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Pour le Cameroun unifié, le vrai combat de la vraie indépendance commence – Les EUA s’ingérant dans la crise séparatiste, jusqu’où peuvent-ils aller ?

© AP Photo / Alex Brandon

Crise séparatiste au Cameroun: jusqu’où pourra aller l’ingérence américaine?

Les États-Unis appellent à un «vrai dialogue» et à un «transfert de pouvoir» vers les régions anglophones du Cameroun, pointant du doigt l’inefficacité de l’option militaire privilégiée par le gouvernement dans la crise en cours. Une sortie qui arrive après l’annonce du retrait du Cameroun de l’AGOA, mesure peu appréciée par Yaoundé. Décryptage.

Jusqu’où pourra aller l’ingérence américaine dans la recherche de solutions à la crise séparatiste qui déchire le Cameroun? Mardi 19 novembre, lors d’une audition parlementaire à Washington, le sous-secrétaire chargé de l’Afrique au département d’État américain Tibor Nagy a estimé que les conseillers du président camerounais Paul Biya le conduisaient sur une mauvaise piste en lui faisant miroiter une victoire militaire.

Alors que la crise ne cesse de s’enliser malgré la forte militarisation des régions anglophones, Wanah Immanuel Bumakor, universitaire camerounais et spécialiste en relations internationales interrogé par Sputnik, estime lui aussi que cette option a déjà assez démontré ses limites – ici comme ailleurs.

«Ce n’est pas la solution militaire qui mettra fin au conflit, comme l’expérience l’a montré dans d’autres cas à travers le monde. Ce qui rend la situation très pénible pour le gouvernement et l’armée, c’est le fait que, contrairement à la guerre contre Boko Haram, la population semble plutôt collaborer avec les combattants séparatistes au détriment des forces de sécurité. Cela pourrait être dû au fait que les populations subissent régulièrement des intimidations venant des indépendantistes. Dans ce scénario, la situation sera donc très compliquée pour les forces militaires, comme l’ont confirmé de nombreux experts en sécurité», commente l’expert.

Tibor Nagy a également relativisé le succès du grand dialogue national, organisé par Yaoundé pour tenter de résoudre la crise séparatiste anglophone. «Il doit y avoir un vrai dialogue. Et il doit y avoir un transfert de pouvoir vers la région», a plaidé le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines devant le Parlement.

Une injonction américaine qui arrive pourtant un mois après la tenue d’un grand dialogue national convoqué par Paul Biya. Ce dialogue avait déjà essuyé de vives critiques tant sur la forme que sur le fond. En l’absence des leaders séparatistes, beaucoup d’observateurs avaient déjà souligné l’inefficacité des recommandations qui en sortiraient. Pour Wanah Immanuel Bumakor, ce grand dialogue organisé par le gouvernement de Paul Biya ne respectait pas «les normes internationales du dialogue ou de la médiation».

«Le Cameroun n’est pas le seul pays à avoir connu ce type de conflit. Par conséquent, il existe certaines normes internationales pour la résolution des conflits de cette catégorie, connu sous le nom de conflit intra-étatique ou conflit interne. De 1990 à 2002, 30 des 33 conflits intra-étatiques ont abouti à un dialogue inclusif incluant toutes les parties prenantes à la recherche d’un processus de paix durable. Dans la plupart de ces pays, les gouvernements ont engagé un dialogue avec les mouvements de libération pour trouver la paix. Rétablir la paix est un processus et la majorité des conflits violents ne se termine pas par une victoire, mais par un accord de paix. Le Cameroun n’est donc pas une exception à la règle», analyse le spécialiste des relations internationales.

Alors que le haut diplomate américain pour l’Afrique appelle également les autorités camerounaises à procéder à un transfert de pouvoir dans les régions anglophones, Wanah Immanuel Bumakor, de son côté, pense qu’il faut passer à la fédération et à des régions autonomes dans lesquelles les citoyens peuvent gérer leurs propres affaires, en particulier pour les régions anglophones ayant connu ce statut de 1961 à 1972. «Malheureusement, estime-t-il, le système unitaire et centralisé du régime de Paul Biya, surtout après 1982, n’a pas intégré l’héritage colonial anglo-saxon de la population anglophone minoritaire du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.»

Yaoundé agacé par la pression américaine

Si les États-Unis appellent à l’organisation d’un autre dialogue national, accordant peu de crédit aux résolutions des pourparlers de Yaoundé, les recommandations de ces derniers pourraient être bientôt implémentées, à en croire les récentes déclarations de Paul Biya. Répondant aux questions d’un panel sur la crise séparatiste au Cameroun le mardi 12 novembre au Forum de Paris sur la Paix, le Président camerounais a déclaré que les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest bénéficieront d’un statut spécial, l’une des multiples recommandations du grand dialogue national.

En attendant son effectivité, sur le terrain du conflit, les violences n’ont pas cessé. Les exactions sont enregistrées de part et d’autre et les populations se trouvent prises entre deux feux. Évoquant les violations des droits de l’homme dans la crise séparatiste, Donald Trump a exprimé sa volonté d’exclure le Cameroun des avantages de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), une loi qui exonère les pays de l’Afrique subsaharienne des droits de douane pour leurs exportations vers le marché américain.

En réponse à cette annonce, le gouvernement de Yaoundé, par la voix de René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication camerounaise, a estimé lors d’un point de presse lundi 18 novembre dans la capitale politique camerounaise que les États-Unis ignorent «la réalité des faits sur le terrain». Le porte-parole estime que Washington s’est basé sur une version erronée des faits pour prendre cette mesure.

MINCOM Cameroon @MincomCameroun

Point de presse du ministre de la Communication ce 18 novembre 2019, sur « African Growth and Opportunity Act »
(AGOA).

trouver le propos liminaire sur 👉https://www.facebook.com/MincomCameroon/ 

Les raisons invoquées par les autorités américaines, affirme-t-il, «procèdent soit d’une ignorance ou d’une méconnaissance de la situation réelle, telle qu’elle a prévalu et prévaut encore dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, soit d’une volonté délibérée d’ignorer cette réalité».

Le ministre de la Communication déplore également la non-condamnation par les États-Unis des exactions commises par les séparatistes armés dans les régions en conflit.

Ministère de la Communication – Cameroun

mardi

Point de presse du Ministre de la Communication ce 18 novembre 2019, sur la décision du Chef d’État Américain de soustraire le #Cameroun des Pays bénéficiaires des facilités de la loi sur la Croissance et les Perspectives Economiques en Afrique, « African Growth and Opportunity Act », en abrégé « AGOA »au 1er janvier , 2020.
#TT237

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Autant de déclarations qui ont contribué à jeter un coup de froid dans les rapports entre les deux pays et à attiser une série d’analyses et d’invectives dans l’opinion et dans la presse locale. Pourtant, pour l’universitaire Wanah Immanuel Bumakor, cette récente sortie américaine n’est qu’un avertissement qui pourrait aboutir à des mesures plus fortes.

«Les États-Unis veulent indirectement faire comprendre au Cameroun que d’autres sanctions sont envisageables si la situation perdure. Et cette pression américaine n’est pas une bonne nouvelle pour le régime de Paul Biya. N’oublions pas que les États-Unis sont une superpuissance mondiale qui exerce une grande influence sur de nombreux pays et organisations, y compris au-dessus du Conseil de sécurité des Nations Unies. Par conséquent, si la situation empire, davantage de sanctions de différents pays et organisations internationales sous l’influence des États-Unis pourraient suivre. En outre, il est fort possible que la crise humanitaire au Cameroun soit inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité», conclut le spécialiste des relations internationales.

Source: Sputnik News – France

Zoom Afrique du 21 novembre 2019

Zoom Afrique du 21 novembre 2019

Dans ce numéro de Zoom Afrique :

L’actualité en Afrique :

  • Hausse des échanges commerciaux entre l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire
  • Le Burkina Faso participe à la 40e session de la Conférence générale de l’UNESCO
  • Mauritanie : la pêche continentale assure plus de 20.000 emplois

Les analyses de la rédaction :

  • Cameroun

Sortie du Cameroun de l’Agoa : la réponse du gouvernement à Donald Trump

Cela signifie donc que le dialogue national prôné par les États-Unis et que l’État camerounais a su orienter de la meilleure façon a plutôt mis en colère les Américains. Trois semaines après l’annonce que le Cameroun ne sera plus « éligible » aux traitements commerciaux préférentiels américains, le M. Afrique de Trump, Tibor Nagy, se met à menacer l’État camerounais : il exige ni plus ni moins qu’un « transfert de pouvoir » vers les régions anglophones du Cameroun donc, un remake du scénario du fédéralisme forcé puis du démembrement du pays, accusant l’armée de vouloir faire la guerre à sa population :  « La vérité, c’est qu’il n’y aura pas de victoire militaire » au conflit qui oppose les indépendantistes anglophones à l’armée dans les régions du Nord-Ouest et du sud-ouest du Cameroun, a ajouté le diplomate américain qui laisse paraître là l’objectif depuis si longtemps recherché par les Américains, à savoir ouvrir le front de la guerre civile au Cameroun. Cependant ce discours est bien loin d’impressionner l’État camerounais qui revient sur l’histoire de l’AGOA et qui répond du tac au tac.

« Retirer au Cameroun son éligibilité à l’AGOA procédait d’une décision souveraine du Gouvernement américain que nul ne peut lui contester, ce qui est contestable à nos yeux, ce sont les prétextes et raisons avancés pour expliquer ou justifier cette volonté du Gouvernement des États-Unis… », a estimé  René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication qui a relevé que les raisons invoquées pour justifier la décision envisagée des autorités américaines, dont la mise en application sera effective à partir de janvier 2020, ne correspondent guère à la réalité des faits sur le terrain, parce qu’elles procèdent, d’après le porte-parole du gouvernement camerounais soit

– D’une ignorance, ou d’une méconnaissance de la situation réelle, telle qu’elle a prévalu et prévaut encore dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ; soit

– D’une volonté délibérée d’ignorer cette réalité ou alors :

– D’une version travestie des faits par des observateurs de mauvaise foi, ou par quelques concitoyens qui ne font point mystère de leur dessein antipatriotique, celui d’œuvrer à ternir l’image de leur Pays, à sa partition ou à sa déstabilisation. « 

Et le responsable de faire rappeler à la bonne mémoire des Américains qu’au Cameroun ce n’est pas à Washington de dicter des marches à suivre mais à l’état camerounais : » Chaque État est doté de missions régaliennes et le Cameroun ne saurait déroger à cette règle. C’est la principale raison pour laquelle la présence des Forces de Défense et de Sécurité dans les régions en crise, se justifie, à plus d’un titre : « Préserver l’intégrité territoriale du Cameroun face à des séparatistes hors la loi qui ont pris les armes contre la République, assurer la sécurité des personnes et des biens dans les Régions concernées… ».

D’autant plus qu’en face, les « faits d’arme » de ceux qui sont résolus à mettre à mal la tranquillité, la quiétude, le bien-être, la cohésion sociale, … sont innombrables :

Le ministre n’a pas manqué de le relever pour le regretter,  dans sa communication de ce lundi, lorsqu’on connaît les actions civiles-militaires, au profit des populations dans les régions concernées, « ou de la région de l’Extrême-Nord, ou même le long de la frontière avec la République Centrafricaine, les dégâts collatéraux qu’on a pu enregistrer ici et là, ne sauraient en aucune façon, porter atteinte à l’honorabilité des Forces armées camerounaises, une image honorable qu’elles ont su montrer et préserver aussi bien sur le sol camerounais qu’à l’étranger… ».

Et le ministre de répondre très fermement :

Au regard du « jugement excessif, qui, de surcroît, semble occulter ou minorer les exactions horribles perpétrées par les hordes déshumanisées de séparatistes et accable péremptoirement les Forces camerounaises de Défense et de Sécurité, le gouvernement du Cameroun rappelle qu’il est et demeure un État de droit à l’échelle de l’Afrique voire du monde et qu’il y a tout lieu de se sentir fier de ses avancées en matière de démocratie, et plus précisément de respect des droits humains et des libertés… ».

Et c’est clair: l’État camerounais est bien ferme dans ses convictions. Chantage et sanction économique ou pas, il tient le coup. Surtout qu’il y a de plus en plus de mains tendues à son endroit : Russes, Chinois et autres.

  • Burkina / Mali : une guerre inter-sahélienne pour sauver Barkhane ?

Le terrorisme bat son plein mais le Mali et le Burkina se font une guerre de territoire : nouveau stratagème occidental pour justifier une présence militaire contestée au Sahel?

Les autorités du Burkina Faso ont exprimé leur colère face à ce qu’elles appellent une incursion de l’armée malienne sur leur territoire. Selon le gouvernement malien, trois Burkinabés ont été tués lors de l’assaut qui s’est déroulé la semaine dernière, rapporte Reuters.

Les forces armées du Mali ont indiqué samedi avoir traqué des terroristes armés jusque sur le sol burkinabé. Selon une lettre adressée lundi par le ministre burkinabé de la Défense à son homologue malien, les forces maliennes ont franchi la frontière samedi après l’attaque d’un village de chasseurs de Dozos burkinabés par des éleveurs Fulani du Mali. Dans le village, les forces maliennes ont à la place rencontré des chasseurs de Dozos qui s’étaient mobilisés pour se défendre contre les éleveurs Peuls, a précisé la lettre rapportée par Reuters.

« Les soldats maliens ont procédé à la répression de la population du village d’Abaye, faisant trois morts, dont un écrasé par les roues des véhicules », indique la lettre, précisant que plusieurs villageois auraient été arrêtés et emmenés au Mali. Et si encore une fois c’était une affaire montée de toute pièce par Barkanbe et compagnie qui mène en ce moment même une vaste opération spéciale dans le triangle frontalier Niger Mali Burkina, et ce dans l’objectif de faire place nette et créer des bases militaires permanentes au cœur du Sahel? Après tout, en l’absence d’armées africaines puissantes, s’il y a une guerre entre deux États sahéliens, ça reste encore la France qui se fera prier de rester pour aider à la « solution » de la crise. La suite on la connait : des armes françaises seront fournies aussi de tous les côtés aux Africains pour qu’ils s’entretuent.

M. Kaboré, analyste burkinabé répond au micro de notre journaliste et nous dit ce qu’il pense du dernier avertissement de l’Etat burkinabé aux parties qui violent constamment le ciel de son pays.

Source: Press TV

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