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La Turquie fait face à une défaite stratégique à Idlib après avoir manqué à ses engagements envers la Syrie

Commandos de l’armée turque avec véhicules blindés de transport de troupes dans le district de Reyhanli à Hatay, Turquie, 13 février 2020 © Getty Images / Cem Genco / Anadolu Agency

En vertu de l’accord de Sotchi de 2018, la Turquie était censée désarmer et se dissocier de l’organisation terroriste Hayat Tahrir al-Sham. Son échec à cet égard a semé les graines de l’inévitable défaite de la Turquie en Syrie.

Lorsque la Turquie a donné son poids à la rébellion anti-Assad en 2011, elle l’a fait en pensant qu’elle serait en mesure de dicter le résultat sur le terrain en contrôlant les principales forces de résistance organisées, à savoir la soi-disant Armée syrienne libre (ASL), formé des rangs de transfuges de l’armée syrienne et de divers groupes de combattants islamistes affiliés aux Frères musulmans. Mais la rébellion a pris sa propre vie, et en 2012, un islamiste syrien combattant pour Al-Qaïda en Irak est retourné en Syrie pour former une nouvelle organisation de résistance fidèle à Al-Qaïda qui est devenue connue sous le nom de Front Al Nusra.

Au fil du temps, le Front Al Nusra d’Abou Mohammad al-Jolani est devenu l’organisation de combat anti-régime la plus efficace, dépassant l’ASL sous contrôle turc pour sa pertinence sur le champ de bataille. L’affiliation d’Al-Nusra Front à Al-Qaïda, cependant, a nui à sa capacité à recevoir des financements extérieurs, des armes et de l’équipement, et à partir de 2015, Al Nusra Front a subi une série d’efforts de changement de marque, avant de prendre son nom actuel, Hayat Tahrir al-Sham (HTS) , début 2017. Mais les efforts de changement de marque n’ont pas pu changer le fait que HTS est resté un groupe terroriste désigné aux yeux d’une grande partie du monde, y compris la Turquie.

Aujourd’hui, le HTS de Jolani comprend la majeure partie des quelque 30 000 combattants anti-régime opérant dans la province d’Idlib, le dernier bastion du territoire contrôlé par les rebelles en Syrie. L’armée syrienne, soutenue par des milices pro-iraniennes et l’armée de l’air russe, attaque les positions de la FSA et du HTS à Idlib depuis 2015 pour restaurer l’autorité du gouvernement syrien sur la région. En septembre 2018, pour épargner à la population civile d’Idlib les dépravations de la guerre, un cessez-le-feu a été convenu par les dirigeants de la Russie, de la Turquie et de l’Iran lors d’un sommet organisé dans la station russe de la mer Noire de Sotchi.

«Pire scénario»: le Kremlin critique la menace d’opérations militaires de la Turquie contre le gouvernement syrien à Idlib

Aux termes du soi-disant accord de Sotchi, la Russie et la Syrie renonceraient à des opérations militaires offensives à Idlib en échange de l’application par la Turquie de ce que l’on appelle les «zones de désengagement», où les forces anti-régime rendraient leurs armes lourdes et leurs combattants des organisations terroristes désignées, comme le HTS de Jolan, seraient désarmés et évacués.

Pour soutenir cet effort, la Turquie a créé une série de «postes d’observation» lourdement armés dans toutes les «zones de désengagement». Cependant, au lieu de désarmer l’ASL et d’expulser HTS, la Turquie a utilisé les avant-postes comme dissuasion pour toute nouvelle action offensive de la Russie et des forces armées syriennes. En bref, la Turquie n’a pas respecté la quasi-totalité de ses engagements au titre de Sotchi. À l’été 2019, la Russie et la Syrie ont décidé que le cessez-le-feu n’était plus en vigueur et ont renouvelé leur offensive, ciblant les forces HTS creusées dans et autour des «zones de désengagement» désignées.

Cette offensive a réussi à détruire ou à déplacer des dizaines de milliers de chasseurs HTS, entraînant la reprise de nombreuses villes stratégiques par l’armée syrienne, ainsi que de vastes étendues de territoire. Les forces turques dans les postes d’observation étaient impuissantes à arrêter l’offensive et, en février 2020, dix des douze postes d’observation avaient été encerclés par l’armée syrienne.

L’impuissance apparente de l’armée turque face à l’attaque combinée russo-syrienne a enragé et embarrassé le président turc Recep Erdogan, qui a envoyé quelque 5 000 soldats accompagnés de centaines de pièces d’équipement militaire, y compris des chars, des véhicules blindés de combat et des pièces d’artillerie dans Idlib. Certaines de ces forces ont été prises sous le feu des militaires syriens, avec au moins 13 soldats turcs tués. La Turquie affirme avoir répondu en nature, tuant des dizaines de soldats syriens.

L’opération militaire turque à Idlib n’est qu’une « question de temps », avertit Erdogan à Damas

Les pertes en vies humaines n’ont fait qu’énerver encore plus Erdogan, le poussant à menacer de destruction les forces armées syriennes et russes opérant à Idlib si elles ne se repliaient pas sur les positions occupées au moment de l’accord de Sotchi. La réponse des militaires russes et syriens a été de poursuivre l’attaque, ce qui a entraîné le retour d’un plus grand nombre de villes et de territoires au gouvernement syrien.

En ne respectant pas ses obligations au titre de l’accord de Sotchi de désarmer et de dissoudre les unités HTS opérant à l’intérieur de la province d’Idlib, la Turquie a ouvert la porte à l’action offensive en cours des forces appartenant à la Syrie et à la Russie. En envoyant des milliers de soldats turcs à Idlib, Erdogan espérait que ni la Russie ni la Syrie ne chercheraient à intensifier les combats à Idlib pour inclure des engagements force contre force avec un membre de l’OTAN. Lorsqu’une délégation militaire russe, envoyée dans la capitale turque Ankara au début de la semaine dernière, n’a pas réussi à convaincre ses homologues turcs de reculer, Erdogan a doublé en déployant encore plus de troupes et d’équipements à Idlib, et en menaçant d’expulser de force l’armée syrienne à la fin du mois s’ils ne cessent pas leurs attaques.

L’armée syrienne a répondu en encerclant encore plus d’avant-postes militaires turcs, en récupérant tout Alep des forces HTS et FSA et en pénétrant plus profondément dans le territoire tenu par HTS. Le bluff d’Erdogan avait été effectivement arrêté. Les Turcs se trouvent désormais dans une situation impossible. Dans une tentative désespérée de s’isoler des HTS, les Turcs ont ordonné à toutes les forces de l’ASL qui avaient été envoyées pour renforcer le territoire contrôlé par les HTS de retourner sur le territoire contrôlé par les Turcs, isolant effectivement les forces des HTS sur le champ de bataille, où elles ont ensuite été détruites ou forcé de se retirer plus profondément dans ce qui reste de leur bastion d’Idlib.

Pour les troupes turques encore déployées à l’intérieur d’Idlib, leur situation est devenue de plus en plus périlleuse. Leur nombre et leurs dispositions excluent toute chance de défense significative d’Idlib, même si la décision a été prise d’engager l’armée de l’air russe et l’armée syrienne. Le mieux que les Turcs puissent espérer à ce stade est un nouveau cessez-le-feu qui permette à ses forces militaires à Idlib d’être retirées en toute sécurité avec leur honneur intact. En tout état de cause, en alignant ses intérêts sur ceux de Jolani et du HTS, en violation de l’accord de Sotchi de 2018, la Turquie a rendu sa position à Idlib insoutenable à la fois militairement et politiquement.

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Les déclarations, points de vue et opinions exprimés dans cette colonne sont uniquement ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de RT.

Scott Ritter

Scott Ritter est un ancien officier du renseignement du US Marine Corps. Il a servi en Union soviétique comme inspecteur de la mise en œuvre du traité INF, dans le personnel du général Schwarzkopf pendant la guerre du Golfe et de 1991 à 1998 en tant qu’inspecteur des armes de l’ONU. Suivez-le sur Twitter @RealScottRitter

Traduction : MIRASTNEWS

Source : RT

L’intervention de l’armée américaine à Idlib

1 Irak-Syrie

Une colonne de 50 véhicules militaires de l’armée américaine est parti d’Irak pour la Syrie, en dépit des déclarations du conseiller du président des Etats-Unis à la sécurité nationale Robert O’Brien que les Etats-Unis n’interviendrait pas dans la situation sur place dans le gouvernorat d’Idlib. C’est ce que rapporte dimanche le chaîne Sky News Arabia. Plus tôt le président turc Recep Erdogan, cité par la chaîne NTV, avait informé que les déclarations des Etats-Unis sur la Syrie ne suscitaient pas de confiance à Ankara.

2 OTAN-Turquie

L’OTAN ne va pas accorder l’aide militaire à Ankara en cas d’opération turque dans le nord de la Syrie. « Les pays de l’OTAN ne soutiendront pas l’activisation du 5e article à cause des militaire turcs morts à Idlib au début du février. L’OTAN n’envisage pas d’accorder à la Turquie l’aide militaire en cas d’opération dans cette région », — cite TASS les propos d’une source diplomatique au sein de la mission d’un pays allié à Bruxelles.

3 Etats-Unis – Turquie

Le 15 février, lors de la conversation téléphonique du président américain Donald Trump avec son homologue turc Recep Erdogan, Trump a exprimé la préoccupation par la situation à Idlib en condamnant l’appui accordé par la Russie au gouvernement syrien. C’est ce que dit le message diffusé ce dimanche par le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche Judd Deere. Trump a souhaité que la Russie cesse d’appuyer Bachar el-Assad et « soutienne le règlement pacifique du conflit », — dit le message.

4 Russie – Syrie

Le porte-parole du président Russe Dmitri Peskov a commenté les paroles du président américain Donald Trump qui, lors d’une conversation téléphonique avec le leader turc Recep Erdogan, a condamné l’appui accordé par la Russie au gouvernement syrien. « Les forces armées russes, des conseillers russes continuent d’appuyer les forces armées de Syrie dans la lutte contre des terroristes. Nous sommes toujours désolés que ces terroristes ont intensifié leur activité d’Idlib », — a dit Peskov.

5 Libye

Le chef du gouvernement d’union nationale de la Libye, reconnu par l’ONU, Fayez el-Sarraj a déclaré qu’à cause du blocage des terminaux pétroliers par l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar la situation en Libye etait désastreuse. Il a souligné que malgré les appels à la stabilité en Libye, la communauté internationale n’a pas fait de démarches concrètes. « Le pétrole est la source principale des revenues en Libye », — le cite The Times. Selon el-Sarraj, le pays est confronté à une crise financière.

6 Chine

L’agence Xinhua informe, lundi, que le gouvernement chinois pourrait reporter les sessions du législatif et du consultatif à cause de l’épidémie du coronavirus. Ce sujet a été inclu dans l’agenda au cours de la réunion actuelle du Congrès national des représentants du peuple – l’organ suprême législatif de la Chine. Lundi, les autorités ont également proposé d’interdire le trafic d’animaux sauvages dans le pays, car ils sont considérés comme une source possible de prolifération du coronavirus.

Source: Anna News

Des dizaines de membres des unités spéciales turques ont été capturés par l’armée syrienne.

Des soldats de l’armée syrienne avancent sur une route dans la campagne du nord d’Alep le 17 février 2020. ©AFP

Des dizaines de commandos turcs ont été capturés par l’armée syrienne. Le site web russe Avia.pro a mis en ligne une vidéo enregistrée par son correspondant Oleg Blokhin, selon laquelle plusieurs dizaines de militaires turcs ont été capturés par les forces syriennes. L’opération a eu lieu sur l’autoroute M5, récemment libérée par des forces gouvernementales syriennes.

« Une importante quantité de matériel militaire turc a été saisie par les troupes syriennes sur l’autoroute stratégique Damas-Alep (M5), qui a été dernièrement reprise aux terroristes à la solde de la Turquie », a-t-on appris de la même source.

Plusieurs soldats turcs ont été contraints de fuir les champs de bataille en Syrie par crainte de perdre la vie.

« Quelques jours auparavant, le ministère turc de la Défense avait pourtant déclaré que les forces spéciales de l’armée turque allaient se battre jusqu’au bout », ironise le journaliste d’Avia.pro. Et de poursuivre : « Mais ici, vous voyez une triste image… les Turcs fuient devant l’armée syrienne ».

Lire aussi: Libération d’Alep: fin du rêve d’Erdogan en Syrie ?

 Ankara n’a jusqu’à présent apporté aucun commentaire sur la capture de ses militaires par les forces syriennes. Cela étant dit, la Turquie va toujours plus loin dans ses provocations.

La Turquie s’entête? 

Toujours selon Avia.pro, la Turquie a fermé son espace aérien aux chasseurs russes dont la destination est la Syrie. Ankara a interdit à un appareil russe Tu-154 d’entrer dans son espace aérien. Il semble que plusieurs avions de chasse russes dont deux Su-24 aient été également défendus de sillonner le ciel turc. Récemment, la Turquie n’a pas permis aux bombardiers russes de traverser la zone aérienne au-dessus de l’autoroute M5 pour venir se déposer à la base aérienne de Hmeimim. Cela a obligé les avions militaires russes à traverser la mer Caspienne, l’Iran et l’Irak pour atteindre la base Hmeimim. Les relations déjà déplorables entre la Russie et la Turquie se sont aggravées ces derniers jours. Les militaires russes peuvent commencer à bloquer les itinéraires à des convois et des patrouilles militaires turcs, notamment en arrêtant l’approvisionnement des postes d’observation turcs dans les provinces d’Idlib et d’Alep. « C’est un tournant dangereux qui pourrait coûter cher à Ankara, constate le site citant des analystes, un tournant qui n’ira pas arranger grand-chose, l’idée d’une zone “no fly” ayant été enterrée par le puissant système de DCA syro-russe. »

Source: Press TV

Rassemblement populaire de masse sur la place Sa’adallah al-Jaberi à Alep pour célébrer les victoires de l’armée

Les forces turques se retirent des villages de la région rurale de Tal Tamr pour des raisons inconnues

Des militants de l’Observatoire syrien disent que les forces turques ont évacué de nouvelles positions dans la campagne de Tal Tamr une semaine après leur retrait de plusieurs zones. Selon des sources du SOHR, les troupes turques se sont retirées des villages de Harras, Al-Souda, Al-Manajir et Al-Shabliyah, après avoir allumé leur quartier général en feu. Aucune information n’a encore été rapportée sur les raisons de ce retrait.

« Il y a un état de tension entre les forces turques et leurs mandataires syriens qui prévalent dans la région », ont ajouté les sources.

Le 12 février, des militants du SOHR ont rapporté avoir vu des troupes turques se retirer de leurs positions dans les villages de Helewah, Jamus, Arishah, Mahmoudiyah, Al-Sudah, Al-Said et Kherbet Jammu dans la région de Tal Tamr – Abu Rasin. Aucune information n’a encore été rapportée sur les raisons de ce retrait.

Des sources ont laissé entendre que ces domaines ne faisaient pas partie des plans de la Turquie. Un groupe de forces en retraite s’est dirigé vers le village de Tal Halaf, à près de trois kilomètres à l’ouest de la ville de Ras Al-Ain.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : syriahr.com

La confrontation entre la Turquie et la Syrie à Idlib se poursuivra, le conflit libyen pourrait être utilisé comme élément de négociation – Analyste

Turkish soldiers

© AFP 2019 / OZAN KOSE

Les forces du gouvernement syrien et ses alliés sont capables de reprendre Idlib et de rétablir le contrôle de Damas sur la province, mais à un coût, dit le vétéran militaire des Etats-Unis d’Amérique et analyste en sécurité Mark Sleboda prévoyant un scénario de conflit gelé et expliquant comment un conflit libyen peut devenir une monnaie d’échange dans les pourparlers avec la Turquie.

Ayant rassemblé une force militaire considérable à Idlib, Ankara a menacé de lancer une opération dans la région d’ici fin février si Damas n’arrêtait pas son offensive et se retirait derrière les positions militaires turques.

« Une opération à Idlib est imminente », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan à ses collègues du parti lors de la réunion du 19 février. « Nous comptons, nous faisons nos derniers avertissements. »

Depuis un certain temps, les forces gouvernementales syriennes anéantissent des éléments terroristes dans la région, ce que les Turcs auraient dû faire dans le cadre de l’accord de Sotchi de septembre 2018.

Balance des forces actuelle à Idlib

« Le gouvernement syrien a suffisamment de force militaire à long terme pour reprendre Idlib avec l’aide de ses alliés – la Russie et l’Iran », a déclaré Mark Sleboda, un vétéran militaire des Etats-Unis d’Amérique et analyste des affaires internationales et de la sécurité. « Cependant, cela peut prendre plusieurs années pour mener à bien cette tâche. Idlib est contrôlé à plus de 90% – et cela inclut les régions avoisinantes de la province de Lattaquié – par Hayat Tahrir al-Sham* ».

Décrivant l’équilibre des pouvoirs dans la province d’Idlib, Sleboda a souligné qu’en plus de Hayat Tahrir al-Sham et des groupes djihadistes qui lui sont subordonnés – le Parti islamique du Turkistan et Hurras al-Din, doublé par l’analyste « Al-Qaïda au carré ». « Entre ces trois groupes, il y a au moins 50 000 djihadistes sous les armes ».

Outre ces forces, il y a un important contingent amené par la Turquie, appelé le Front de libération nationale (Jabhat al-Wataniya Lil-Tahrir) et l’Armée nationale syrienne (ANS ; SNA en anglais) pour soutenir la province d’Idlib contre le gouvernement syrien. Ces deux formations sont composées de restes de divers groupes djihadistes opérant depuis 2011 sur le terrain et représentant entre 50 000 et 80 000 militants armés, a souligné le vétéran des Etats-Unis d’Amérique. Il a ajouté qu’ils sont basés principalement dans la zone du couloir Jarabulus et Afrin, qui est sous occupation militaire directe par les troupes turques.

« En plus de cela, l’armée turque a envoyé quelque 9 500 soldats et 1 500 véhicules militaires, notamment des chars, de l’artillerie, des obusiers et des véhicules blindés de transport de troupes à Idlib », souligne Sleboda. « Donc, en ce moment, il y a à Idlib une force d’environ 100 000 militants qui résiste à l’avancée de l’armée syrienne. »

Bien que Damas et ses alliés puissent reprendre cette zone, ce serait un combat difficile, et cela pourrait prendre beaucoup de temps pour cela, et cela coûtera cher, a résumé l’analyste de la sécurité.

Pendant ce temps, le gouvernement syrien a atteint l’un de ses principaux objectifs qui est de sécuriser la route M5 longue de 450 kilomètres qui traverse le pays du nord au sud, d’Alep à Damas et à la frontière avec la Jordanie.

Selon Sleboda, la deuxième étape importante serait de sécuriser l’autoroute M4 qui part de la M5 à Idlib et se rend dans la province côtière de Lattaquié qui est presque entièrement sous le contrôle de Damas, à l’exception de certaines zones.

Il souligne qu’en vertu de l’accord de Sotchi conclu par la Russie et la Turquie en septembre 2018, les M4 et M5 auraient dû être ouverts au trafic civil et les armes lourdes auraient dû être éliminées des terroristes opérant dans la région. Cependant, ces objectifs n’ont pas été atteints à ce jour.

Turkish military convoy is seen near the town of Idlib, Syria, Wednesday, Feb. 12, 2020

© AP Photo / Ghaith Alsayed
Un convoi militaire turc est vu près de la ville d’Idlib, en Syrie, le mercredi 12 février 2020

Les conflits libyens et syriens sont entrelacés

Le conflit turco-syrien sur Idlib et l’implication d’Ankara dans la Libye déchirée par la guerre du côté du gouvernement d’accord national (GNA) sont dans une certaine mesure étroitement liés, selon le vétéran militaire états-unien.

« De toute évidence, il existe un lien entre les deux conflits », explique Sleboda. « Au tout début du conflit, des militants et des armes étaient envoyés par la Turquie d’Idlib en Syrie, et maintenant, fondamentalement, le flux inverse se produit: la Turquie envoie certaines de ses forces par procuration se battre pour ses intérêts en Libye, pour la défense de le régime affilié des Frères musulmans* à Tripoli ».

Selon le vétéran états-unien, Ankara fait face à des difficultés spécifiques sur le terrain en Libye puisque le seul pays qui soutient le gouvernement basé à Tripoli en dehors de la Turquie est le Qatar. J’ai précisé que le GNA ne contrôle actuellement que Tripoli et Misrata entourés de l’Armée nationale libyenne (ANL ; LNA en anglais) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar.

En revanche, Haftar est soutenu par la Russie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), l’Égypte, la France et peut-être même l’Italie, qui avaient auparavant jeté son poids derrière Tripoli.

« Les intérêts de la Turquie dans les deux conflits doivent être liés non seulement à des définitions strictes des intérêts nationaux mais aussi à l’idéologie », fait remarquer l’analyste.

Cela dit, Sleboda présume que la carte de la Libye pourrait être utilisée par la Russie pour persuader la Turquie de faire des concessions en ce qui concerne la Syrie et, plus précisément, Idlib.

Russian military police near the town of Darbasiyah  in Hasakeh province

DELIL SOULEIMAN
Police militaire russe près de la ville de Darbasiyah dans la province de Hasakeh

«Le conflit gelé à Idlib est le scénario le plus probable»

Bien que la Russie et la Turquie aient des relations économiques importantes avec Ankara et y soient plus intéressées que la Russie, le gouvernement Erdogan a certaines ambitions géopolitiques qui sont liées par beaucoup à l’idéologie géopolitique néo-ottomane, souligne Sleboda.

« Dans ce cas, les ambitions géopolitiques de la Turquie en Syrie, en Irak et ailleurs sont en contradiction avec ses bonnes relations économiques avec la Russie », souligne-t-il. « La Turquie n’a manifestement pas respecté les termes de l’accord de Sotchi. La Russie a été incroyablement patiente envers la Turquie, mais cela a commencé à devenir un peu plus dur alors que la rhétorique d’Erdogan contre la Russie et les forces gouvernementales syriennes à Idlib se durcit et plus dur. »

Sleboda prévoit que les relations russo-turques continueront de s’aggraver mais « ils essaieront d’éviter un conflit militaire direct ».

« Je crois qu’un nouveau conflit gelé est probablement le résultat le plus probable à Idlib. La Turquie utilisera ses forces militaires et ses mandataires pour créer une nouvelle ligne de contrôle à Idlib, qui sera plus fortement appliquée et cherchera à empêcher le gouvernement syrien et le russe avance », suggère-t-il.

Il souligne que si les Turcs sont sages, ils ne chercheront pas à viser l’autoroute M4 qui est certainement l’armée arabe syrienne et le prochain point de libération de la Russie, ce qui est très important pour l’économie et la sécurité nationale de la Syrie.

Dans ce scénario de conflit gelé possible, il y aura de plus en plus d’incidents où les forces turques attaquent les troupes du gouvernement syrien avec de l’artillerie, a-t-il prédit, soulignant que les Turcs et les Russes éviteront de s’engager directement les uns avec les autres sur le terrain dans la province.

« Il y a une forte possibilité que la Turquie convienne avec les [affiliés] d’al-Qaïda de démanteler publiquement et de mettre un « uniforme de procuration » afin que la Turquie puisse prétendre qu’il n’y a plus d’extrémistes à Idlib », présume-t-il, ajoutant que des groupes djihadistes inconditionnels tels que Jaish al-Islam l’ont déjà fait.

Ekaterina Blinova

*Hayat Tahrir al-Sham, al-Qaïda, le Front al-Nusra et les Frères musulmans sont des groupes terroristes interdits en Russie.

Les vues et opinions exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de Sputnik.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Sputnik News

EXCLUSIF: la Turquie a promis une guerre à grande échelle en Syrie, la Russie est prête à réagir

ANKARA, DAMAS, MOSCOU – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a publié une déclaration dans laquelle il promettait de lancer une opération militaire à grande échelle en Syrie pour aider les militants contrôlés, déclarant une action décisive, y compris contre la Russie, a appris BulgarianMilitary.com citant plusieurs agences de presse.

 «Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé aujourd’hui 19 février que l’opération militaire turque à Idlib est inévitable et qu’il a pris une décision finale sur cette question, rejetant la proposition russe de résoudre le conflit. La dirigeante turque a déclaré que la Turquie ne laisserait pas Idlib au régime syrien, et elle est déterminée à le transformer en une zone sûre et y parviendra malgré un dialogue continu avec la partie russe. Les négociations tenues hier à Moscou entre les délégations turque et russe se sont soldées par un échec, la Russie ayant présenté une proposition visant à limiter la présence de la Turquie dans la bande frontalière à 16 kilomètres au nord d’Idlib», a déclaré la publication InosMI citant les médias turcs.

Si la Turquie entame une opération militaire en Idlib syrien, la communauté internationale percevra cela comme une invasion, a déclaré à RIA Novosti Mahmoud Afandi, secrétaire du mouvement d’opposition syrien Diplomatie populaire.

«C’est une chose de lancer une opération contre les forces kurdes, que la Turquie considère comme des terroristes, mais c’est complètement différent de lancer des opérations militaires contre l’armée d’un État souverain et un membre des Nations Unies. Cela sera considéré comme une invasion, une occupation, et cela est interdit par le droit international», a déclaré Afandi.

Il a également souligné qu’une attaque contre Idlib pourrait conduire à une «catastrophe humanitaire».

À son tour, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, commentant la situation, a noté que Moscou continuera à utiliser ses contacts avec Ankara pour arrêter l’escalade de la tension à Idlib.

«Nous étions satisfaits des accords conclus il y a plus d’un an à Sotchi, et c’était une satisfaction mutuelle, et nous avons absolument cessé d’être satisfaits après le début des actions offensives des militants et des groupes terroristes contre les forces armées syriennes et l’armée russe à partir du territoire en objets d’Idlib. C’est là que notre satisfaction a pris fin», a déclaré le porte-parole présidentiel.

Ainsi, selon Peskov: «Si nous parlons d’une opération contre des groupes terroristes à Idlib, alors ce seront des actions conformes aux accords de Sotchi, car la neutralisation de ces groupes terroristes est de la responsabilité de la partie turque <…>. Si nous parlons d’opérations contre les autorités légitimes de la République syrienne, les forces armées de la République arabe syrienne, alors c’est le pire des cas.»

Négociations russo-turques

La première étape des négociations entre la Russie et la Turquie sur Idlib a eu lieu à Ankara la semaine dernière, la deuxième à Moscou lundi et mardi.

La délégation russe était composée du Représentant spécial du Président pour la colonie syrienne, Alexander Lavrentyev, du Vice-Ministre des affaires étrangères, Sergey Vershinin, ainsi que de représentants du Ministère de la défense. La délégation turque était conduite par le vice-ministre des Affaires étrangères Sedat Onal.

La situation à Idlib

Conformément à l’accord conclu en mai 2017 par des représentants de la Russie, de l’Iran et de la Turquie, quatre zones de désescalade ont été créées en Syrie. Le territoire de trois d’entre eux en 2018 est passé sous le contrôle de Damas. La quatrième zone, située dans la province d’Idlib et dans certaines parties des provinces voisines de Lattaquié, Hama et Alep, n’est toujours pas soumise au gouvernement de la république.

De plus, la majeure partie a été capturée par des terroristes de Jebhat al-Nusra*. En septembre 2018, la Russie et la Turquie ont convenu de créer une zone démilitarisée à Idlib, où il y a plus d’une douzaine d’unités différentes.

Le 26 janvier, l’armée syrienne a lancé une offensive à l’ouest d’Alep dans le cadre des bombardements quotidiens par des terroristes des zones résidentielles de la ville, qui ont tué des dizaines de civils.

Au milieu de l’escalade, Ankara et certains de ses partenaires accusent Damas de frapper des cibles humanitaires et l’armée turque. Le gouvernement syrien a déclaré à plusieurs reprises que la cause de l’instabilité dans la région était les actions des terroristes.

Boyko Nikolov

Traduction : MIRASTNEWS

Source : BulgarianMilitary.com

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