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Quelle est l’efficacité du système éducatif français ? Quelle place occupe-t-il dans le monde ? + Notre commentaire

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La vérité cachée sur le système scolaire

Ival 2018 : dans quelles académies se situent les lycées les « plus performants » de France ?

Près du quart des lycées généraux et technologiques les « plus performants » de France se situe dans l’académie de Créteil, selon l’analyse faite par AEF info des Ival 2018 rendus publics le 20 mars 2019. La proportion est quasiment la même concernant les lycées professionnels. En revanche, en proportion du nombre total de lycées par académie, ce sont les académies de Corse, pour les LGT, et de la Réunion, pour les LP, qui placent le plus de leurs lycées parmi les « plus performants ». Les académies de Lille, Paris et Versailles sont aussi bien représentées.

Les Ival de la session 2018 sont rendus publics par le ministère de l’Éducation nationale mercredi 20 mars 2019. La méthodologie utilisée par la Depp pour déterminer ces indicateurs (1) est la même que celle de la session 2017, à partir de trois « valeurs ajoutées » (VA), calculées à partir des données de l’année 2017-2018 : celle du taux de réussite au bac, celle du taux d’accès au bac et celle du taux de mentions au bac, qui sont, pour chacune d’entre elles, déterminées à partir du calcul « taux observé – taux attendu ».

AEF info a choisi, cette année, de regarder dans quelle académie sont situés les 200 lycées généraux et technologiques (LGT) les « plus performants » d’un côté, et les 200 lycées professionnels (LP) les « plus performants » de l’autre (2). Pour ce faire, AEF info a utilisé la méthodologie suivante :

  • le résultat pour chaque lycée correspond à la moyenne des trois valeurs ajoutées, ce qui permet de prendre en compte de manière équivalente les lycées qui font réussir leurs élèves (VA du taux de réussite), les lycées « accompagnateurs » (VA du taux d’accès), autrement dit qui ne sélectionnent pas leurs élèves entre la première et le baccalauréat, et les lycées qui parviennent à « tirer le meilleur de leurs élèves » (VA du taux de mentions).
  • seuls les lycées qui ont présenté plus de 100 élèves au baccalauréat pour les LGT et plus de 40 pour les LP ont été pris en compte, la moyenne nationale étant respectivement de 228 et 82, afin d’éviter le biais de variables trop fortes dues à de trop petits effectifs. Cela revient à observer 1 843 LGT et 1 633 LP (respectivement 79,6 % des LGT et 80,6 % des LP de l’étude de la Depp) (3).
  • les lycées publics et privés sont dans le classement.

Ces 200 LGT et 200 LP sont ainsi ceux qui présentent les meilleurs résultats par rapport à ceux attendus.

1/4 des lycées GT « les plus performants » sont dans l’académie de Créteil

Les 3 académies franciliennes parmi les 6 premières. Selon ces critères, c’est l’académie de Créteil qui compte le plus grand nombre de lycées généraux et technologiques « performants » : 44 sur 200. Sur ces 200 lycées, 120 sont publics et 80 privés. Les deux premiers de ce classement sont d’ailleurs de cette académie : les lycées Alfred-Nobel de Clichy-sous-Bois (93) et Louise-Michel de Bobigny (93). Suivent les académies de Lille (20 lycées), Paris (19), Aix-Marseille (18), Versailles et Strasbourg (15). Les académies de Caen, La Guadeloupe, Limoges, Reims et Rouen ne présentent pas de lycées parmi les 200 premiers.

La Corse en tête, relativement au nombre total de LGT. Le classement de lycées établi par AEF info correspond peu ou prou à celui du nombre total de lycées GT par académies : par exemple, Créteil est la 2e académie à comporter le plus de LGT (présentant au moins 100 candidats au bac) en France et Lille la 3e. En revanche, des particularités peuvent être observées : Paris se retrouve en troisième position du classement des lycées performants alors qu’elle n’est que la 8e académie en termes de nombre de lycées.

La Corse arrive en tête au classement du taux de meilleurs lycées par rapport au nombre total de lycée : 3/4 de ses lycées font partie des 200 « performants ». A contrario, Nantes, 4e académie sur le nombre total de lycées, est la 23e académie ex æquo en termes de taux de lycées performants.

Un taux de réussite attendu plus faible à Créteil. En outre, une autre des raisons possibles pouvant expliquer la première place de Créteil, en valeur absolue, est le fait que son taux de réussite attendu est plus faible que la moyenne nationale (89 % contre 92 %), lui permettant d’obtenir une valeur ajoutée plus importante que d’autres académies, comme Nantes et Rennes qui ont elles un taux de réussite attendu de 95 %.

La répartition des 200 lycées GT les plus « performants » par académie

Cliquez sur les onglets pour comparer le nombre de lycées GT « performants » par académie, le taux de lycées « performants » par rapport au nombre total de LGT par académie et le nombre total de LGT dans chaque académie.

ROUEN
44
CRÉTEIL
20
LILLE
19
PARIS
18
AIX-MARSEILLE
15
STRASBOURG
15
VERSAILLES
10
MONTPELLIER
7
CORSE
7
GRENOBLE
6
BORDEAUX
6
CLERMONT-FERRAND
5
LA RÉUNION
5
NICE
3
NANCY-METZ
3
RENNES
2
AMIENS
2
DIJON
2
GUYANE
2
LYON
2
MARTINIQUE
2
POITIERS
2
TOULOUSE
1
BESANÇON
1
NANTES
1
ORLÉANS-TOURS
0
CAEN
0
GUADELOUPE
0
LIMOGES
0
REIMS
0
ROUEN

Créteil aussi en tête pour les lycées professionnels

Lille et Paris aussi bien placées. Concernant les lycées professionnels, c’est également dans l’académie de Créteil que se situe une grande partie des établissements les plus « performants » : 41 sur 200. Sur ces 200 lycées, 138 sont publics et 62 privés. Le premier LP, selon ces critères, est le lycée Georges-Brassens de Villeneuve-le-Roi (94). Viennent ensuite les académies de Lille (18 lycées), Versailles (13), Lyon (12), Rennes et Paris (10). Seule l’académie de Limoges ne présente pas de lycées parmi les 200 premiers.

La Réunion en tête, relativement au nombre total de LP. Là encore, le classement correspond peu ou prou à celui du nombre total de LP par académies : Créteil est la 2e académie en termes de nombre total de LP (présentant au moins 40 candidats au bac), Lille 3e, Versailles 1re. Grenoble, en revanche, est la 4e académie au nombre total de lycées mais n’est que 13e au classement des 200 lycées « performants ». À l’inverse, La Réunion place 9 de ses 24 LP parmi les 200 « performants » et la Guadeloupe 6 de ses 17 LP.

Un taux de réussite attendu plus faible à Créteil. Également, une autre des raisons possibles pouvant expliquer la première place de Créteil, en valeur absolue, est que, pour les lycées professionnels aussi, son taux de réussite attendu est plus faible que la moyenne nationale (79 % contre 84 %), lui permettant d’obtenir une valeur ajoutée plus importante que d’autres académies, comme Nantes qui a, elle, un taux de réussite attendu de 89 %.

La répartition des 200 lycées professionnels les plus « performants » par académie

Cliquez sur les onglets pour comparer le nombre de lycées professionnels « performants » par académie, le taux de lycées « performants » par rapport au nombre total de LP par académie et le nombre total de LP dans chaque académie.

LIMOGES
41
CRÉTEIL
18
LILLE
13
VERSAILLES
12
LYON
10
PARIS
10
RENNES
9
LA RÉUNION
9
NANCY-METZ
8
NANTES
7
MONTPELLIER
6
GUADELOUPE
6
REIMS
6
GRENOBLE
5
CLERMONT-FERRAND
5
ROUEN
4
DIJON
4
NICE
4
STRASBOURG
4
AIX-MARSEILLE
4
BORDEAUX
3
ORLÉANS-TOURS
2
MARTINIQUE
2
BESANÇON
2
CAEN
2
TOULOUSE
1
CORSE
1
GUYANE
1
POITIERS
1
AMIENS
0
LIMOGES
(1) Selon le MEN, « l’analyse combine des facteurs individuels des élèves (âge et sexe, niveau scolaire à l’entrée au lycée, origine sociale) et des facteurs liés à la structure de l’établissement (pourcentage de filles, part d’élèves en retard scolaire, répartition des élèves par origine sociale et note moyenne obtenue au DNB). On tient compte, par exemple, du fait que les lycées ayant la plus forte proportion d’enfants de cadres supérieurs ou d’enseignants ont un impact positif sur les enfants d’ouvriers ou d’inactifs qu’ils scolarisent en moindre proportion.

(2) Retrouvez les classements des lycées les plus « performants » dans les documents joints.

(3) La Depp exclut déjà les LGT présentant moins de 20 élèves au bac et les LP en présentant moins de 10.

LIRE AUSSI: « Inégalitaire », « trop académique », « pas pertinent »… l’OCDE blâme le système scolaire français

 

Source: aef info

En huit cartes, les académies qui décrochent les palmes

Par LIBERATION

A l’heure des résultats du baccalauréat 2014, plusieurs études et rapports de l’Education nationale soulignent que l’école de la République est aussi l’école des inégalités et que les chances ne sont pas les mêmes partout et pour tous.

Publiée par le ministère de l’Education, Géographie de l’école 2014 analyse les différences entre académies. Elaboré avec le Céreq (centre d’études et de recherches sur les qualifications), l’Atlas académique des risques sociaux d’échec scolaire replace le décrochage dans l’espace géographique. Huit cartes pour mieux comprendre.

Toutes voies confondues, le taux de réussite au baccalauréat dépasse 90% dans les académies de Rennes, Nantes et Grenoble à la session 2013. Dans la voie générale et technologie, Rennes, Nantes et Grenoble restent les académies les plus performantes, auxquelles s’ajoutent en 2013 la Corse et Strasbourg. A l’opposé, les académies de Créteil, Amiens et la Guadeloupe obtiennent moins souvent le diplôme, voire beaucoup moins à Mayotte et en Guyane. Dans la voie professionnelle, les leaders en 2013 sont Rennes, Nantes, Grenoble, Caen et Bordeaux. Le taux de réussite de la voie professionnelle augmente très légèrement en 2013, après trois années consécutives de baisse.

Le gouvernement a fait une priorité de la lutte contre le décrochage scolaire. Parmi ses promesses de campagne, François Hollande s’est même engagé à réduire de moitié le nombre de décrocheurs à la fin de son quinquennat. En 2010, ils étaient 12% de jeunes de 18 à 24 ans sortis du système scolaire et n’ayant aucun diplôme, ou pour certains seulement le brevet. Dans trois académies –Nantes, Lyon et Toulouse–, ce taux est inférieur à 10%. Il dépasse en revanche les 15% dans celles d’Amiens, de Corse et des départements d’outre-mer.

En moyenne le coût annuel d’un collégien est de 5 570 euros, contre 3 130 euros pour un écolier et 7 660 euros pour un lycéen. Entre 2008 et 2011, le coût du collégien a chuté de 1,6%, une baisse qui est restée relativement uniforme sur tout le territoire (–4,2% dans le Limousin, et –0,3% en Franche­Comté). A l’inverse des zones urbanisées, les régions à prédominance rurale ont des coûts généralement plus élevés en raison d’une taille inférieure des établissements et de taux d’encadrement par élève plus importants.

En 2013, 9,6% des jeunes de 17 ans ou plus éprouvent des difficultés de lecture, selon les évaluations faites à l’occasion de la Journée défense et citoyenneté (JDC, anciennement JAPD). Parmi eux, 4,1% ont une compréhension «très faible» et un déficit important de vocabulaire. Les jeunes le plus souvent en difficulté vivent surtout dans les départements du Nord et dans ceux autour de l’Ile-­de-­France – ils sont 17,6% dans l’Aisne et 14,9% dans la Somme – ainsi que dans le Cher (12,3%) et dans l’Indre (12%).

A la rentrée 2013, 11,4% des élèves sont arrivés avec au moins un an de retard en sixième. Une proportion en diminution constante depuis dix ans, en raison de la politique de limitation des redoublements, coûteux et largement inefficaces. Le retard des élèves est moindre dans les académies de l’ouest, réputées pour leurs bons résultats. A l’entrée en seconde, par exemple, celle de Rennes peut se targuer d’un des taux les plus bas. Alors qu’il reste élevé dans les académies avec de grandes agglomérations comme Aix­-Marseille et l’Ile-­de­-France.

A la rentrée 2013, l’enseignement privé accueillait plus d’un collégien ou lycéen sur cinq, en moyenne. La part du secteur privé est proche dans les différents cycles du second degré, légèrement plus forte dans l’enseignement professionnel. Cette part du privé est historiquement la plus forte à l’Ouest, dans les académies de Rennes et de Nantes, qui dépassent les 36%. A l’opposé, celles de Corse, Créteil, Limoges et des DOM scolarisent moins d’un collégien ou lycéen sur six dans le privé.

Les académies les moins attractives sont celles de Créteil, de Versailles et dans une moindre mesure d’Amiens. Pour combler les besoins, on y affecte chaque année la moitié des jeunes profs sortant de formation. A Versailles et Créteil, les demandes de départ de profs titulaires sont quatre fois plus nombreuses que les demandes d’entrée en premier vœu. L’académie de Paris, l’une des plus difficiles à obtenir, est jugée «ambivalente» : elle est l’une des plus demandées mais avec aussi de nombreuses demandes de sortie non satisfaites.

Avec un peu plus de 29% de profs agrégés, Paris est la championne toutes catégories. Cela s’explique : la capitale compte de nombreuses classes préparatoires, de «grands lycées» et très peu d’établissements professionnels. Les académies de Lyon, de Créteil et de Versailles, qui viennent ensuite, abritent autour de 17% d’agrégés. A l’opposé, les académies d’outre- mer en ont très peu – entre 5,8% et 9% – mais elles emploient de nombreux contractuels.

Source: Liberation

Le prof est-il le bouc-émissaire d’un système allant à vau-l’eau?

« Haro sur un prof » : les petits arrangements des inspecteurs d’académie dans leur rapport

Les profs ont toujours plus ou moins l’occasion de s’apercevoir qu’ils sont les pions insignifiants d’un système hiérarchique dont la finalité les dépasse. Il est question de pédagogisme, de conformisme académique et de toute puissance, de la part d’inspecteurs pouvant faire ou défaire une carrière à leur gré, capables de magnifier ou de dézinguer selon leur bon [vouloir].

Un nouvel inspecteur d’académie est arrivé, Régis Vacher, lui aussi controversé. Il atterrit dans notre petit département en fin de carrière, ce n’est certes pas une promotion. Il aurait un surnom, “Le tueur”, sous prétexte qu’il aurait convoqué un collègue, lequel aurait préféré se suicider plutôt que d’honorer ce rendez-vous à caractère disciplinaire. C’est un bruit qui court, non dénué de fondement. Il a été prévenu, ce Vacher, par son prédécesseur, des caractéristiques de Briare et il fanfaronne, se promène dans les couloirs en clamant qu’il serait “celui” qui mettrait Briare au travail. Les petites mains de l’inspection rient sous cape : “Il n’est pas sorti de l’auberge”. Patrick Briare s’est également taillé une réputation de fainéant patenté, délégant à tours de bras, exigeant même, en totale contradiction avec les usages, d’avoir non pas deux mais trois conseillères pédagogiques à son service. Il faut croire que les “dérogations”sont légion avec les Briare.

Pendant la même période, Madame, précédemment souriante et avenante sous son nom de jeune fille, est devenue acariâtre, autoritaire, a perdu sa jolie coupe au carré au profit de cheveux courts, à la garçonne, qui cadrent plus avec ses nouvelles manières tyranniques. Elle pratique une méthode tout à fait identique à celle de son mari, réussit à faire nommer, en dépit de toutes les règles élémentaires du mouvement départemental, une bonne copine dans sa ville de résidence. Ces deux-là creusent leur trou, se mettent en fait tout le monde à dos. Mais un petit événement va contribuer à asseoir encore mieux la réputation de Monsieur Briare car comme le dit MichelleDesmare: “Il se passe un truc à la photocopieuse le matin à l’inspection académique, le soir, tout le département est au courant”. Oui, le matériel moderne a toutes les utilités, surtout quand arrive du Ministère un rapport sur l’état de l’enseignement spécialisé dans notre petit fief campagnard. Il n’est pas exactement du goût du patron en second et la version informatique au format PDF le froisse légèrement. Qu’à cela ne tienne, il va s’enfermer dans son bureau, avec consigne qu’on ne le dérange sous aucun prétexte. Mais il ne sait pas manipuler un format PDF, cette manière de toujours déléguer au service informatique ou à la secrétaire en a fait un handicapé du clavier et surtout du logiciel. Qu’importe: les vieilles méthodes ont du bon. Il imprime une version papier et avec le blanc correcteur, raye les paragraphes et les alinéas ennuyeux pour son amour propre, repasse le tout dans la photocopieuse et hop, le tour est joué. Il reste bien quelques trous dans le texte, quelques traces moches sur la version définitive à remettre à Vacher mais, caractériel comme il est, il doit pouvoir être pris pour un âne, surtout par un gros malin. Régis Vacher n’est pas inspecteur d’académie pour rien et il file, version frelatée en main, au service informatique demander la version originale.

>>>>>>>>>>>>> A lire également : « Haro sur un prof » : porter plainte pour dénonciation calomnieuse contre un inspecteur d’académie peut coûter très cher

Le chef du service informatique se fait un plaisir de la lui remettre, lui aussi a lu le fameux papier et sait fort bien qu’il a déplu. Briare en retirera un grillage définitif auprès de son supérieur direct, lequel va le malmener, lui imposer vents et camouflets, au besoin en réunion et en public. Quant au responsable informatique, il recevra les palmes académiques. Le pauvre les aura bien méritées. Il se bat régulièrement pour ne pas se retrouver complice de plagiats éhontés alors que plusieurs des inspecteurs se font fort de pomper, comme de vilains collégiens, de jolis projets mis au point par leurs collègues en apposant leur nom sous ces productions. Le Bruno en connaît un rayon. Il se balade par monts et pas vaux, de départements en académies extérieurs, en réunions, délégué par Briare qui ne supporte pas d’autres tâches que celles immédiatement à portée de son gros corps trop peu mobile. Ce conseiller reconnaît entre mille, comme un professeur aiguisé, les traficotages de ces messieurs dames, pour les avoir vus en présentation lors de ses déplacements. Et comme bien peu d’entre les inspecteurs ont pris le virage informatique, c’est chaque fois Bruno qui s’y colle pour la mise en forme des odieux pompages. Il faut bien une breloque pour arriver à digérer les couleuvres avalées. Cette boutique est une pétaudière. La petite inspection académique ne retient que ceux du cru, ceux qui sont nés ici, ceux qui médiocrement restent malgré la clause de mobilité des cadres. Il en passe un de temps en temps, qui sort du lot, qui travaille, qui ambitionne, alors il ne reste pas, faisant de cet endroit une terre déficitaire autorisant ainsi les dérogations.

A LIRE AUSSI: Accompagnement et évaluation des personnels d’enseignement et d’éducation

Extrait de « Haro sur un prof« , de Pierre Duriot, publié aux éditions Ed. Godefroy de Bouillon, 2015. Pour acheter ce livre cliquez ici.

Notre commentaire

Il y a une vraie difficulté dans ce genre de cas, de se faire une opinion précise, juste et scientifique, même si à partir d’un certain moment des mesures concrètes sont prises pour pallier à certaines insuffisances ou  incartades, visant à détecter et faire le tri entre les inspecteurs ou même les chefs d’établissement qui agissent dans le but d’aider à résoudre réellement les lacunes et à les corriger, afin de faire progresser l’institution et la rendre plus efficace, par l’amélioration de la qualité des pratiques et l’accroissement des résultats et ou à évincer ou réprimander ceux qui s’éloignent ou s’écartent des objectifs définis dans la politique académique de l’institution.

Le professionnalisme dans les pratiques est d’autant plus difficile à cerner et à mesurer qualitativement que ceux-ci réclament souvent des observables sans être eux-mêmes en mesure de fournir des contre-exemples d’observables à retenir comme modèles efficaces. Comment alors comprendre et isoler et séparer les actes posés dans les cadres professionnel, sentimental ou émotionnel (provenant de la nature humaine), sachant que le but est de permettre sur la base d’outils concrets spécifiques adaptés à chaque cas de ceux qui sont observés, pour les faire progresser qualitativement dans le cadre de leur métier? Car certains parmi ces professionnels de l’éducation en position de « juges faiseurs de la pluie et du beau temps »; peuvent être de bonne foi et œuvrer pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement dispensé et de l’éducation en général en y apportant des innovations pédagogiques salutaires ou de faire progresser concrètement ceux qui sont observés et « jugés »: par exemple en initiant des formations concrètes et un accompagnement correct (par exemple assister à au moins trois séances annuelles de cours donnés en classe directement par ces professionnels ayant une certaine expérience dit-on positive) pour combler les lacunes, si elles existent.

D’autres par contre de mauvaise foi, peuvent agir en y insérant divers motifs extraprofessionnels: par exemple une dose voilée de racisme avec de multiples préjugés directs ou en filigrane et multiplier les discriminations dans les appréciations, évaluations, mesures d’accompagnement et prises de décisions qui n’ont rien à voir avec l’objectif visé d’amélioration de la qualité, et multiplier également des règlements de compte politiques pour leur compte personnel ou pour faire plaisir à un (ou des) commanditaire (s) d’un complot ourdi dans l’ombre du secret, ou encore des agissements motivés par la jalousie, la haine ou un complexe pour diverses raisons…

L’histoire humaine regorgeant d’exemples a démontré que les hommes ont tendance à s’accrocher à leurs privilèges, à montrer leur toute puissance musculaire au détriment du bon sens et à ne pas voir venir au bon moment les apports salvateurs des innovations majeures positives, à choisir et finalement retenir la meilleure de toutes les solutions justes au moment le plus opportun pour résoudre les grandes questions majeures qui se posent à l’humanité, à un moment donné de son histoire. Ils choisissent souvent de les contourner, de les voiler ou les étouffer ou encore les ignorer par pure vanité, égoïsme ou idiotie, sans avoir pris la peine de comprendre et cerner le degré de leur dangerosité, ignorant complétement la teneur réelle des difficultés enfouies dans leurs « gênes » qui forcément, sous certaines conditions, réapparaîtront sous d’autres formes encore plus virulentes: les exemples sont multiples:

    • par exemple le manque de visibilité sur l’horizon vers lequel se diriger et de définition claire de véritables objectifs à atteindre et les choix erronés de mauvaises solutions dans les tentatives de la résolution des questions épineuses à la source des crises économiques et sociétales majeures actuelles;
    • La reproduction des fautes historiques commises dans les domaines scientifiques par les gestionnaires et gardiens du ‘temple de la science’ pour retenir des méthodes, modèles ou théories « scientifiques » jugés par eux être justes et éclairés.

Qui était Galilée ? Connaissez-vous vraiment la vie de ce savant Italien qui à marqué la renaissance en défiant l’église pour tenter d’imposer l’héliocentrisme ?

L’exemple de l’épisode Galilée qui soutenait à l’époque que la terre était ronde et tournait autour du soleil contre les érudits de l’époque qui s’autoproclamèrent posséder la science infuse et soutinrent alors contre vents et marées la thèse de la terre plate, est très poignant. 

L’autre exemple est celui du vrai Jésus Christ qui avec la notion de l’amour apporta aux hommes un regard nouveau (nonobstant les autres faits marquants purement spirituels) qui montra aux hommes les limites de la haine (avec la loi du talion: « Œil pour œil, dent pour dent ») qui était par essence destructrice de la vie et mettait l’humanité en danger d’autodestruction et qu’il fallut plutôt œuvrer pour l’amour entre les humains (aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé) pour  préserver et perpétuer la vie; mais incompris, il fut crucifié par des incompétents, intolérants et véritables incultes qui se croyaient être le nombril du monde et que l’histoire a remis à leur vraie place.

Jean de Dieu MOSSINGUE

Économiste, Théoricien de la Relativité économique et sociétale, Expert hors classe en Analyse stratégique et en Intelligence économique et globale.

MIRASTNEWS

Source: Atlantico

Des missions politiques ? – Sur la piste des inspecteurs gadgets

Flickr/Deborah Austin

En février, la Cour des comptes découvrait que, dans l’académie de Paris, 22 personnes, nommées par des politiques mais sans réelles fonctions, coûtaient 775 000 euros par an.

La Cour des comptes avait découvert leur existence par hasard, lors d’une mission au rectorat : 22 inspecteurs de l’académie de Paris (IAP), dont certains n’inspectaient rien du tout, ni école ni professeur, mais qui travaillaient dans des cabinets ministériels ou faisaient des rapports de temps en temps. Quelques-uns, sans bureau ni téléphone, s’étaient même plaints que le recteur ne leur ait trouvé aucune tâche… Dans son rapport de février, la Cour leur avait consacré un chapitre au vitriol – «Les inspecteurs de l’académie de Paris : une survivance historique injustifiée» -, dénonçant des nominations souvent très politiques, faites par la gauche comme la droite, et estimant à 775 000 euros la perte nette pour l’Etat.

Record. Cinq mois plus tard, que sont-ils devenus ? Lors de l’enquête menée par la Cour en 2009, le ministère de l’Education avait reconnu ses torts. Et il s’était engagé à faire disparaître ces IAP sous les deux ans, au plus tard le 28 octobre 2011. Solution proposée : les intégrer dans un autre corps dont le travail est, lui, clairement identifié, celui des inspecteurs d’académie – inspecteurs pédagogiques régionaux (les IA-IPR dans la novlangue de l’Education). Ce corps avait été créé en 1962 pour contrôler les établissements et les profs, c’est-à-dire pour faire exactement le travail des IAP mais sur toute la France. On ignore pourquoi, mais ces IAP avaient survécu. Pendant plus de deux siècles, ils ne furent que 6 ou 7. Mais leur nombre a brusquement triplé ces dix dernières années, avec un record personnel pour Nicolas Sarkozy, qui en a nommé trois en deux ans. La dissolution promise est bien en cours. Trois des 22 inspecteurs sont partis à la retraite. Onze ont été reçus au concours pour devenir IA-IPR.

Parmi eux, Fabrice Larché, nommé par Jacques Chirac le 30 mars 2007 et devenu chef de cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur Valérie Pécresse, ou encore David Teillet, formé à l’UNI (la droite étudiante), nommé le 2 mai 2008 par Nicolas Sarkozy et qui fut directeur de cabinet de Xavier Darcos à l’Education puis au Travail. On peut aussi citer le socialiste Christophe Degruelle, directeur de cabinet de Jack Lang à l’Education. Nommé le 22 février 2002 par Jacques Chirac dans les derniers instants de la cohabitation avec Lionel Jospin, il est aujourd’hui adjoint au maire de Blois (Loir-et-Cher). Au passage, certains ont perdu un peu de leurs revenus. Selon la Cour des comptes, la grille salariale des IAP n’entre dans aucun cadre officiel et certains touchaient jusqu’à 4 500 euros net par mois. Pour ceux travaillant dans les ministères, il fallait ajouter la «prime de cabinet» négociée individuellement et, pour les élus locaux, des indemnités.

Il reste donc huit IAP. Sur le site du rectorat, quatre apparaissent avec des missions – sur le handicap dans le second degré ou, plus limité, sur «les dispositifs d’accompagnement des élèves non affectés en lycée professionnel». L’un d’eux a demandé une disponibilité à partir de septembre. Trois autres sont par ailleurs chargés de mission auprès de l’Inspection générale de l’éducation nationale (l’Igen) – il s’agit d’activités d’expertise, comme produire des rapports, animer des colloques, etc. Parmi eux, la socialiste Claude Roiron, prof de lettres à l’origine, nommée IAP le 21 avril 2002, aujourd’hui à la tête du conseil général d’Indre-et-Loire. «Je travaille pour l’Igen un deux tiers de temps. De facto, je fais un mi-temps, car j’ai droit à des disponibilités comme élue, explique-t-elle. Je me présenterai l’an prochain au concours pour devenir IA-IPR.» Il reste enfin un inspecteur mis à disposition du Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle dont il est le secrétaire général. Sa mission s’arrêtera le 28 octobre 2011, précise le rectorat.

Concours. Est-ce à dire que tout est parfait ? Il faut apporter un bémol. La Cour des comptes avait souligné qu’il ne devrait pas y avoir d’intégration automatique. Elle rappelait que certains IAP avaient été nommés sans aucune expérience ni qualification pour mener des inspections et juger de pédagogie. Et elle avait recommandé que l’on mette en place une formation et un examen à son issue. En réalité, le concours créé pour l’occasion afin de devenir IA-IPR ne semble pas très sélectif. Le candidat doit avoir une licence et présenter un dossier – CV, lettre de motivation, parcours professionnel. Puis il y a un entretien de trois quarts d’heure avec un jury. Sur le Web, beaucoup se moquent de ce concours fait sur mesure… Il y a tout de même eu deux recalés à la session 2009 : Jean-Yves Cerfontaine, nommé le 8 décembre 1992 par François Mitterrand, et Arnaud Teullé, promu le 2 mai 2008 par Nicolas Sarkozy – candidat UMP dissident à la mairie de Neuilly en mars 2008, il avait accepté de renoncer et avait été nommé dans la foulée.

Sur le site du ministère, on ne trouve pas trace en revanche de recalés en 2010. Pour la session 2011, la dernière avant l’extinction de ce corps, on peut espérer un excellent score.

Crédit photo: Flickr/Deborah Austin

Véronique Soulé

Source: Liberation

Le scandale des Inspecteurs d’Académie de Paris

Publié le: dimanche 6 novembre 2011

L’administration a mis fin aux fonctions de plusieurs inspecteurs d’académie de Paris. Ce corps de fonctionnaires nommés par l’Elysée est critiqué par la Cour des comptes.

Un ancien candidat à la mairie de Neuilly, un secrétaire national du PS et une ex-conseillère de Dominique de Villepin viennent de perdre leur job prestigieux d’inspecteur de l’académie de Paris. Est-ce la fin des nominations politiques ?

Six décrets « portant cessation de fonctions » ont été discrètement publiés au Journal officiel vendredi. Ce sont les noms des hauts fonctionnaires concernés qui font tiquer. Dans la liste, on trouve notamment :

- Arnaud Teullé, nommé en 2008… après les municipales : il avait perdu à Neuilly face à un autre candidat de droite… après avoir déjà dû céder sa place aux cantonales à Jean Sarkozy ;

- Nathalie Briot, nommée en 2007… avant la présidentielle : elle avait été la conseillère de Dominique de Villepin aux Affaires étrangères, à l’Intérieur puis à Matignon ;

- Christophe Borgel, nommé en 2002… avant une autre présidentielle : à l’époque conseiller de Jack Lang à l’Education nationale, il est aujourd’hui secrétaire national du PS en charge des élections et conseiller régional d’Ile-de-France.

Pourquoi l’Education nationale se prive-t-elle de leurs services ? Les décrets n’en disent évidemment rien. La réponse se trouve dans un rapport très sévère de la Cour des comptes, publié en février 2010, qui dénonçait « une survivance historique injustifiée ».

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Un poste idéal pour recaser ses proches

Car il ne faut pas confondre les « inspecteurs de l’académie de Paris » avec les « inspecteurs d’académie » tout court. Les premiers, une vingtaine de hauts fonctionnaires, constituent un corps d’élite, dont la création remonte à Napoléon.

Deux siècles plus tard, la Cour des comptes s’interroge sur l’utilité de ce corps pour l’Education nationale. En revanche, elle n’a aucun doute sur son utilité politique. C’est ce qu’on surnomme un « fromage » de la République : le poste est idéal pour recaser, récompenser ou consoler :

- pas besoin d’être un expert : il n’y a pas de concours, les nominations se font uniquement par décret du président de la République ;

- beaucoup de temps libre : le rapport note diplomatiquement qu’un tiers des inspecteurs a une « activité faiblement identifiée »… et s’étonne que certains n’aient même pas de bureau ;

- une rémunération généreuse : des débutants sans aucune expérience ont pu commencer à 4 500 euros net par mois, « à un niveau plus élevé que la plupart des hauts fonctionnaires en début de carrière ». Un « secret de famille » au ministère

La Cour des comptes ne donne aucun nom, mais ses conclusions sont accablantes :

« Les nominations de certains inspecteurs leur ont surtout permis de percevoir des revenus supplémentaires tout en conservant leur activité antérieure, ou bien d’obtenir une garantie de revenus en consacrant une part notable de leur temps, et parfois même largement prédominante, à des occupations d’ordre privé ou politique. »

Le 13 juillet, la Cour de discipline budgétaire et financière est allée plus loin. deux très hauts fonctionnaires de l’Education nationale ont été condamnés pour avoir validé une douzaine de nominations contestables. Les peines étaient symboliques – des amendes de 300 et 400 euros – et les véritables coupables étaient probablement ailleurs. Plus haut placés…

C’était « un secret de famille », comme l’avait résumé un responsable du ministère entendu par la Cour des comptes. Ce secret commençait pourtant à s’ébruiter : en 2009, l’Education nationale s’était engagée à supprimer dans les deux ans ce corps controversé.

L’Education nationale fait discrètement le tri Le ministère en a profité pour faire le tri. Une partie des hauts fonctionnaires concernés pourront continuer leur carrière à l’Education nationale, car des décrets les ont déjà titularisés comme inspecteurs d’académie « normaux ». Parmi eux, on retrouve par exemple :

- Anne Peyrat, ancienne conseillère culturelle de Jacques Chirac à l’Elysée ;

- Fabrice Larché, ancien chef de cabinet de Gilles de Robien à l’Education nationale, puis de Valérie Pécresse à l’Enseignement supérieur ;

- Raymond Riquier, ancien chef de cabinet adjoint de Lionel Jospin à Matignon.

Les autres ? Ils ont pris leur retraite, préféré changer de voie ou été discrètement remerciés. Une recherche dans les archives du Journal officiel permet de dresser la liste des hauts fonctionnaires titularisés à ce jour… et de noter plusieurs absences très politiques. Exemples :

- à gauche, Christophe Borgel mais aussi Nicole Baldet, ancienne cheffe du secrétariat particulier de Lionel Jospin à Matignon ;

- à droite, outre la villepiniste Nathalie Briot, deux des trois inspecteurs nommés par Nicolas Sarkozy : Arnaud Teullé, mais aussi David Teillet, ancien dirigeant de l’Uni, le syndicat étudiant de droite, passé ensuite par plusieurs cabinets ministériels.

Source: SNUipp

Nouveau classement Pisa : l’école française, cette élève «moyenne» qui ne progresse pas

Dans la nouvelle étude internationale Pisa sur les acquis des élèves, tombée ce mardi, les jeunes Français se classent, comme d’habitude, dans le milieu du tableau. Leurs résultats ne baissent pas, ils stagnent. Ce qu’il faut retenir.

Avec un score moyen de 493 points au classement Pisa, les élèves français sont légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. AFP/Frederick Florin

Les notes de la France sont stables… et ce n’est pas exactement une bonne nouvelle. L’école française produit toujours de très bons élèves, mais reste l’une des plus inégalitaires au monde. C’est ce qui ressort du dernier bulletin mondial des systèmes scolaires de la planète, publié ce mardi 3 décembre : le fameux classement « Pisa ».

Véritable baromètre des politiques éducatives, le « programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves » mesure tous les trois ans depuis 2000 le niveau des jeunes de 15 ans à travers le globe. Pour cette édition Pisa 2018, plus de 600 000 élèves dans 79 pays ont passé des tests mesurant leurs performances en lecture et écriture (thème majeur de cette édition), en mathématiques ainsi qu’en sciences. Il a fallu un an aux analystes pour trier et synthétiser les résultats, rassemblés en trois épais volumes.

La France légèrement au-dessus de la moyenne

En France, un échantillon représentatif de 6300 jeunes a réalisé les exercices. Leur note? Un score moyen de 493 points, légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Les écarts de performance étant parfois faibles, d’un pays à l’autre, l’organisation internationale n’établit pas un classement à proprement parler, mais constitue plutôt des groupes de pays aux résultats similaires. Ainsi, elle situe les jeunes Français entre la 15e et la 21e place des pays de l’OCDE, « au même niveau que l’Allemagne, la Belgique, le Portugal, la République tchèque et la Slovénie ».

Depuis la première édition de Pisa en 2000, le niveau des jeunes en lecture et en écriture n’a pas plongé : il est resté stable. « Nous avons une place honorable, mais le gros point noir reste les inégalités sociales devant la performance », résume Eric Charbonnier, analyste à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) spécialiste de l’éducation. En la matière, le Royaume-Uni, assez comparable à la France en matière de population, fait nettement mieux, avec 504 points.

Championne des inégalités, encore et toujours

En France, l’écart de résultat entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus de classes sociales défavorisées est de 107. C’est considérable, et très nettement au-dessus de la différence observée en moyenne dans les autres pays (87 points). Comme si les élèves français étaient coupés en deux planètes. Comme s’ils n’appartenaient, en fin de compte, pas au même système scolaire.

« Les élèves défavorisés ont cinq fois plus de risque de se retrouver en difficulté que les autres, en compréhension de l’écrit », relève Pauline Givord, analyste à l’OCDE qui a codirigé une partie de l’enquête Pisa. Plus inquiétant encore : les jeunes issus de milieux populaires nourrissent peu d’ambitions d’études post-bac, même quand ils sont bons élèves.

Au chapitre des inégalités, il n’y a qu’en Israël et au Luxembourg que les écarts sont encore plus élevés qu’en France. Ce constat alarmant n’est pas nouveau : le creusement des inégalités en France s’est observé entre 2003 et 2012 sans produire de choc significatif dans les politiques publiques. Cependant, « des efforts ont été faits depuis 2012, constate Eric Charbonnier de l’OCDE. Mais il est encore trop tôt pour en mesurer les effets. » Les premiers élèves à avoir bénéficié de la priorité accordée au primaire, et à la création de nouveaux postes d’enseignants, sous le quinquennat de François Hollande, ne seront en effet testés par Pisa que lorsqu’ils seront devenus lycéens… pour l’édition 2024.

Trop d’indiscipline en classe

Ce sont les jeunes eux-mêmes qui l’affirment, corroborant un constat déjà dressé par leurs enseignants : il y a trop de bruit dans les salles de classe. Un jeune de 15 ans sur deux déclare qu’il y a du chahut ou du désordre dans la plupart des cours, et un quart dans tous les cours! Un niveau inquiétant qui place l’Hexagone très bas dans le tableau des élèves sages. « Il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France », indique l’étude de l’OCDE.

Le phénomène pénalise surtout les élèves déjà les plus fragiles, puisqu’il s’observe majoritairement dans les établissements les plus en difficulté. Comment le résorber ? En améliorant la formation des enseignants français sur la gestion de classe, répondent les analystes de l’OCDE. Un conseil qui vaut pour la discipline comme pour le niveau en écriture, en maths ou en sciences.

D’une manière générale, « les pays les plus performants de Pisa sont ceux qui investissent massivement dans la revalorisation du métier d’enseignant, et dans la formation », observe Eric Charbonnier.

Source: Le Parisien

Blanquer va-t-il changer la gouvernance de l’éducation nationale ?

Et si on prenait les propos de JM Blanquer au sérieux ? Dans le Nouvel Observateur, en annonçant le recrutement des enseignants par les chefs d’établissement, le ministre de l’éducation nationale ouvre un nouveau chantier, celui de la gouvernance du système éducatif. Alors prenons le au sérieux. Quelles sont les idées de JM Blanquer en ce domaine ? Comment peut-il les pousser ? Bref à quoi faut-il s’attendre ?

Un nouveau tempo politique

Dans Le Nouvel Observateur, JM Blanquer montre beaucoup de détermination. « Il y a eu une élection présidentielle, des élections législatives… le peuple français a approuvé les orientations présentées, chacun doit en tenir compte », dit-il. Et il annonce sa volonté de faire recruter les enseignants  par les chefs d’établissement.

« Mon objectif est simple », dit-il. « Des établissements avec des équipes unies, partageant un projet éducatif fort. Dans ce cadre, oui, il est logique que le chef d’établissement ait un rôle à jouer en matière de recrutement… Les professeurs auraient tout à gagner à ces évolutions ».

A quelques jours de sa rentrée officielle, le 29 août au matin, le ministre marque sa volonté et ouvre un nouveau chantier. Pas n’importe lequel: celui qui peut mobiliser le plus les enseignants contre lui. Et il le fait à un moment clé de l’année scolaire : la rentrée.

Il y a donc dans ces propos plus qu’une idée lancée en l’air. C’est un nouveau tempo politique qu’annonce JM Blanquer. Celui des réformes de fond alors que le gouvernement et le président gardent encore une opinion majoritairement favorable. Des idées que le ministre devrait développer le 29 mars lors de sa conférence de presse de rentrée dont on sait déjà qu’elle est prévue pour être exceptionnellement longue.

Quelle sont les idées de Blanquer sur la gouvernance ?

Alors prenons JM Blanquer au mot. Et cherchons ses idées sur la gouvernance de l’Education nationale.

Faire recruter les enseignants par les chefs d’établissement n’a pas fait partie du programme Macron. Par contre l’idée est bien développée dans « L’école  de demain », le livre programme publié par JM Blanquer en 2016.

« Il faut repenser les mécanismes d’affectation et de mouvement qui constituent l’un des freins majeurs à la transformation du système éducatif », écrit-il. »Le recrutement sur profil pourrait être généralisé… comme c’est le cas dans l’enseignement privé ».

Ce que propose Blanquer c’est déjà de distinguer le concours et l’affectation. Après le concours les candidats enseignants devraient trouver un poste par eux mêmes en sollicitant les établissements. Le concours ne serait plus qu’une « habilitation à enseigner », précise JM Blanquer, « le recrutement étant de la responsabilité du chef d’établissement ». Pour lui c’est même le minimum, ou le premier pas vers l’autonomie.

Jean-Michel Blanquer défend l’idée d’un chef d’établissement « véritable responsable » de son établissement, assisté d’une équipe de direction de 5 à 10 personne comprenant des enseignants. Le chef d’établissement évaluerait les enseignants, les inspecteurs ayant en charge des audits d’établissement. La direction déciderait de la paye de chaque enseignant, celle  ci étant composée d’une partie récompensant « le mérite ». Le service des enseignants serait annualisé de façon à faciliter les remplacements.

JM Blanquer voit dans ce système l’avantage de favoriser la cohésion des équipes et l’adhésion au « projet » de l’établissement. « Ce système offre une liberté nouvelle aux professeurs qui peuvent candidater à des postes qui correspondent davantage à leur projet ». A noter que ce système ne serait pas mis en place que dans l’enseignement du second degré. Dans le primaire , JM Blanquer imaginait en 2016 des directeurs chefs d’établissement ou des circonscriptions associant collège et écoles de secteur.

Ce qu’on sait des pays où ce principe s’applique, la Suède ou les pays anglo saxons, c’est que se crée une hiérarchie des établissements, les enseignants jugés les meilleurs se dirigeant vers les établissements les plus gratifiants. Au lieu d’un recrutement par affinité, qui n’existerait que si les établissements étaient égaux,  on obtient une aggravation des écarts entre établissements, ceux des quartiers populaires récoltant les enseignants les moins bien formés.

Une nouvelle structuration de l’Ecole

Pour JM Blanquer,l’établissement doit disposer d’une large autonomie. Dans son livre JM Blanquer fustige « l’égalitarisme » dans les mêmes termes que dans Le Nouvel Observateur. Chaque établissement aurait une large autonomie en ce qui concerne les enseignements. Mais il serait soumis à un contrôle de ses objectifs. C’est cette logique de contrat que Blanquer imagine partout, dans les relations entre Etat et établissement comme entre celui-ci et les professeurs.

Mais la réflexion de JM Blanquer ne s’arrête pas au niveau de l’établissement. Il propose aussi de revoir l’organisation territoriale de l’Education de l’éducation nationale. Dans son livre il dessine trois niveaux de gestion. Celui des 13 académies, le département et une nouvelle circonscription taillée sur celles des IEN et regroupant primaire et secondaire. C’est gommer la vingtaine d’anciennes académies qui aujourd’hui gardent leurs compétences.

Que va retenir JM Blanquer de toutes ces idées ? La totalité ? Une partie ? Une chose semble certaine : c’est que la violence de ses attaques , dans le Nouvel Observateur, montre que le ministre est  déterminé à aller loin et fort. Il semble décidé à affronter l’opposition des enseignants et des « pédagogistes ».

A quoi sert la querelle des méthode de lecture ?

C’est peut-être l’autre élément qu’il faut retenir de cet entretien de rentrée. JM Blanquer affirme avoir le complet soutien de Macron. Le fait qu’il n’y ait pas de conseiller éducation scolaire à l’Elysée (mais un conseiller enseignement supérieur et scolaire) va en ce sens. La  nomination de son directeur de cabinet et du nouveau Dgesco aussi.

Le ministre n’hésite pas à relancer la guerre des méthodes de lecture. On se rappelle à quel point l’offensive menée par Robien et son directeur adjoint de cabinet, JM Blanquer, en 2006 a affaibli l’école , dressant les parents contre les professeurs des écoles. On sait aussi que cette querelle est totalement artificielle et qu’il n’en sortira rien que des violences inutiles.

C’est pourtant cette manoeuvre que JM Blanquer tente en ce moment. C’est peut-être sa façon de montrer sa détermination et de créer un rapport de force politique qui affaiblisse le monde enseignant. Dans tous les cas, il faut s’attendre à une rentrée offensive quai de Grenelle. Première étape le 29 août ou avant ?…

François Jarraud

Blanquer :les enseignants recrutés par le chef d’établissement

L’école de demain

Dossier Blanquer

Commentaires

  • Guillaume35, le 27/08/2017 à 18:30

    Est-il possible d’avoir un débat serein sur le recrutement des enseignants par les établissements scolaires ?  Pourquoi les poils de certains en France se dressent en évoquant ce sujet alors que cela se pratique dans des pays comme la Finlande qui a une politique très soucieuse de l’égalité des chances ?

    Ignore-t-on les recherchesde grande ampleur qui montrent l’impact positif du chef d’établissement dans sonrôle de leadership pédagogique ?¹

    Ignore-t-on en France lesMaisons Familiales Rurales (MFR) où les directeurs, entourés d’un conseild’administration, recrutent leurs propres enseignants ? Ces établissementsont des résultats remarquables et les enseignants y travaillant sont trèsheureux.

    Ignore-t-on que dans lafonction publique territoriale française, le concours ne donne pas droit à uneaffectation  mais à une possibilité d’exerceret que la liberté de recrutement est laissée aux collectivités locales ? Celaen fait-il de notre fonction publique territoriale un système ultralibéral ?

    Faut-il balayer ce sujet parce que le seul fait d’introduire une autorité verticale suscite des boutons chez certains ? Pourquoi autant de méfiance vis-à-vis de l’autorité comme sielle était nécessairement malveillante alors que sa mission première est d’impulser une dynamique ? Comment peut-on récuser l’autorité alors qu’on la demande pour nos élèves ?  Sans doute y a-t-ilune crainte du chef d’établissement tout puissant. Pour autant, celui-ci ne peut exercer seul sa responsabilité et c’est la raison pour laquelle il peut être épaulé par différents conseils (conseil d’administration, conseil pédagogique…)et doit pouvoir rendre des comptes aux autorités académiques.

    Que penser de notre systèmeactuel de mutation français où c’est le nombre d’années d’ancienneté ou uneperte de poste qui compte plus que la liberté de l’enseignant ?

    Peut-on se réjouir desituations aberrantes comme celle-ci : http://www.ouest-france.fr/normandie/alencon-61000/alencon-le-professeur-attend-sa-mutation-depuis-six-ans-4157326

    La France n’est-il pas lepays de l’OCDE où les enseignants sont les moins satisfaits professionnellement ? http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2015/04/24042015Article635654585305215511.aspx

    Idem pour les inspecteurs http://www.lexpress.fr/education/alerte-sur-l-epuisement-des-inspecteurs-de-l-education-nationale_1851635.html

    Le système de recrutement n’explique-t-ilpas en partie cette insatisfaction ?

    De plus, comment faire adhérer des enseignants à un projet éducatif d’établissement pourlequel ils n’ont pas été recrutés ? La cohésion d’une équipe éducative est-ellesimple à mettre en œuvre avec des enseignants qui ne partagent pas le mêmeprojet ?

    On peut être d’accord ou pas avec les décisions du ministre Blanquer (je ne partage pas son point de vue sur le retour aux 4 jours) mais dans tous les cas, la mesure et la clairvoyance doivent rester de mise. La position du Café pédagogique interroge lorsqu’il évoque « la violence des attaques » du ministre Blanquer et de son souhait « d’affronter l’opposition des enseignants et des « pédagogistes ». Pourquoi le Café pédagogique emploie-t-il un vocabulaire presque guerrier ? En quoi serait-il  le « défenseur » de la cause enseignante ? Pourquoi une telle réaction épidermique au lieu de poser sereinement le sujet sur la table ?
    Bien sûr que le recrutement des enseignants par les chefs d’établissements ne fera pas tout dans l’amélioration du système éducatif (il y a la formation, le travail coopératif des enseignants). Mais, au lieu d’en faire un sujet « brûlant », faisons en un débat digne de ce nom !

    ¹ «  L’efficacité dans l’enseignement », dirigé par Xavier Dumay et Vincent Dupriez  etpublié en 2009 fait état des différentes recherches sur l’efficacité de l’enseignement.

    • Viviane Micaud, le 28/08/2017 à 09:41
      Il me semble que votre raisonnement a une faille de logique.
      – Oui, l’animation faite par le chef d’établissement de son équipe est fondamental pour la réussite des élèves. Cela suppose de lui donner les moyens d’établir la confiance dans une équipe, des missions claires et stables, une formation au management par l’empowerment.  Le plus important est que le rectorat soit capable de ne pas désavouer les profs chaque fois qu’un parent se plaint (à tort ou à raison). Et que le « système de gouvernance » de l’Education nationale soit capable de ne pas envoyer d’instructions infantilisantes sur ce qui devrait être de la liberté d’action du chef d’établissement.
      – Oui, il y a un problème dans le système d’affectation, de mutation et de promotion des enseignants. Pour les enseignants et pour l’efficacité du système. Il n’est pas souhaitable d’avoir des enseignants débutants dans les classes les plus difficiles. Ni pour l’enseignant, ni pour l’élève, ni pour la nation (car le suivi à l’âge adulte d’un jeune qui sort du système scolaire sans maîtriser la lecture en état de découragement a un coût chiffrable, en partie.)
      – Non, la solution du recrutement par le chef d’établissement dans tous les établissements, n’est pas pertinente. Pourquoi? parce que cela crée une concurrence entre les écoles qui crée un comportement de consommateur chez les parents, et un comportement « marketing » des établissements. Or dans l’éducation tout ce qui est important n’est pas mesurable. C’est pour cela qu’une gestion basée uniquement sur les indicateurs mettrait en place une « tyrannie du chiffre » qui conduit à des dysfonctionnements graves au bout de 2 ans. (désengagement généralisé des impliqués-sincères, or ce sont les impliqués-sincères qui font la performance en tirant les opportunistes).
      Donner cette possibilité dans les établissements à valoriser car souffrant d’un déficit d’image, où étant situés dans une zone particulière peu accessible, peut être intéressante. Les critères doivent être précis.

Source: Café pédagogique

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Dossier composé par: Jean de Dieu MOSSINGUE

Économiste, Théoricien de la Relativité économique et sociétale, Expert hors classe en Analyse stratégique et en Intelligence économique et globale

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