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Argenteuil : « il avait dit : si je me fous en l’air, c’est de la faute de l’hôpital »

La mère d’Olivier Lardenois est persuadée que son fils s’est suicidé à cause d’un harcèlement au travail. Il était neuropsychologue à l’hôpital Victor-Dupouy.

Olivier Lardenois s’est suicidé à l’âge de 30 ans alors qu’il avait dénoncé à plusieurs reprises être victime de harcèlement moral.  DR
Le 16 janvier 2018 à 19h06

« Olivier est mort dans des circonstances dramatiques, je ne veux pas que sa mort reste impunie. » Patricia Lardenois est effondrée. Début octobre, elle a perdu son fils de 30 ans, Olivier, retrouvé pendu par un câble informatique à la fenêtre de son appartement à Paris (XIème). Avant de se suicider, il avait absorbé une grande quantité de médicaments. La mère est persuadée qu’il s’est suicidé à cause de ses conditions de travail. Il était neuropsychologue au service gériatrique à l’hôpital Victor-Dupouy, Argenteuil.

« Ses relations avec certains collègues du service étaient mauvaises, explique-t-elle. Il avait des heurts tous les jours, il pleurait tout le temps pendant les derniers mois, ses collègues me l’ont dit. Il leur disait : Si je me fous en l’air, c’est de la faute de l’hôpital. Je n’ai pas pris conscience de la gravité de son état… » En juillet dernier, Olivier a été arrêté pendant un mois. Deux mois avant, il s’était mis en arrêt pendant quinze jours. Il était suivi psychologiquement depuis deux ans et prenait des antidépresseurs.

De son côté, le père d’Olivier a récupéré tous les mails que la victime avait adressés au chef de service, à un médecin du pôle gériatrique ainsi qu’à une cadre de santé. Dans ces courriels, il fait état de ses nombreux conflits avec une infirmière en particulier, qui remontent à 2015. Il rend compte de son « attitude hostile » et de « son ingérence dans son travail », de manière presque systématique et datée. Le 18 mai, il adresse un nouveau mail à deux médecins et au chef de service. Il y explique qu’il demanderait un arrêt de travail dès le lendemain afin de se « protéger », « aussi bien sur le plan médical que professionnel ». Il leur écrit : « comme j’ai pu l’évoquer précédemment, je pense être victime de harcèlement moral ».

Une enquête lancée en interne

Il cite une infirmière, Nicole*, qui aurait eu des propos diffamatoires à son encontre. Il a aussi fait la demande que lui ou l’infirmière en question soit transféré dans un autre service, ne pouvant visiblement plus travailler ensemble. Il évoque des situations où Nicole lui indiquait de mauvais horaires de rendez-vous avec des patients. Parfois, il ne recevait pas les dossiers médicaux des patients à temps. On lui reprochait alors de prendre les patients trop en retard. « Il le vivait très mal. C’était quelqu’un de sensible, raconte Patricia. Tout cela l’a cassé. Et ils m’ont cassé avec. »

 

Une enquête vient d’être lancée par la CGT pour déterminer s’il existe un lien entre le suicide d’Olivier et son travail. Car le syndicat a des suspicions. « Dès le lendemain du jour où Olivier n’est pas venu à l’hôpital, le chef de service a demandé à un médecin d’aller chez lui. On voit bien qu’ils étaient en alerte », souligne le syndicat. Celui-ci se demande aussi pourquoi il n’y a pas eu de déclaration de danger immédiat alors qu’Olivier était allé voir le médecin du travail à deux reprises. La direction de l’hôpital, quant à elle, ne souhaite pas intervenir à ce propos, considérant qu’il n’y a pas de lien entre le suicide d’Olivier et son travail.

*Le prénom a été modifié

Source: Le Parisien

Commentaires

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  • gsilva2g5sg8ip9rhw8ooc4kssgcogcg0wg8w8

    L’hôpital d’Argenteuil ! Je peux vous certifier que tout le monde cache tout le monde ! C’est une honte cet hôpital! Pour le décès de mon père à 60 ans le chef de soins intensifs a été odieux et incompétent ! Sans compter sur tout le service qui se cache derrière des protocoles non respectés et un dossier post mortem avec bcp de fausses déclarations!! Un hôpital à éviter à tout prix! Pourquoi pas un journaliste avec une caméra cachée pour se rendre compte de la véritable vie de cet hôpital car oui un reportage avait été fait je n’avais jamais vu autant de professionnels et de gentillesse face aux caméras… fouillez un peu plus et vous verrez… même les médecins ne se font pas opérer là ou ils travaillent!!

Une infirmière d’Argenteuil fait une tentative de suicide à l’hôpital

Archives. L’infirmière d’une cinquantaine d’années a pris une forte dose de médicaments et a été retrouvée sans connaissance dans sa voiture stationnée près de son service.  LP/A.F.

Elle a été retrouvée in extremis. Une infirmière de l’hôpital Victor-Dupouy d’Argenteuil, âgée d’une cinquantaine d’année a tenté de se suicider dans sa voiture sur le parking de l’hôpital en avalant une grosse quantité de médicaments.

Jeudi 2 mars, l’infirmière doit se rendre à une convocation disciplinaire avec un directeur des soins avant de démarrer sa journée de travail. Elle est convoquée à la suite d’une violente dispute avec une collègue survenue trois mois plus tôt. Elle entamait alors sa troisième nuit de travail, relate Le Parisien.

Selon la CGT qui a écrit une lettre ouverte au personnel à la suite du drame, ce « pétage de plomb » aurait été provoqué par un changement de secteur de dernière minute couplé à la fatigue cumulée. « Lorsqu’elle s’est fâchée, quand on lui a demandé de changer de secteur, son quota d’heures supplémentaires était largement dépassé et ce n’était pas la première fois », écrit le syndicat dans cette lettre ajoutant « qu’il n’y a jamais eu autant d’entretiens disciplinaires qu’en ce moment à l’hôpital ».

En sortant de cette convocation, l’infirmière s’est rendue dans sa voiture stationnée à proximité de son service de médecine. Elle a envoyé un message d’adieu à ses enfants et a avalé des médicaments. Ce sont ses enfants qui ont donné l’alerte. Après quelques recherches, ses collègues l’ont retrouvé sans connaissance dans sa voiture.

« Elle a été rapidement prise en charge par l’hôpital et elle est sortie dans les deux jours », assure la direction de l’établissement qui n’a pas souhaité réagir sur le contexte de ce geste dans l’attente des conclusions d’une enquête interne diligentée par la directrice des soins. Enquête ouverte dans le but d’analyser « les circonstances des conditions de travail de cet agent ».

« Notre collègue fait cela en sortant d’un rendez-vous avec la direction, elle ne sort pas du cadre de l’établissement, elle veut dire quelque chose, elle lance un appel aux collègues, à l’hôpital et la direction », remarque un syndicaliste CGT qui note qu’un certain nombre d’infirmières sont en arrêt pour dépression et d’autres sous anxiolytiques. « Cette fois, c’est une fille qui paie le prix, la prochaine fois, ce sera peut-être une erreur de dosage de médicaments », ajoute-t-il.

Dès le lendemain du drame, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail extraordinaire s’est réuni et une cellule d’écoute psychologique a été mise en place. « Nous allons certainement développer une réflexion au sein de l’établissement sur le repérage des personnes fragiles », conclut la direction.

[Avec leparisien.fr]

Source: egora.fr

Une infirmière tente de se suicider à Argenteuil

© CHU d’Argenteuil

En sortant d’un entretien disciplinaire avec la direction, l’IDE d’une cinquantaine d’années a ingéré une forte dose de médicaments. La CGT alerte sur la dégradation des conditions de travail des soignants.

Le 2 mars dernier, une infirmière d’une cinquantaine d’années a tenté de mettre fin à ses jours en ingérant une forte dose de médicaments dans sa voiture, devant son service de l’hôpital Victor-Dupouy à Argenteuil. Lorsque ses enfants ont reçu son message d’adieu, ils ont donné l’alerte et elle a pu être prise en charge, inconsciente, par ses collègues. Un peu plus tôt dans la journée, elle avait été convoquée à un entretien disciplinaire par la direction, suite à une violente dispute avec une collègue trois mois plus tôt.

En cause, la mobilité au pied levé

La CGT a rapidement adressé une lettre ouverte au personnel pour souligner que le « pétage de plomb » de l’infirmière lors de cette altercation avait été provoqué par un changement de service de dernière minute et une extrême fatigue liée à une mauvaise gestion des heures supplémentaires. « La mobilité au pied levé représente un danger et oublie que les infirmières sont avant tout des personnes. On ne peut pas être efficace immédiatement dans un nouveau service, même s’il y a des procédures écrites », insiste un membre du syndicat, qui s’apprête à distribuer des tracts dans l’établissement pour dénoncer la détérioration des conditions de travail des personnels soignants.

La direction de l’hôpital, qui ne souhaite pas communiquer sur cet événement, a mis en place une cellule d’écoute et convoqué le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Une enquête interne a également été diligentée. Pour les responsables de la CGT, « l’hôpital n’assume pas ses responsabilités dans cette tentative de suicide et tente de mettre en avant des problèmes d’ordre privé ». Le syndicat souligne également qu’« il y a de plus en plus d’entretiens disciplinaires », qui engendrent « du stress et la peur de perdre son emploi ».

Lisette Gries

Les dernières réactions

  • 17/03/2017 à 19:53
    Fm
    alerter
    La photographie qui illustre l’article n’est pas le Ch d’Argenteuil comme indiqué en légende mais le Ch rené Dubos a pontoise. Le smur stationné devant est effectivement celui du Ch d’Argenteuil. Et ce ne sont pas un hôpital universitaire.
  • 18/03/2017 à 07:19
    Ganesh
    alerter
    Quand est ce que les pouvoirs publics, le ministère de la santé, le président de la république vont réagir ?
    Ça en devient indécent.
    Être soignant est un métier magnifique, mais très dur…les conditions de travail sont trop dégradés,ça doit vraiment ce
  • 18/03/2017 à 15:47
    OMIDE
    alerter
    Mon message de ce jour publié sur FB …
    Fort heureusement, mon dos a lâché avant que je n’ai envie de sauter par la fenêtre! …

    Bon ben voilà … Après plusieurs alertes, plusieurs appels à l’aide à diverses instances et organismes, y compris l’O

  • 19/03/2017 à 19:31
    XM
    alerter
    La remarque du pseudo Fm est mal venue et traduit une grande bêtise et probablement émanant d’un ou d’une immature intellectuelle. Le problème est bien plus grave….. que de savoir ou etait le vehicule du SMUR….

Source: Espaceinfirmier.fr

Une infirmière tente de se suicider suite à un entretien disciplinaire !

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Elle a une cinquantaine d’années et dans la journée du 2 mars, elle tente de se suicider à l’hôpital Victor-Dupouy d’Argenteuil. La CGT a immédiatement réagi pour dénoncer les conditions de travail.

Les faits

Le jeudi 2 mars, cette infirmière s’apprêtait à enfiler sa blouse. Mais avant de commencer son travail, elle a était convoquée pour un rendez-vous disciplinaire avec un directeur des soins car « trois plus tôt, elle s’était violemment disputée avec une collègue. » Reporte le Parisien.

Son supérieur, l’a donc demandé de changer de service. Selon la CGT :

« Lorsqu’elle s’est fâchée, quand on lui a demandé de changer de secteur, son quota d’heures supplémentaires était largement dépassé et ce n’était pas la première fois. »

En sortant de cette convocation, elle s’est rendu dans sa voiture pour tenter de mettre fin à ses jours.

« Ce sont ses enfants – qui avaient reçu un message d’adieu de la part de leur mère – qui ont donné l’alerte. »

« Elle a été rapidement prise en charge par l’hôpital et elle est sortie dans les deux jours. »

Les conditions de travail

La CGT dénonce la gestion de l’hôpital et le qualifie de :

« Entreprise privée avec d’un côté une direction qui ne parle que coût, rentabilité et mutualisation du personnel et de l’autre le personnel soignant face aux patients. »

De leur côté, la direction de l’établissement ne souhaite pas s’exprimer tant que les résultats de l’enquête se soient pas dévoilés.

A ce message, la CGT a répondu :

« Notre collègue fait cela en sortant d’un rendez-vous avec la direction, elle ne sort pas du cadre de l’établissement, elle veut dire quelque chose, elle lance un appel aux collègues, à l’hôpital et la direction. »

SOURCE : Le Parisien , via codesdinfirmières.com

30/03/2018

Infirmières et aides-soignantes parmi les 15 métiers les moins heureux

Un actif sur dix environ – parmi lesquels on retrouve les infirmières et les aides-soignantes – se trouverait « dans une situation de travail très délétère pour son bien-être psychologique, avec un cumul d’expositions de tous ordres, physiques, organisationnelles et psychosociales », estime une enquête « Travail et bien-être psychologique » de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). À partir de 34 variables, choisies à partir des 170 questions de l’enquête, neuf indicateurs ont été retenus : la pénibilité physique, les contraintes d’organisation du temps de travail, l’intensité du travail, les conflits éthiques, la demande émotionnelle, l’insécurité de la situation de travail, l’autonomie, le soutien social et la reconnaissance. Ainsi, si les médecins se classent parmi les « satisfaits », qui « jugent que le travail contribue positivement à toutes les capacités », la demande émotionnelle et les conflits éthiques prédominent chez les infirmières et sages-femmes, qui se classent parmi les « empêchés », soit « ces travailleurs n’éprouvent pas de fierté du travail bien fait, et ressentent rarement un sentiment d’utilité de leur travail et de plaisir au travail ». Les aides-soignantes, elles, font figure d’« accablés », ceux qui « cumulent l’ensemble des risques organisationnels et psychosociaux, sauf les pénibilités physiques pour lesquelles ils se situent dans la moyenne ».

Source: Espaceinfirmier.fr

08/01/2018

Harcèlement au travail : perte de poste en cas de situation avérée

Suite au suicide d’un neurochirurgien en novembre 2017 au CHU de Grenoble, Édouard Couty, médiateur national, a remis un rapport à la ministre des Solidarités et de la santé, ce 8 janvier, afin d’établir un diagnostic sur la situation de l’établissement de santé, « au regard des difficultés rencontrées par certains praticiens et des situations de souffrance au travail dans certains services », précise-t-il dans ce rapport. Il évoque notamment de nombreux exemples de souffrance au travail de médecins, liés notamment à des problèmes de réorganisation de services ou de gouvernance. Pour accompagner le rendu du rapport, on peut ainsi lire sur le site du ministère que « la ministre a confirmé le principe selon lequel, dans les situations avérées de harcèlement au travail, les établissements perdraient le bénéfice du poste occupé par la victime nommée dans un autre établissement ».

Source: Espaceinfirmier.fr

VIDEO – Témoignage choc d’une infirmière agressée par son chef de service !

La vague de témoignages sur le harcèlement des femmes touche aussi les infirmières. Ce reportage de France Info, une infirmière, aujourd’hui en arrêt-maladie, témoigne du calvaire qu’elle a vécu après avoir été violemment agressée par son chef de service de son hôpital…

Le reportage :

Nous vous invitons à regarder attentivement ce reportage et à partager cet article si vous aussi vous pensez qu’il faut lutter contre le harcèlement des femmes à l’hôpital comme n’importe où !

SOURCE : FranceInfo, via codesdinfirmires.com

Lire aussi: Catastrophe… Un infirmier de 30 ans s’est suicidé chez lui suite à une convocation

 

 

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