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La Biélorussie en danger – Alexandre Loukachenko emboîte le pas à Slobodon Milosevic ?

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko (G) et le secrétaire d’État américain Mike Pompeo (D) à Minsk, le1er février 2020. ©Fars News

Mike Pompeo est devenu le premier secrétaire d’État des États-Unis à se rendre en Biélorussie. Il est arrivé à Minsk et a rencontré le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, le 1er février. Un tel changement de cap de la diplomatie US dans ses relations avec un allié traditionnel des Russes a conduit les médias occidentaux à faire des spéculations sur les raisons de cette visite. Selon Reuters, Pompeo s’est rendu à Minsk pour abuser du récent désaccord survenu entre la Russie et la Biélorussie en matière d’énergie.

Mike Pompeo est le premier chef de la diplomatie US, à se rendre en Biélorussie après 26 ans. Il est arrivé, le 1er février, à Minsk où il a rencontré le président Alexandre Loukachenko .

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a appelé à de réels progrès dans les relations bilatérales avec la Biélorussie et a appelé à des réformes économiques et politiques ainsi qu’à une amélioration des conditions des droits de l’homme. Lukashenko a déclaré à Pompeo qu’il était « très bien que vous ayez risqué de venir à Minsk après divers malentendus entre la Biélorussie et les États-Unis ». Le ministère biélorusse des Affaires étrangères a officiellement salué « le renforcement du rôle des États-Unis en Biélorussie ». Minsk a déclaré que la Biélorussie et les États-Unis avaient de nombreux défis et menaces communs qu’ils devraient affronter conjointement.

Pompeo et Lukashenko ont souligné l’accord bilatéral sur « l’échange d’ambassadeurs », en déclarant que les deux pays souhaitaient continuer à normaliser les relations réciproques.

Le département d’État américain a, pour sa part, publié une déclaration à l’issue de la rencontre de Mike Pompeo avec le président biélorusse à Minsk, dans laquelle, il fait part de la disponibilité de Washington de normaliser ses relations avec Minisk.

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Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a fait état dans plusieurs messages postés sur Twitter de  l’intérêt de Washington pour renforcer les liens entre les deux pays.

Le Département d’État américain a également publié une brève déclaration sur la visite de Pompeo à Minsk et ses visites.

La déclaration, se référant à la rencontre du secrétaire d’État américain avec le président biélorusse, prétend que les deux parties « ont parlé de l’engagement des États-Unis en faveur d’une Biélorussie indépendante ».

La visite s’est déroulée dans un contexte de nouvelles tensions entre Minsk et Moscou au sujet des approvisionnements énergétiques et de la réticence de Loukachenko à respecter les engagements pris dans le cadre d’un accord conclu avec la Russie.

Pour faire court, Minsk cherche à continuer à recevoir des ressources énergétiques bon marché, des technologies, des prêts bon marché, d’autres préférences économiques et commerciales de la Russie, mais il ne veut pas agir comme un allié russe dans les domaines économique, diplomatique et sécuritaire. Une telle approche a créé des problèmes dans les relations entre les deux pays. Le 31 décembre 2019, la Russie a cessé de fournir du pétrole à la Biélorussie suite au refus de Minsk de renégocier le prix du pétrole avec la Russie. C’est dans un tel contexte que Loukachenko accuse la Russie d’arrêter les fournitures du pétrole à la  Biélorussie avec pour objectif de détruire ce pays.

La politique actuelle des dirigeants biélorusses montre que Loukachenko n’a pas tiré les leçons d’autres « régimes autoritaires » qui flirtaient avec les États-Unis tels que Mouammar Kadhafi en Libye, Slobodan Milosevic en Yougoslavie, Saddam Hussein en Irak, ceux-là mêmes qui pensaient également pouvoir négocier avec les États-Unis d’un accord leur permettant de rester au pouvoir (ou du moins en vie) en échange de la capitulation et en sacrifiant les intérêts nationaux sur l’autel de ceux des USA. Le gouvernement de Loukachenko risque de connaître le même sort.

Pompeo et Lukashenko ont dit être convenus pour« l’échange d’ambassadeurs » avec pour objectif de normaliser les relations bilatérales.

Après le rattachement de la Crimée à la Russie suite à un référendum, la Biélorussie a refusé de le reconnaître, ce qui est l’une des raisons qui expliquent la tension dans les relations entre la Russie et la Biélorussie.

Source: Press TV

Biélorussie/Ukraine: les USA tentent de compenser leurs revers…

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo rencontre le président ouzbek Shavkat Mirziyoyev à Tachkent le 3 février 2020. ©AFP

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo termine ce lundi 3 février une tournée dans des pays de l’ex-Union soviétique à savoir l’Ukraine, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Une occasion pour tenter d’éloigner de la Russie ses alliés dans la zone d’influence de l’ex-URSS ? Les lignes qui suivent résument un article de l’agence de presse Tasnim qui, pour aborder le sujet, relate le journal russe Kommersant.

« Il s’agit d’un premier déplacement à l’étranger du secrétaire d’État américain en cette nouvelle année 2020, une visite qui montre d’ailleurs la détermination de Washington à imposer un changement d’approche politique aux alliés de Moscou. Les entretiens de Pompeo au cours de cette tournée régionale laissent conclure que Washington va tenter sa chance, après l’Ukraine, dans d’autres anciennes républiques soviétiques partageant une même approche stratégique avec la Russie, afin de les éloigner de cette dernière. Et pour réaliser cette politique, les États-Unis envisagent un scénario conçu sur trois plans :

– renouveler les collaborations politiques et économiques avec les pays de la Communauté des États indépendants ;

– saturer les marchés de la région avec des investissements américains ;

– créer de nouvelles structures de sécurité aux portes de la Russie.

La capitale ouzbèke Tachkent était ce lundi la destination finale d’un marathon diplomatique dans les anciennes républiques soviétiques que M. Pompeo avait commencé le 31 janvier à Kiev et qui l’a amené par la suite à Minsk et à Nur-Sultan (anciennement appelée Astana). »

D’après les sources concordantes consultées par Kommersant, une chose est certaine :

« Les États-Unis cherchent à détacher les pays centre-asiatiques de l’axe sino-russe et à les impliquer dans des projets sécuritaires et énergétiques parrainés par Washington et surtout en rapport avec l’Afghanistan.

Les États-Unis négocient actuellement avec le Kazakhstan et l’Ouzbékistan la possibilité de mener des projets conjoints dans le domaine du transit, mais aussi et surtout dans le militaire, ce qui exige des pays susmentionnés d’ouvrir leur ciel aux opérations de reconnaissance du Pentagone.

En effet, bien avant la visite de Pompeo dans cette région, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait exprimé son pessimisme sur l’approche américaine dans le sud de l’Asie centrale. Pourtant, tout n’est pas perdu et la Russie a encore la chance de préparer sa contre-attaque. »

D’après le journal russe Kommersant, la Russie participera cette année à un troisième round de négociations avec des pays de l’Asie centrale et compte également renforcer ses coopérations dans le cadre de l’Organisation du traité de sécurité collective.

Lire aussi : Eurasie: le maillon faible des États-Unis

Cependant, les entretiens du dimanche 2 février de Mike Pompeo à Nur-Sultan ont montré que le la visite du premier diplomate US au Kazakhstan, pays qu’on appelle « le plus proche allié de Moscou », a été un prélude à de plus sérieuses négociations qui devront assurer la présence américaine, en Asie centrale, mais aussi au sud de l’arène de l’Organisation du traité de sécurité collective.

« Au cours de sa tournée, Mike Pompeo a évité les déclarations nettement anti-russes. Il a même indiqué ne pas vouloir placer les anciennes républiques soviétiques face à la difficile décision de choisir entre Moscou et Washington. Ses négociations avec les dirigeants desdits pays ont pourtant montré que les États-Unis cherchaient exactement à détruire les relations de longues années qu’entretiennent ces pays avec la Russie. »

Les paroles les plus fracassantes du secrétaire d’État américain au cours de cette tournée centre-asiatique, M. Pompeo les a prononcées, selon Kommersant, à Minsk. Cette visite qui a duré moins d’une journée entière était en fait la première visite effectuée depuis bien longtemps par un haut responsable politique américain en Biélorussie et Pompeo en a profité pour avancer une importante proposition : les États-Unis sont prêts à assurer à 100% les besoins de la Biélorussie en pétrole, de sorte que ce pays puisse complètement arrêter ses importations depuis la Russie et devenir ainsi un pays indépendant !

Source: Press TV

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