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L’Iran annonce la victoire contre un «complot ennemi» après plusieurs jours d’émeutes

© STR Source: AFP Des manifestants favorables au gouvernement défilent à Arak, au sud-ouest de Téhéran, le 20 novembre 2019, en Iran (image d’illustration).

Hassan Rohani et Ali Khamenei ont qualifié les manifestations qu’a connues l’Iran ces derniers jours de «complot» diligenté par Israël et les Etats-Unis. Des sympathisants du gouvernement ont entamé des rassemblements à travers le pays.

Les deux plus hauts dirigeants iraniens se sont exprimés à propos de la contestation à laquelle est confronté le pays depuis le 15 novembre et de la décision du gouvernement d’augmenter les prix de l’essence. «Notre peuple est sorti victorieux à diverses reprises face au complot des ennemis, et cette fois encore, face à ces émeutes», a expliqué le président Hassan Rohani, le 20 novembre en Conseil des ministres, ajoutant que «les anarchistes qui sont descendus dans les rues» avaient agi conformément à «un complot fomenté par les forces réactionnaires de la région, les sionistes et les Américains».

La veille dans la soirée, le guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei, avait tenu sensiblement le même type de discours lors d’une allocution télévisée. «Nous avons repoussé l’ennemi dans l’arène militaire. Nous avons repoussé l’ennemi dans la guerre politique […] Nous avons repoussé l’ennemi dans l’arène de la guerre sécuritaire […] ces derniers jours», a-t-il fait valoir, assurant que «les actions récentes étaient un problème de sécurité, [elles n’émanaient] pas du peuple».

Depuis le 15 novembre, des Iraniens sont descendus dans la rue dans de nombreuses villes du pays pour réclamer l’abrogation d’une mesure gouvernementale qui débouchera sur une augmentation du prix du carburant à la pompe d’au moins 50%. Fixé à 10 000 rials (environ 0,27 centimes d’euros), le litre s’établira désormais à 15 000 rials (environ 41 centimes d’euros) pour une quantité maximale de 60 litres par habitant et par mois. Au-delà, le litre sera facturé 30 000 rials (environ 81 centimes d’euros), et ce afin de dégager des fonds pour les ménages les plus modestes.

Ces mouvements de contestation ont pour le moment, d’après les chiffres officiels, fait quatre morts (un civil et trois membres des forces de l’ordre) mais le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a exprimé la crainte que «des dizaines» de personnes aient perdu la vie. Dans le même temps, l’ONG Amnesty International estime qu’«au moins 160 contestataires» auraient été tués.

Début des manifestations pro-gouvernementales

Depuis le 18 novembre au soir, des rassemblements favorables au gouvernement sont organisés partout dans le pays comme à Zanjan (nord-ouest), Tabriz (nord-ouest), Gorgan (nord) ou encore Char-é Kord (centre). «Vous avez vu ces derniers jours d’immenses rassemblements [populaires] spontanés», a souligné Hassan Rohani, ajoutant qu’ils étaient «la meilleure preuve du pouvoir de la nation iranienne […] [de] son unité et [de] sa solidarité avec l’ensemble du système» de la République islamique.

Dans la banlieue ouest de Téhéran, plusieurs milliers de personnes ont assisté aux obsèques de Mortéza Ebrahimi, membre des Gardiens de la Révolution tué durant les heurts de la nuit du 18 au 19 novembre, aux cris d’«à bas les Etats-Unis», d’après des journalistes de l’AFP.

L’administration américaine avait immédiatement apporté son soutien aux manifestants par la voix de Mike Pompeo. «Comme je l’avais dit au peuple iranien il y a presque un an et demi [lors d’une précédente vague de manifestations en Iran] : les Etats-Unis sont avec vous», avait-il assuré sur Twitter, alors que la politique de «pression maximale» appliquée par Washington sur Téhéran ne fait qu’aggraver la situation économique d’un pays déjà exsangue.

Malgré les tensions grandissantes entre les deux ennemis historiques, exacerbées depuis le retrait unilatéral, en 2018, des Etats-Unis de l’accord de Vienne sur le nucléaire et le renforcement des sanctions contre la République islamique, la marine américaine a publié un communiqué, le 19 novembre, assurant que le porte-avion USS Abraham Lincoln avait traversé sans encombres le détroit d’Ormuz, par lequel transite une bonne partie du pétrole mondiale transporté par voie maritime. Cette manœuvre était la première du type dans la région depuis la destruction par l’Iran, le 20 juin, d’un drone américain survolant la zone. Selon le document de l’US Navy, l’objectif était de «démontrer la détermination» des Etats-Unis à faire respecter la liberté de navigation. Alexis Le Meur

Lire aussi : Trois membres des forces de l’ordre tués par des «émeutiers» en marge des manifestations en Iran

Source: RT France

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