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«L’indispensable» présence tunisienne et africaine à Sotchi

Image d’archives / Press TV

© Sputnik .

La présence de la Tunisie au sommet et forum économique Russie-Afrique de Sotchi est «indispensable», affirme à Sputnik Tarek Ben Salem, conseiller diplomatique du chef du gouvernement tunisien. Un rendez-vous qui tombe à pic pour Tunis, qui nourrit de grandes ambitions sur les scènes africaine et internationale.

La présence de la Tunisie à Sotchi, du 23 au 24 octobre, dans le cadre du sommet et du forum économique Russie-Afrique, est «indispensable» a affirmé à Sputnik Tarek Ben Salem, conseiller diplomatique du chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed.

«C’est le premier sommet Russie-Afrique, la Tunisie a des ambitions en matière de coopération avec l’Afrique subsaharienne, mais aussi avec la Russie. Il s’agit, donc, pour nous, d’un rendez-vous incontournable», reconnaît Tarek Ben Salem, lui-même ancien représentant de son pays en Afrique de l’Ouest, et son prochain ambassadeur à Moscou.

«Ce sera certainement l’occasion pour la Russie de proposer des moyens et instruments pour renforcer sa relation et sa coopération avec le continent africain», prévoit-il, faisant un parallèle avec les nouvelles routes de la soie, qui constituent le nouveau cadre de la coopération sino-africaine.

La participation de la Tunisie, à travers la présence de Youssef Chahed, chef du gouvernement, sera marquée par la signature d’une convention bilatérale avec la Russie, en matière de transport routier international, qui avait été actée en juillet dernier, précise encore Ben Salem.

Cette convention s’ajoutera à plus d’une vingtaine d’accords, protocoles et programmes exécutifs, constituant le cadre de la coopération russo-tunisienne dans différents domaines. Les relations entre la Russie et la Tunisie ont connu ces dernières années un renforcement palpable, à mesure que l’intérêt de Moscou pour l’Afrique et la région maghrébine se précisait. En janvier 2019, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a effectué une tournée maghrébine sous le signe des «concertations politiques», qui l’a conduit à Alger, à Rabat et à Tunis.

La situation en Syrie et en Libye avait alors figuré en bonne position dans l’agenda du premier diplomate russe. Plus généralement, il avait pour objectif de renforcer la présence stratégique de Moscou dans cette région à l’intersection de trois sphères stratégiques pour la Russie: le Moyen-Orient, la Méditerranée et l’Afrique.

À ce titre, que la Tunisie fasse partie d’un groupement économique aussi important que la COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) ne peut que renforcer sa position, dans l’optique d’une politique africaine de la Russie, estime une source diplomatique tunisienne à Sputnik.

La délégation conduite par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, pourrait en outre profiter du sommet pour mieux communiquer sur le mandat de la Tunisie en tant que membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, à partir de janvier 2020.

La Tunisie avait été élue, le 7 juin 2019, comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, pour la quatrième fois depuis son indépendance, au terme d’un vote qualifié d’«historique» (191 voix sur 193).

«Des entretiens bilatéraux entre le chef de la délégation et des responsables russes, en marge du sommet, pourront être une bonne occasion pour communiquer sur l’approche et les priorités tunisiennes, en prévision de l’adhésion au Conseil de sécurité, où notre pays sera la voix du monde arabe et de l’Afrique», a poursuivi la même source diplomatique.

Le sommet de Sotchi et le forum économique Russie-Afrique constituent un rendez-vous inédit rassemblant la quasi-totalité des chefs d’État africains. Sur les 54 chefs d’États africains invités, 47 ont confirmé leur présence, a récemment indiqué le porte-parole du Kremlin.

La passation de pouvoir, prévue mardi 22 octobre, entre le chef de l’État tunisien par intérim, Mohamed Ennaceur, et le Président élu, Kaïs Saïd, pourrait expliquer l’absence du chef de l’État au sommet de Sotchi, alors qu’il détient selon la Constitution une compétence de principe en matière de relations extérieures.

Source: Sputnik News – France

La Russie parie pour augmenter sa présence en Afrique

© Sputnik / Ilya Pitalev

SOTCHI, RUSSIE – Les autorités russes soutiendront les projets des entreprises du pays d’accroître leur présence dans le continent africain, a déclaré le président russe Vladimir Poutine.

« De nombreuses entreprises russes entretiennent depuis longtemps une coopération fructueuse avec des partenaires de différents secteurs de l’économie africaine et souhaitent renforcer leur présence en Afrique. Nous soutiendrons bien entendu ces projets au niveau de l’État », a-t-il déclaré. Cadre du forum Russie-Afrique.

Il a ajouté que les pays africains « sont de plus en plus attractifs pour les entreprises russes ».

« Cela tient en grande partie au fait que l’Afrique devient l’un des centres de croissance de l’économie internationale: selon des estimations d’experts, le PIB des pays africains atteindra 2 900 milliards de dollars (avec la règle de trois, plus de 2977 milliards de dollars avec une croissance annuelle de 4,5 %, soit 134 milliards de dollars EU (USD) par anMIRASTNEWS) en 2050″, a-t-il déclaré.

Poutine a rappelé que le commerce russo-africain a plus que doublé au cours des cinq dernières années et a dépassé les 20 milliards de dollars.

« Il me semble que c’est trop peu … sur ces 20 000 millions de dollars, 7 700 millions correspondent à notre commerce avec l’Egypte, c’est environ 40%, alors qu’en Afrique, nous avons de nombreux partenaires potentiels », a-t-il déclaré.

Poutine a indiqué que la Russie « participe à l’initiative visant à alléger le fardeau de la dette des pays africains ».

« Jusqu’à présent, nous avons annulé plus de 20 milliards de dollars de dette », a-t-il déclaré.

Le président russe a exprimé l’espoir que le commerce de la Russie et de l’Afrique continuera à se développer.

« Je pense que nous pourrons au moins doubler les échanges commerciaux dans les quatre ou cinq prochaines années », a-t-il déclaré.

Le premier sommet Russie-Afrique et le forum économique se tiennent dans la ville russe de Sotchi les 23 et 24 octobre.

Selon le Kremlin, les chefs d’État et de gouvernement de 43 pays assisteront à l’événement, tandis que 11 autres seront représentés par leurs vice-présidents, ministres des Affaires étrangères et ambassadeurs.

Le groupe Rossiya Segodnya, société mère de Sputnik, est l’un des partenaires médiatiques de l’événement.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Sputnik News

Pourquoi Poutine a réuni toute l’Afrique dans la ville russe de Sotchi

© Sputnik .

Le premier sommet Russie-Afrique est considéré comme un événement de politique internationale grandiose. Il a réuni pratiquement tous les leaders de l’un des plus grands continents du monde. Pourquoi Moscou considère-t-il cette partie du monde comme une terre d’opportunités?

L’Afrique, peuplée par plus d’un milliard d’habitants, est riche en gisements de diamants, d’or et de pétrole. Les États-Unis, la Chine et l’Europe se disputent depuis des années le droit de mettre en valeur ces ressources naturelles.

Quoi qu’il en soit, les actualités mondiales ne mentionnent l’Afrique que s’il s’agit d’épidémies, de guerres ou de crises économiques. Le secteur touristique constitue ces dernières années le seul aspect positif de l’image du continent. Cependant, lui aussi fait face à beaucoup d’idées reçues: maladies terribles, crime débridé, animaux sauvages et mœurs culturelles extravagantes des locaux…

Dans tous les cas, les idées des Africains sur le monde extérieur se forment souvent elles aussi sur la base de stéréotypes. S’ils ont certaines connaissances sur l’Europe et l’Amérique depuis la colonisation, leur idée de la Russie est très vague.

Le sommet Russie-Afrique qui s’est ouvert à Sotchi devrait permettre aux politiciens, aux hommes d’affaires et aux citoyens ordinaires de mieux se connaître. Le forum met l’accent sur la coopération économique, mais son ordre du jour ne se limite pas à cette dernière.

L’énergie, la science, l’éducation, le transport, les investissements et le génie civil: toutes ces questions seront examinées par les participants au sommet du 23 au 24 octobre.

Les liens traditionnels

Le sommet Russie-Afrique a attiré les leaders de plus de 40 États africains. Ces derniers sont accompagnés par les représentants du monde des affaires, des structures étatiques et des organisations intergouvernementales – notamment une délégation de l’Union africaine. Grâce à cette liste très solide de participants, le sommet a été qualifié de «sans précédent» et «marquant» longtemps avant son ouverture.

La première séance plénière du forum se déroule au parc de la science et des arts Sirius à Sotchi. Elle a été ouverte par les Présidents russe et égyptien, suite à leurs négociations bilatérales. Outre la coopération économique et commerciale, les leaders ont examiné le rétablissement des vols charter suspendus à la fin de l’année 2015 après la catastrophe de l’avion russe A-321 au-dessus du Sinaï.

Un autre sujet qui était évoqué par Vladimir Poutine et Abdel Fattah al-Sissi, est lié au Moyen-Orient: les chefs d’État ont débattu des moyens de prévenir la migration des terroristes de Daech* depuis la Syrie vers le continent noir. Il est à noter que, selon le Président russe, se sont habituellement les pays africains qui proposent de coopérer dans le domaine de la sécurité.

«Ils comprennent qu’il faut savoir protéger leur indépendance et leur souveraineté. Cela constitue un encouragement supplémentaire pour la coopération avec la Russie, qui a une expérience riche en matière de lutte contre le terrorisme», a expliqué Vladimir Poutine avant le sommet.

La prévention des menaces extrémistes est une motivation forte – mais pas du tout unique – des contacts entre les structures de force russes et africaines. La migration clandestine, la contrebande et le trafic de stupéfiants constituent des secteurs problématiques en Afrique, où l’expérience de Moscou est toujours en demande.

«Les traditions de notre coopération militaire et technique ont des racines profondes. Elle s’est formée encore dès les premières étapes de l’établissement des États africains et a joué son rôle dans la lutte des peuples du continent pour leur indépendance», estime le Président russe.

Selon lui, plus de 30 pays d’Afrique ont des accords avec la Russie dans ce domaine. Ces ententes prévoient la livraison d’un «large éventail d’armes» vers le continent, la formation des troupes et la maintenance du matériel militaire.«Une partie des armes est transmise gratuitement. Mais il s’agit d’une pratique ordinaire, adoptée par tous les principaux pays du monde», a souligné Vladimir Poutine.

Au cours du sommet, la Russie devrait signer un accord de coopération militaire avec un autre pays africain: le Nigeria.

Les perspectives russes en Afrique

L’idée d’organiser en Russie un événement majeur réunissant les leaders des pays africains est apparue en Russie encore dans les années 1990. Les problèmes économiques de l’époque avaient cependant forcé Moscou à suspendre la coopération. La Russie avait même fermé ses ambassades et ses consulats dans certains pays. Les liens économiques et culturels sont tombés en désuétude.

C’est au milieu des années 2000 que le Kremlin s’est de nouveau penché sur un retour éventuel en Afrique. Il a également organisé la première tournée de Vladimir Poutine dans la région. Le Président russe a visité l’Algérie, la Libye, l’Égypte, le Nigeria, la Namibie et l’Angola. La capitale éthiopienne, Addis-Abeba, a accueilli en 2011 le premier forum d’affaires Russie-Afrique.

«A l’époque soviétique, les relations de Moscou avec l’Éthiopie, tout comme avec les autres pays africains, avaient un élément paternaliste. Ce dernier s’expliquait par la guerre froide pendant laquelle une puissance majeure, l’URSS, s’opposait à une autre, les États-Unis. On octroyait donc cette aide à l’Afrique pour des raisons politiques et pas économiques», estime Evgueni Terekhine, ambassadeur russe en Éthiopie et représentant permanent de la Russie à l’Union africaine.


Selon lui, les relations entre la Russie et les pays africains ont atteint un niveau supérieur au début du millénaire. Il considère l’étape actuelle de la coopération comme un «partenariat mutuellement avantageux». Il souligne en même temps que le développement de ces liens pourrait être «plus dynamique».

«Le volume de la coopération économique russo-éthiopienne varie de 100 à 200 millions de dollars. Il pourrait augmenter mais fait souvent face aux stéréotypes. Les hommes d’affaires russes connaissent mal l’Afrique, n’y voient que la guerre, le désordre et la famine. Cela provoque la peur d’investir. Les entrepreneurs chinois et indiens y sont au contraire très actifs», explique Evgueni Terekhine.

L’ambassadeur espère que le sommet Russie-Afrique sera un encouragement puissant pour la coopération économique.

Le pragmatisme au lieu de la pression

En ce qui concerne l’intérêt de la Russie à développer ses liens avec le continent africain, Vladimir Poutine a souligné l’importance des bénéfices et du respect mutuels.

«Nous constatons que certains États occidentaux recourent à la pression, à l’intimidation et au chantage par rapport aux gouvernements des pays africains souverains. Ils utilisent ces méthodes pour rétablir leur influence perdue et leur position dominante dans leurs anciennes colonies. Quant à nous, nous voulons promouvoir des intérêts économiques communs avec nos partenaires africains», a affirmé le leader russe. 

Il a également évoqué les raisons de la restructuration des dettes datant de l’époque soviétique.

«La Russie a annulé 20 milliards de dollars de dettes des pays africains par rapport à l’URSS. C’était non seulement un geste de générosité, mais aussi un acte de pragmatisme. Beaucoup de pays africains étaient tout simplement incapables de payer les intérêts de ces crédits. C’est pourquoi nous avons décidé qu’il serait optimal pour tout le monde de faire repartir notre coopération d’une page blanche», a expliqué le président.

Il a souligné que tous les crédits étaient actuellement octroyés à l’Afrique selon les conditions du marché. Qui plus est, ce partenariat mutuellement avantageux porte déjà ses fruits.

Ainsi, le rapport «Russie-Afrique: le partenariat commercial et économique à long terme», rédigé spécialement pour le sommet, indique que l’Afrique est le seul marché qui a élargi ses importations russes dans le contexte des sanctions contre Moscou.

«Si cette tendance perdurait, la Russie augmenterait bientôt sa part dans les importations totales de l’Afrique. Les domaines prioritaires sont le matériel agricole, les automobiles et les céréales», affirme le rapport.

La coopération entre l’UEEA et l’Afrique pourrait également s’avérer prometteuse. La plupart des pays du continent noir ont déjà une certaine expérience de participation aux ensembles d’intégration.

«Au final, tous ces programmes ne visent qu’une chose: aider les Africains à résoudre eux-mêmes les problèmes existants, ce qui permettra de renforcer les États africains, leur souveraineté et leur indépendance. Cela signifie que la situation dans le monde devrait être plus stable et plus prévisible», a souligné Vladimir Poutine.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Source: Sputnik News – France

Le ministre libyen ‘du gouvernement Tobrouk’ révèle le principal avantage de la Russie en Afrique

© Sputnik / Michael Metzel

Le pays d’Afrique du Nord est toujours aux prises avec une guerre civile sanglante entre le gouvernement de l’accord national basé à Tripoli, soutenu par l’ONU, et l’armée nationale libyenne, qui se bat au nom du soi-disant « gouvernement Tobrouk », ainsi que divers groupes mineurs, y compris les islamistes.

Le ministre des Affaires étrangères du « gouvernement Tobrouk », Abdel Hadi Hwej, a appelé la Russie à ouvrir des négociations pour la Libye similaires à celles qui se sont tenues récemment à Sotchi pour résoudre la situation en Syrie.

« Nous espérons que la Russie jouera un rôle plus important dans le règlement de la crise libyenne. La Russie est un membre actif de l’ONU et une grande économie mondiale », a déclaré le ministre.

Il a fait valoir que la Libye a un grand potentiel en tant que « porte nord de l’Afrique », qui reste et restera inutilisée tant que les problèmes de sécurité dans le pays ne seront pas résolus. Le ministre a ajouté que la Libye et d’autres pays en difficulté, notamment le Cameroun et le Nigéria, devaient cesser d’importer et de produire des armes et se concentrer sur d’autres choses.

« Nous devons nous concentrer sur les questions économiques et sociales. 60% de la société africaine est composée de jeunes. Nous avons avant tout besoin d’un partenariat international stratégique et efficace pour changer la situation », a déclaré Abdel Hadi Hwej.

La Russie a de grandes opportunités en Afrique

Le ministre des Affaires étrangères a également salué le sommet et le forum économique russo-africains, qui s’est tenu à Sotchi le 23 octobre, ajoutant qu’il était attendu depuis longtemps, car la Russie dispose d’un avantage important pour opérer en Afrique.

« La Russie n’a jamais eu de colonie en Afrique et le passé ne constitue donc plus un lourd fardeau. Au contraire, tous les liens sont stratégiques, comme entre partenaires égaux. C’est pourquoi [la Russie et l’Afrique] avoir de grandes occasions de coopérer », a-t-il déclaré.

Abdel Hadi Hwej a ajouté que la Russie devrait rentrer en Libye, où elle pourrait investir dans la reconstruction de ses infrastructures, de ses routes, de son réseau électrique et dans la construction de chemins de fer.

Guerre civile libyenne

Après la mort du leader libyen Mouammar Kadhafi, le pays a fini par se diviser en plusieurs groupes, dont le plus important est le gouvernement d’Accord national (GNA) soutenu par l’ONU basé à Tripoli et l’ancienne Chambre des représentants à Tobrouk, soutenue par l’Armée nationale libyenne (ANL : LNA en anglais).

Le chef de l’ANL, le maréchal Khalifa Belqasim Haftar, a appelé les terroristes de la GNA et s’est engagé à en nettoyer Tripoli en avril 2019, en entamant une offensive visant à s’emparer de la ville. Cependant, jusqu’à présent, il n’a pas réussi dans cette entreprise.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Sputnik News

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