieu le 10 juin quand cette « puissance de seconde zone » a réussi à abattre un drone ultra furtif, en plein ciel du sud de l’Iran. La surprise a été énorme bien que le Pentagone ait tenté ensuite à en amoindrir la portée. Mais même la Russie n’a pas eu à son actif un tel exploit », affirme The National Interest.

« La riposte US à la destruction du RQ-4 n’a pas eu lieu puisque l’Iran avait bien désarmé les USA. Au moindre réplique américain, les Émirats allaient se retrouver la cible favorite des attaques iraniennes. La crainte d’Abou Dhabi a été telle qu’il a même fini par retirer ses troupes du Yémen. La frappe du 14 septembre a été le second choc à infliger à la puissance militaire américaine et pas des moindres car c’est tout le système de défense aérienne conçu par l’Amérique qui se trouve désormais en cause : en effet, la détection des cibles aériennes dans l’espace saoudien est assurée par 17 radars américains fixes AN / FPS-117 et 6 radars mobiles américains AN / TPS-43. En outre, l’Arabie saoudite exploite également 5 appareils E-3A et 2 SAAB-2000 (AWACS).

La défense AA de l’Arabie saoudite est assurée par ailleurs par 10 batteries de missiles de moyenne portée MIM-23 HAWK, 5 batteries de missiles de grande portée, MIM-114 Patriot et plusieurs dizaines de batteries de missiles à courte portée Shahine (Crotale), ainsi que l’artillerie AA. Or c’est toute cette impressionnante armure qui a été perforée par une vingtaine de drones de quelques milliers de dollars, affirme The National Interest.

C’est la première fois dans l’histoire des forces armées occidentales qu’une telle évolution se produit. Il va sans dire que pour l’Amérique, c’est l’Iran l’élément moteur de cette quasi révolution : « Ansarallah est la dernière composante de l’axe iranien à faire une si grande démonstration de force. Selon des sources israéliennes, ce changement de concept de combat propre à mettre en pièce la dissuasion occidentale et qui donne la prédilection à l’asymétrique, risque aussi d’affecter un autre allié de poids des États-Unis : Israël. Après avoir été pris pour cible des frappes israéliennes, les convois de missiles iraniens destinés au Hezbollah se font rare. Le Hezbollah dispose désormais de « kits électroniques » transformant ses missiles ordinaires en missiles de haute précision. »

Une guerre US contre l’Iran devrait viser cette capacité adaptative qui permet au bloc dit de « Résistance » à neutraliser à peu de frais les dispositifs militaires les plus complexes, les plus coûteux. Ce mercredi 25 septembre, à peine quelques heures après le discours anti-iranien de Trump à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU et alors que les alliés français, britannique, et allemand de Washington font tout pour pousser l’Iran à capituler, le secrétaire d’État Mike Pompeo a envoyé un tweet fort significatif où il s’inquiète très vivement d’une échéance qui s’approche, celle qui marque la fin de l’embargo sur la vente des armes à l’Iran. Or ce n’est pas tant la vente des armes à l’Iran que l’achat des armes iraniennes qui l’inquiète.

« Il ne faut pas permettre à l’Iran de poursuivre son comportement destructeur…le Conseil de sécurité de l’ONU devra jouer un rôle axiale en la matière en s’assurant de la poursuite de l’embargo sur les armes à l’encontre de l’Iran qui est à l’avant-garde du soutien au terrorisme. Le temps presse et l’embargo sur la vente des armes à l’Iran expirera bientôt ….faites quelques chose ». Pour la première fois depuis bien longtemps l’Amérique a diablement peur …

Source: Press TV

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