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Les actions plongent face à la double menace de chute brutale des prix du brut et aux craintes de récession liées aux coronavirus

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Le marché boursier des Etats-Unis d’Amérique voit une perte de plus de 2000 en pleine panique du coronavirus

A trader works on the floor of the New York Stock Exchange (NYSE) in New York, U.S., March 9, 2020. REUTERS/Bryan R Smith

© REUTERS / BRYAN R SMITH

La Bourse de New York (NYSE) a terminé lundi avec sa pire perte depuis décembre 2008, le Dow Jones reculant d’environ 2 000 points. L’effondrement a été provoqué par un ralentissement économique prévu causé par la propagation du coronavirus COVID-19 et ses quarantaines associées, les restrictions de voyage et la diminution des échanges.

Les marchés boursiers mondiaux ont plongé alors que la semaine de négociation d’ouverture a été éclipsée lundi par des ventes de panique déclenchées par des craintes concernant la double menace de l’épidémie de coronavirus et une chute des prix du pétrole à la suite de l’échec à parvenir à un accord sur les réductions de la production de brut dans le cadre de la Accord OPEP +.

Le FTSE 100 britannique et le DAX allemand ont enregistré 7,06% et 7,61% de piqué, enregistrant respectivement 6 007 points et 10 662 points, selon Reuters.

Le FTSE MIB italien a chuté de 10,18% à 18 722 points, le pays assiégé restant le plus touché par l’épidémie de coronavirus parmi les pays européens.

Le CAC 40 français a baissé de 6,5%, tandis que le bouquetin espagnol a perdu 6,3%, tandis que l’indice FTSE Mib a chuté de 10%.

A worker sweeps the floor after the closing bell of the Dow Jones at the New York Stock Exchange, March 24, 2017 in New York

© AFP 2020 / Bryan R. Smith
Un travailleur balaie le sol après la cloche de fermeture du Dow Jones à la Bourse de New York, le 24 mars 2017 à New York

Les négociations sur les bourses des Etats-Unis d’Amérique ont été interrompues après l’ouverture, le S&P 500 ayant chuté de 7%, déclenchant une coupure automatique de 15 minutes, mise en place après la crise financière de 2008-2009.

Les rendements de référence sur dix ans ont chuté à un creux record de 0,318% et se sont maintenus à 0,487%.

L’indice du dollar par rapport à un panier de devises a reculé de 0,4%.

Peter Cardillo, économiste en chef des marchés chez Spartan Capital Securities à New York, a été cité par Reuters:

«Il s’agit essentiellement de ventes de panique créées par la forte baisse des prix du pétrole. Il y a beaucoup de peur sur le marché et si le prix du pétrole continue de baisser, cela indique qu’une récession mondiale n’est pas loin. Nous voyons qu’avec l’or, les rendements du Trésor s’effondrent et le dollar aussi. Nous ne sommes pas loin d’entrer sur le marché baissier, un autre signe de déclin économique.»

Plus tôt, les marchés boursiers d’Asie-Pacifique ont également enregistré d’énormes pertes.

Les craintes de l’épidémie de Covid-19 provoquant une récession en Australie ont vu la fermeture du marché des actions à 7,4%.

Au Japon, le Nikkei a chuté de plus de 5%, le Hang Sen de Hong Kong a perdu 3,9% et une baisse d’un peu plus de 3% a été enregistrée à la bourse de Shanghai.

L’indice de référence du Japon a reculé de 5,1%, celui de l’Australie de 7,3% et celui de Shanghai en Chine de 3%.

Neil Wilson, l’analyste en chef du marché de la plateforme de négociation Markets.com, a été cité par The Guardian comme disant:

«Cela restera dans les mémoires comme le lundi noir. Si vous pensiez que cela ne pouvait pas être pire que la dernière quinzaine, détrompez-vous.»

Les prix du pétrole plongent

Les prix du pétrole ont perdu jusqu’à un tiers de leur valeur lundi alors que les marchés mondiaux, déjà agités par les craintes des coronavirus, ont été renversés par la décision de l’Arabie saoudite sur une hausse de la production.

Les contrats à terme sur le brut Brent ont baissé de plus de 27% à 35,5 dollars le baril à 13 h 40 GMT.

Le brut West Texas Intermediate (WTI) des Etats-Unis d’Amérique a chuté de plus de 27%, à 32,30 $ le baril, après avoir initialement chuté de 33% à 27,34 $, son plus bas niveau depuis le 12 février 2016.

Storage tanks are seen at the North Jiddah bulk plant, an Aramco oil facility, in Jiddah, Saudi Arabia

© AP Photo / Amr Nabil
Des réservoirs de stockage sont vus à l’usine de vrac de North Jiddah, une installation pétrolière d’Aramco, à Jiddah, en Arabie Saoudite

Les analystes de S&P Global Platts ont déclaré que la «guerre des prix» saoudienne pourrait faire chuter les prix du pétrole en dessous de 30 dollars le baril.

L’évolution est intervenue dans le sillage de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole dirigée par l’Arabie saoudite et de ses partenaires non membres de l’OPEP, dont la Russie, n’ayant pas réussi à conclure un accord sur une réduction de la production collective lors des pourparlers à Vienne, en Autriche, le vendredi 6 mars.

L’OPEP+ a ensuite aboli les restrictions de production, l’Arabie saoudite ayant lancé une guerre des prix, réduisant les prix de vente officiels des contrats à terme d’avril de 6 à 8 dollars.

Peurs des coronavirus

L’agitation sur les marchés internationaux est survenue alors que l’épidémie du nouveau coronavirus les avait déjà agités face à l’impact prévu d’une propagation continue de l’épidémie dans le monde.

La semaine dernière, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a déclaré qu’une grave épidémie de coronavirus pourrait entraîner une baisse de la croissance mondiale de 0,5 à 1,5%.

À l’échelle mondiale, le nombre de cas de coronavirus a dépassé 109 000, avec plus de 90 pays signalant des infections.

Coronavirus COVID-19 Global Cases by Johns Hopkins CSSE 9 March 2019 11_03_12 am

Université ohns Hopkins / CSSE
Coronavirus COVID-19 Global Cases par Johns Hopkins CSSE 9 mars 2019 11_03_12 am

Dimanche, l’Italie avait enregistré 366 décès liés au coronavirus et plus de 7 300 cas de maladie.

Plus de 3800 personnes sont déjà décédées du COVID-19 qui a été détecté pour la première fois à Wuhan en Chine fin décembre, l’Organisation mondiale de la santé déclarant une urgence sanitaire mondiale fin janvier à la lumière de l’épidémie.

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Sputnik News

Coronavirus et krach pétrolier font s’effondrer les marchés: une crise aussi grave que 2008?

Bourse de Francfort

© REUTERS / Kai Pfaffenbach

Les Bourses mondiales ont vécu un lundi 9 mars catastrophique, en pleine crise du coronavirus et dans le sillage d’une chute brutale des cours du pétrole. Sommes-nous à l’aube d’une crise économique d’une ampleur comparable à celle vécue en 2008? Dominique Plihon, économiste et membre d’Attac France, livre son analyse à Sputnik.

Une Bourse de Paris qui clôture à -8,39%, sa pire séance depuis 2008. Des échanges suspendus pendant 15 minutes à New York après un effondrement de 7% de l’indice élargi S&P 500. Même chose du côté de Sao Paulo, au Brésil, où les échanges ont été suspendus 30 minutes après que l’indice Ibovespa a chuté de plus de 10%. Premières à avoir ouvert ce bal tragique sur la planète finance, les Bourses asiatiques ont clôturé fortement dans le rouge, avec par exemple l’indice Nikkei japonais qui a cédé plus de 5%, la pire chute en séance depuis le 24 juin 2016.

Apocalypse sur les marchés? Dominique Plihon, économiste membre de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac), estime que la situation est sérieuse, malgré des marchés qui ont «toujours tendance à surréagir»:

«Les acteurs financiers et plus largement économiques sont très inquiets. L’épidémie de coronavirus prend de l’ampleur et a des conséquences importantes, car elle oblige les gouvernements à prendre des mesures drastiques qui ont un impact important sur l’activité économique. Nous sommes face à une situation relativement grave.»

À une épidémie de coronavirus qui ne cesse de se propager, avec désormais plus de 110.000 personnes contaminées sur le globe, s’est ajouté un krach pétrolier. La décision de l’Arabie saoudite de baisser drastiquement le prix de son or noir, après l’échec de négociations en fin de semaine dernière avec la Russie, a entraîné un effondrement des cours de l’or noir de plus de 30% en Asie dans la matinée du 9 mars. Une telle chute n’avait plus été constatée depuis… la première guerre du Golfe en 1991.

«Une crise future est tout à fait possible compte tenu du fait que les gouvernements et les autorités financières et bancaires n’ont pas tiré toutes les leçons de la crise des subprimes en 2007-2008. Les régulations du système financier sont restées insuffisantes. Ceci dit, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la crise aura forcément lieu en 2020. Cela peut très bien se produire plus tard. Reste que le choc assez violent et imprévu de l’épidémie de coronavirus pourrait être le détonateur d’une grave crise financière et économique», explique Dominique Plihon.

La chute des marchés financiers se répercutera-t-elle sur l’économie réelle? C’est désormais toute la question, comme le souligne Dominique Plihon: «Le plus important pour les citoyens n’est pas l’effondrement de la bourse, qui peut toujours se relever. Par le passé, nous avons assisté à des krachs boursiers qui n’ont pas été suivis de conséquence pour l’économie réelle, je pense notamment à la crise des nouvelles technologies en 2000-2001. Attendons de voir. Mais il est très possible que le choc provoqué par l’épidémie de coronavirus accélère une crise financière et surtout réelle. Nous assistons déjà aux prémices d’un tel problème avec le ralentissement significatif de l’activité économique. Le ministre français de l’Économie parle d’une forte réduction de la croissance en France, qui la ferait passer sous les 1% alors que 1,3% était prévu. Le Japon est quant à lui sur le chemin de la récession, avec une probable contraction de la croissance durant deux trimestres successifs.»

Des Banques centrales avec peu de marge de manœuvre

Bruno Le Maire, à la tête de Bercy, a estimé le 9 mars que l’impact du coronavirus sur la croissance de l’économie française sera «de plusieurs dixièmes de points de PIB». Le Fonds monétaire international appelle quant à lui les gouvernements de la planète à apporter «une réponse internationale coordonnée», comme l’a demandé son économiste en chef le 9 mars. Il les exhorte notamment à prendre des mesures budgétaires, monétaires et financières «importantes».

Raphaël Bloch

@Bloch_R

L’indice de la peur (VIX) vient de dépasser les 60 points ! La dernière fois c’était après la chute de Lehman Brothers en septembre 2008…

De nombreuses Banques centrales, comme la Réserve fédérale américaine (Fed) ou la Banque centrale européenne (BCE) disposent de marges de manœuvre limitées. La Fed a baissé de 0,5% son principal taux directeur le 3 mars. Sans grand succès. Tous les regards sont désormais tournés vers Francfort, où des annonces de la part des pontes de la BCE sont attendues le 12 mars. Dominique Plihon n’anticipe pourtant pas de grandes décisions:

«La politique monétaire dans le monde et particulièrement en Europe a atteint ses limites. La BCE a baissé les taux jusqu’au niveau zéro et vous avez même un taux négatif sur les dépôts. Difficile d’aller plus loin dans ce domaine. La politique dite non conventionnelle d’injection de liquidité massive dans le système bancaire n’a pas d’impact significatif sur l’activité et peut-être au contraire dangereuse et favoriser l’émergence de bulles spéculatives. À mon avis, il n’y a pas grand-chose à attendre de la BCE à part des paroles rassurantes pour les marchés.»

«Le problème principal est donc d’aider les entreprises à passer cette période creuse et à éviter des faillites de PME qui ne peuvent pas faire face à des problèmes de liquidités, alors qu’elles sont fondamentalement solvables», explique de son côté dans une note la Banque Postale Asset Management.

États-Unis et Italie ont déjà débloqué plusieurs milliards pour faire face à la crise sanitaire. Du côté de Berlin, les autorités ont annoncé des mesures pour soutenir l’activité. Mais de nombreux observateurs fustigent un manque de coordination internationale et d’ambition.

Dominique Plihon voit dans la situation actuelle une opportunité. Celui qui critique «une mondialisation devenue excessive» et une trop grande dépendance à la Chine prône la dépense budgétaire pour lutter contre la crise:

«La majorité des économistes sont aujourd’hui d’accord pour dire qu’il faut actionner le levier des politiques budgétaire et fiscale pour lutter contre la crise économique. Les gouvernements sont au pied du mur, tant au niveau national qu’européen. Il faut arrêter d’appliquer ces règles ridicules et contre-productives, comme le respect de la règle des 3% de déficit budgétaire imposé par Bruxelles. Il faut désobéir aux traités. De plus, la transition écologie et sociale offre une opportunité de relance budgétaire massive pour les nations. Elle permettrait d’aller vers une économie à bas carbone. Si les gouvernants n’agissent pas de la sorte, cela prouvera qu’ils sont prisonniers du dogme néo-libéral et cela serait très inquiétant.»

Source: Sputnik News – France

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