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Où est la part d’anticipation préventive du gouvernement Macron et ses experts ? Naviguent-ils à vue ?

Sibeth Ndiaye explique qu’une décision de Fillon a provoqué la pénurie de masques en France

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye

© AP Photo / Francois Mori

Il faut remonter à la décision prise par le gouvernement Fillon à la fin de l’épidémie de grippe A (H1N1) pour expliquer la pénurie de masques que connaît actuellement la France, a indiqué Sibeth Ndiaye sur BFM TV. Celui-ci aurait en 2011 estimé que le pays n’avait «plus besoin de stock de cette nature».

Pour expliquer la pénurie de matériel de protection lors d’une émission sur BFM TV, la porte-parole du gouvernement est remontée à la fin de la grippe H1N1 (2009-2010). La France présentait alors un stock d’un milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques dits «FFP2». Et le gouvernement de l’époque (Nicolas Sarkozy était alors Président de la République) avait jugé n’avoir «plus besoin de stock de cette nature», affirme Sibeth Ndiaye.

BFMTV

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« A partir de 2011, il a été considéré que nous n’avions plus besoin de stock de masques »

Sibeth Ndiaye explique pourquoi nous sommes aujourd’hui en pénurie de masques

Puis «les stocks ont progressivement diminué» et il n’y avait plus que «140 millions de masques chirurgicaux» au début de la crise en 2019, dont une partie était «inutilisable, parce que c’étaient des masques pour enfants», précise-t-elle.

Réquisition d’usines

Lorsque le nouveau coronavirus a commencé à se propager dans l’Hexagone, le gouvernement a réquisitionné «les quatre usines en France qui étaient habilitées à fabriquer des masques chirurgicaux» et qui «sont capables de produire entre huit et six millions de masques par semaine».

Mme Ndiaye est également revenue sur la décision de réserver les masques en priorité au personnel médical et sur l’obstacle que rencontre la production de matériel de protection: «la Chine [qui, ndlr] est l’endroit principal où l’on fabrique des masques, avait sa machinerie industrielle à l’arrêt».

C’est pourquoi l’État a opté pour «une gestion en « bon père de famille », c’est-à-dire une gestion parcimonieuse».

«Je ne sais pas utiliser un masque»

Enfin, la porte-parole a réfuté la nécessité de masques «pour tout le monde», citant le Professeur Salomon, directeur général de la Santé. Elle a également avoué ne pas savoir utiliser un masque, «parce que l’utilisation d’un masque ce sont des gestes techniques précis». Et d’ajouter:

«Sinon on se gratte le nez sous le masque, bah en fait on a du virus sur les mains. Sinon on a une utilisation qui n’est pas bonne et ça peut être même contreproductif».

L’aide chinoise

Pékin a pris la décision d’envoyer le 18 mars par deux avions un million de masques en France. Plus tôt dans la journée, le ministre français de la Santé Olivier Véran a fait état d’un stock national de 100 millions de masques chirurgicaux disponibles, ce qui est «beaucoup et pas beaucoup».

Titre 1 : MIRASTNEWS

Source: Sputnik News – France

Des médecins portent plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn à cause de la propagation du coronavirus

© Sputnik . Alexey Danichev

Trois médecins, représentants d’un collectif de soignants, ont porté plainte jeudi 19 mars contre le Premier ministre Édouard Philippe et l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, en les accusant de s’être «abstenus» de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie de Covid-19.

Les médecins Philippe Naccache, Emmanuel Sarrazin et Ludovic Toro portent plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn. Ils estiment que ces deux personnalités politiques «avaient conscience du péril et disposaient des moyens d’action, qu’ils ont toutefois choisi de ne pas exercer» pour enrayer la propagation du coronavirus en France.

Cette plainte, que l’AFP a pu consulter, a été envoyée dans la journée à la commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée en France à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions, selon leur avocat Me Fabrice Di Vizio.

Ils s’appuient notamment sur des déclarations d’Agnès Buzyn au Monde, qui a affirmé, après le premier tour des municipales, avoir alerté dès janvier le Premier ministre sur la gravité de l’épidémie de coronavirus et l’avoir averti que «les élections ne pourraient sans doute pas se tenir».

Dès lors, les plaignants accusent M. Philippe et Mme Buzyn, médecin de profession, de s’être abstenus «volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant (…) de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes», en l’occurrence l’épidémie de Covid-19, ce qui est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

À partir du 13 mars, le gouvernement a pris plusieurs mesures, avec en dernier lieu le confinement généralisé de la population, soulignent-ils.

Si celles-ci avaient été prises avant, cela «aurait sans nul doute permis de juguler l’épidémie en réduisant le nombre de personnes contaminées, et donc de personnes susceptibles de contaminer les autres», jugent-ils, regrettant notamment que dans l’Oise, l’un des foyers du Covid-19 en France, «aucune mesure particulière, autre que la fermeture des établissements scolaires», n’ait été mise en place.

Le 18 mars, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a de son côté assuré que l’État ne savait pas en février que l’épidémie de coronavirus allait conduire la France à connaître la situation actuelle, assurant qu’aucune décision étatique n’avait été «contraire aux choix des scientifiques».

Des médecins portent plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn à cause de la propagation du coronavirus

© Sputnik . Bruno Marty
Des médecins portent plainte contre Édouard Philippe et Agnès Buzyn à cause de la propagation du coronavirus

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CGTN

@CGTNOfficial

Global death toll from coronavirus tops 11,000, according to Johns Hopkins University

🇮🇹Italy: death toll has surged by 627 in a day to 4,032
🇮🇷Iran: 1,433 deaths
🇪🇸Spain: 1,002 deaths
🇫🇷France: 450 deaths
🇮🇱Israel: first death reported on Friday

Source: Sputnik News – France

La Chine annonce un nombre record de cas de Covid-19 importés des États-Unis d’Amérique et d’Europe alors que le nombre de morts dans le monde dépasse 10 000

Un passager en tenue de protection attend l’enregistrement à l’aéroport international de Hong Kong. © Reuters / Tyrone Siu

La Chine a peut-être réussi à contenir le coronavirus à la maison, mais ce n’est pas encore fini. Il y a un danger de retour de la maladie mortelle car le nombre de voyageurs infectés entrant dans le pays atteint des niveaux record.

Les autorités chinoises ont accompli un énorme travail depuis le début de la pandémie de Covid-19 à Wuhan fin décembre. Le coup a été dur car 3 248 sont morts et 80 967 ont été infectés, mais au cours des deux derniers jours, il n’y a eu aucun cas de coronavirus transmis dans le pays.

Mais à mesure que la situation s’améliorait, de nombreux expatriés chinois, y compris des étudiants, se sont précipités chez eux pour échapper au coronavirus, qui fait maintenant rage en Europe et en Amérique du Nord. Pour beaucoup, il était trop peu trop tard car ils étaient déjà infectés.

Vendredi, le nombre de morts dans les coronavirus a atteint 10 000 personnes, avec plus de 245 000 personnes infectées dans le monde.

Jeudi, la Chine a enregistré 39 cas confirmés de Covid-19, tous provenant de l’étranger, a indiqué la Commission nationale de la santé. Le nombre total d’infections importées s’élève désormais à 228, ce qui fait craindre une nouvelle vague de maladie.

La grande majorité de ces nouveaux cas ont été découverts dans le Guangdong, Shanghai et la capitale Pékin, qui sont tous les principaux centres de transport et principaux points d’entrée pour les voyageurs. Les médias chinois ont rapporté que les personnes infectées sont arrivées des États-Unis d’Amérique, du Royaume-Uni et d’Espagne, entre autres pays.

Plus tôt cette semaine, le président chinois Xi Jinping a prévenu que le coronavirus ne devrait pas être autorisé à faire son retour grâce à des infections importées. De nombreuses régions du pays ont déjà ordonné à ceux qui arrivent de l’étranger de passer 14 jours en isolement afin d’inverser la tendance.

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Traduction : MIRASTNEWS

Source : RT

Le nombre de morts de coronavirus en Espagne dépasse les 1000 après avoir augmenté de 200+ en une journée

L’unité d’urgence militaire espagnole (UME) participe à un nettoyage à l’hôpital de Cabuenes pendant un état d’urgence de 15 jours à Gijon. © Reuters / Eloy Alonso

Le nombre de victimes de Covid-19 en Espagne est passé à plus de 1 000 vendredi, avec 19 980 personnes infectées, ont annoncé les autorités sanitaires.

Il y a eu 235 décès dus à la maladie au cours des dernières 24 heures, a annoncé le chef des urgences sanitaires espagnoles, Fernando Simon.

Le nombre de personnes infectées pourrait en fait être supérieur à 19 980 car les laboratoires de test sont «débordés» et incapables de traiter tous les échantillons, a souligné Simon.

La situation la plus grave est maintenant à Madrid, avec la capitale Espagnole représentant 628 décès et 7 165 cas confirmés de coronavirus.

L’Espagne, qui reste le deuxième pays le plus touché d’Europe après l’Italie, a fermé ses frontières terrestres et ordonné la fermeture de tous les hôtels, pour « garantir l’endiguement de la pandémie ».

L’armée a été déployée dans de nombreuses villes pour aider à la désinfection et à maintenir la situation sécuritaire sous contrôle.

Mais les mesures ne se sont pas révélées efficaces jusqu’à présent, le ministre de la Santé du pays, Salvador Illa, avertissant que « les moments les plus difficiles sont encore à venir ».

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Traduction : MIRASTNEWS

Source : RT

La Force de l’air iranienne fabrique le système « Qaïm »

La bio-manœuvre des forces armées iraniennes.(Archives)

Ce n’est pas rien de gérer une pandémie aussi mortelle que la Covid-19 dans un pays de 80 millions d’habitants qui est la cible d’un ennemi aussi inhumain que l’Amérique laquelle bloque même l’accès des patients Iraniens aux médicaments.  Le 18 mars 2020, le président iranien défendait non sans raison la gestion de l’exécutif iranien de la Covid-19.

S’adressant au conseil de ministres, le président soulignait  comment son gouvernement avait tout fait pour que les Iraniens ne manquent de rien en cette période épidémique: « Vous pouvez comparer l’Iran à d’autres pays. Comparez Téhéran à Londres, Berlin et Paris … Voyez par vous-même ce qui se passe là-bas. Les étagères des magasins ont été vidées et les gens se sont disputés pour un rouleau de papier toilette », a déclaré Rohani. «Les gens là-bas sont préoccupés par la pénurie possible de denrées alimentaires et leurs hôpitaux disent qu’ils n’ont plus de lits.»

Mais la contre-offensive iranienne ne se réduit pas uniquement à l’exécutif, les forces armées iraniennes étant elles aussi pleinement impliquées dans ce combat. Le jeudi 19 mars, le premier du nouvel an iranien, la Force aérienne du pays a dévoilé à un système tactique de bioguerre : il s’agit de système Qaïm mis au point par la Force aérienne de l’armée iranienne qui l’a dévoilé, jeudi 19 mars. Il s’agit d’un système de défense biologique tactique contre le coronavirus avec la capacité de désinfecter une large superficie en deux heures, grâce à son réservoir de 2 000 litres:  « Qaïm est en mesure de désinfecter une superficie de 86 400 mètres carrés à l’aide de sa machine à brouillard qui peut lancer des substances désinfectantes jusqu’à un rayon de dix mètres, ce qui équivaut à la désinfection d’une superficie de 12 mètres par seconde », a expliqué le général de brigade Hadiyad, coordinateur adjoint de l’armée de l’air iranienne.

Le système Qaïm./IRNA

Le commandant a souligné que « ce système de défense biologique » avait été fabriqué de A à Z par « les experts de la Force aérienne de l’armée iranienne » en seulement quelques jours  et qu’il avait déjà été remis aux unités de guerres modernes et à la division de la santé au sein de l’armée de l’air. Bref, un équipement de guerre asymétrique contre la Covid-19.

Le commandant en chef des forces armées iraniennes, l’Ayatollah Khamenei a lancé une mobilisation générale des forces armées pour lutter le virus qui fait jusqu’ici 1400 victimes en Iran contre plus de 7000 guérison sur un total de 19000 personnes testées positives.

« La manœuvre géante de détection et de prévention contre le Coronavirus qui est en cours en ce moment à travers tout le pays va se poursuivre jusqu’à l’éradication complète de l’épidémie », a déclaré un haut gradé militaire de la RII.

Source: Press TV

Banque d’Espagne: l’économie connaît un « choc sans précédent » en raison de la covid-19

Avec plus de 18 000 personnes infectées, l’Espagne est le quatrième pays le plus touché par la nouvelle pandémie de coronavirus après la Chine, l’Italie et l’Iran.

Barcelone, 14 mars 2020.Nacho Doce / Reuters

Le gouverneur de la Banque d’Espagne, Pablo Hernandez de Cos, a averti ce vendredi que la pandémie de Covid-19 provoque une « perturbation sans précédent » de l’économie et que son intensité sera « incertaine », pour laquelle il a appelé à la mise en œuvre de politiques public adéquat pour atténuer son impact.

Hernandez de Cos a soutenu que la crise sanitaire actuelle est « un épisode transitoire », mais « la durée de ses effets dépend essentiellement du succès des mesures visant à réduire les nouvelles infections et également des politiques appliquées pour atténuer l’impact dérivé de l’arrêt de la l’activité de nombreuses entreprises et les pertes d’emplois qui en découlent. »

Le gouverneur de la Banque d’Espagne a également appelé à une coordination accrue entre les pays de l’Union européenne et à adopter des politiques budgétaires « plus ambitieuses » pour amortir les effets négatifs, affirmant que la détérioration de l’activité économique sera « très marquée » à court terme.

  • En Espagne, il y a déjà 18 077 cas confirmés de nouveau coronavirus, selon les données du ministère de la Santé et les informations des communautés autonomes. De ce nombre, 16 137 restent actifs, 1 107 infectés ont été libérés et 833 sont décédés.

Les marchés boursiers européens ont augmenté ce vendredi alors que davantage de banques centrales sur le continent ont adopté des mesures monétaires et fiscales pour faire face à la récession économique à la suite de l’apparition du nouveau coronavirus.

Les actions à Londres ont augmenté au cours des premières opérations de cette journée et l’indice FTSE 100 a augmenté de plus de 5%. Pendant ce temps, le DAX allemand gagne plus de 6% et les actions françaises ont également augmenté de plus de 5%.

Après une semaine volatile, les actions mondiales ont commencé à se remettre de leurs énormes pertes. L’indice Dow Jones des Etats-Unis d’Amérique a augmenté de 100 points jeudi et les marchés de l’Asie-Pacifique sont également entrés en territoire positif, tirés par des gains de près de 5% sur l’indice sud-coréen Kospi.

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Traduction : MIRASTNEWS

Source : RT

«On nous a menti depuis le début»: Agnès Buzyn, maillon faible?

Edouard Philippe et Agnès Buzyn sur les bancs de l'Assemblée nationale.

© AFP 2020 MARTIN BUREAU

Les révélations d’Agnès Buzyn, selon lesquelles le gouvernement n’aurait pas pris la mesure de l’épidémie, ont fait l’effet d’une bombe médiatique et politique. Ces confessions contribuent à relancer la défiance au moment même où les Français sont tenus de s’en remettre aux autorités et de se confiner. Retour sur un couac.

L’exécutif se serait bien passé de son craquage. Agnès Buzyn n’en finit plus de se livrer dans la presse. Et sa dernière déclaration en date, rapportée par Le Point ce 19 mars, alimente encore l’impression que l’ex-ministre de la Santé traverse une période difficile après son échec aux municipales.

«Qui peut dire si on sera vivants ou morts? Si je ne serai pas morte?», aurait-elle lâché, selon le magazine, au sujet du report du second tour des élections municipales à six mois –ou peut-être davantage. Mais il y a plus sérieux. Trois médecins, représentant un collectif de soignants, ont porté plainte ce 19 mars contre Agnès Buzyn mais aussi contre le Premier ministre Édouard Philippe. En cause cette fois: la prémonition qu’aurait eue la ministre de la Santé de la gravité de la situation sanitaire à venir.

Dès décembre dernier, à en croire ses propos rapportés par Le Monde, la ministre, qui affirme aussi avoir prévu le «tsunami» du coronavirus, explique: «Je pense que j’ai vu la première ce qu’il se passait en Chine: le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges», raconte-elle.

Mais c’est cette phrase, précisément, qui est susceptible de donner une base à d’éventuelles poursuites:

«J’ai alerté le directeur général de la Santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au Président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein.»

L’union sacrée fragilisée en plein confinement

L’ex-ministre a-t-elle eu conscience de la portée de ces affirmations, accablantes pour le Premier ministre et Emmanuel Macron? Sur les plateaux télé, les éditorialistes sont perplexes. Christophe Barbier a ainsi souhaité que la controverse soit reportée à l’après-épidémie. «Elle aurait dû écouter son cœur de médecin plutôt que son intérêt […].

C’est incompréhensible, note le journaliste à l’écharpe rouge. Mais elle s’expliquera après, peut-être est-ce dû au choc qu’elle a subi avec cette défaite aux municipales. Il faut donc aujourd’hui préserver une forme de consensus politique contre le virus mais, d’ores et déjà, date est prise

Les vœux d’apaisement de Christophe Barbier ne seront sans doute pas exaucés. Un autre éditorialiste, Michaël Darmon, estime lui sur Europe 1 que «l’affaire Buzyn ne fait que commencer». De fait, le collectif de médecins qui attaque l’ex-ministre de la Santé ne mâche pas ses mots.

«Il faut hausser le ton, on nous a menti depuis le début, dit-il. Tous ceux qui ont parlé sur les plateaux de télévision depuis le mois de février en disant que c’est une grippette, je demanderais à ces gens de ne plus rien dire parce que, nous les médecins, on voyait bien ce qu’il se passait en Chine et en Italie.»

Dans l’arène politique, l’opposition a également fait savoir qu’elle n’en resterait pas là. D’autant que, sollicitée par les médias, Agnès Buzyn a confirmé ses propos tenus dans les colonnes du Monde. «C’est vrai, j’ai exprimé mon inquiétude depuis le premier jour parce que c’était mon rôle», a-t-elle alors indiqué. La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a ainsi qualifié les propos de l’ex-ministre d’«effarants». Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a haussé le ton, faisant savoir que qu’il était «impossible de laisser passer sans rien relever».

Boîte de Pandore

Dans ce contexte, les nuages s’accumulent au-dessus d’Agnès Buzyn alors qu’une autre polémique perce sur les réseaux sociaux, qui accusent la ministre d’avoir classé parmi les substances vénéneuses l’hydroxychloroquine, au moment où l’épidémie s’étendait en Chine.

Cette molécule, bon marché et facile à produire, fait l’objet de tous les espoirs du professeur Didier Raoult, de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille. Depuis le 13 janvier 2020, elle n’est plus disponible que sur ordonnance, suscitant de nombreuses accusations contre Agnès Buzyn.

Mais le timing de la procédure de classement du principe actif paraît dédouaner l’ex-ministre de la Santé. Dans un avis daté du 12 novembre 2020, l’Agence pour la sécurité sanitaire (Anses) rapporte avoir été saisie le 8 octobre précédent d’une «proposition d’arrêté portant inscription de la hydroxychloroquine sur la liste II des substances vénéneuses».

Aussi, depuis trois jours, en dépit des appels à l’unité nationale face à l’épidémie, les propos d’Agnès Buzyn produisent toujours leurs effets délétères. À un moment où l’exécutif, qui a une occasion unique de regagner la confiance des Français en se montrant à la hauteur, joue sa crédibilité dans sa lutte contre l’épidémie.

Signe que ce buzz persistant embarrasse jusqu’au sommet de l’État, Emmanuel Macron a taclé l’ancienne ministre à l’occasion d’une réunion de la cellule interministérielle de crise ce 20 mars. «Je félicite toutes celles et ceux qui avaient prévu tous les éléments de la crise, une fois qu’elle a eu lieu», a-t-il ironisé, visiblement irrité.

 

Source: Sputnik News – France

«La France n’est pas prête» pour une épidémie: en 2016, le Pr Salomon avertissait le candidat Macron

L’actuel Directeur général de la santé prévenait le futur président dans une note confidentielle, publiée dans les MacronLeaks

Jérôme Salomon, directeur général de la santé. © Sipa Press

C’est une « note pour Mr Emmanuel Macron » de cinq pages, datée du 5 septembre 2016 et présentée comme « confidentielle ». Rédigée par le professeur Jérôme Salomon, elle a été transmise le lendemain par mail à l’équipe de campagne du candidat (pas encore déclaré) à la présidence de la République. Ce document, destiné à Quentin Lafay et Thomas Cazenave, a été rendu public parmi les 20 000 courriels piratés puis partagés en ligne par WikiLeaks, les « MacronLeaks ». Aujourd’hui directeur général de la santé (DGS), le professeur Salomon était alors le conseiller « santé » d’Emmanuel Macron.

Cette note était essentiellement consacrée aux réponses publiques en cas de nouvelles attaques terroristes. Nous étions alors moins de dix mois après les attentats du 13 novembre 2015. Toutefois, le constat et les préconisations de celui qui sera nommé Directeur général de la Santé le 8 janvier 2018, après la victoire du candidat qu’il conseillait alors, s’appliquaient aux « risques majeurs de catastrophes ». Citant les « épidémies et émergences » de maladies, le professeur Salomon notait que « les événements qu’a connus la France récemment […] démontrent que les préjudices humains et matériels peuvent être considérables.  »

Accueil en milieu hospitalier. « La France n’est pas prête », écrivait-il, car elle a été « peu confrontée aux risques majeurs depuis 1945. » « L’organisation du système de réponse a fait l’objet d’une structuration importante (situations sanitaires exceptionnelles) mais demeure complexe et manque de réactivité et de capacités d’adaptation aux situations spécifiques et évolutives ». Il évoquait en particulier « l’accueil en milieu hospitalier, en particulier si l’afflux de victimes est important, supérieur à 300 en urgence absolue. »

Citant en exemple le système de santé israélien, il demandait de « faire subir un crash test à notre dispositif national de réponse, d’évaluer les points critiques et de proposer les adaptations les plus stratégiques du système de gestion ». Il insistait notamment sur la nécessité d’une « anticipation stratégique » et concluait : « Un dysfonctionnement grave aurait des conséquences délétères considérables ».

Dans le mail accompagnant la note, le professeur Salomon précisait qu’il ne souhaitait pas « la faire tourner au sein du groupe santé du fait de son caractère sensible ». « Les propositions n’engagent que moi mais ont été largement partagées avec un groupe d’experts de la question. Cette note est issue de mon expérience de conseiller sécurité sanitaire au cabinet, de mes entretiens avec de hauts responsables de la sécurité et de mes responsabilités actuelles de gestionnaire de crise et de FSD » (fonctionnaire de sécurité et de défense). Spécialiste des maladies infectieuses, Jérôme Salomon avait été membre du cabinet des ministres de la Santé Bernard Kouchner, puis Marisol Touraine de 2013 à 2015.

On ignore si Emmanuel Macron a lu ce document, mais par retour Quentin Lafay répondait à Jérôme Salomon : « Parlons-en demain soir discrètement, je trouve cela très intéressant. » « Dans le contexte actuel, EM doit être bien au courant des menaces » concluait le médecin dans un autre mail.

Iconoclastes. Ambitionnant d’être ministre de la Santé, Jérôme Salomon s’était rapproché de l’équipe Macron dès juin 2016. Il n’a toutefois jamais été membre du premier cercle politique. Insistant beaucoup sur la prévention, ses propositions étaient parfois jugées « iconoclastes » ou « alarmistes », Alexis Kohler lui reprochant notamment de ne jamais les chiffrer.

Un autre mail de Jérôme Salomon à l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, daté du 11 janvier 2017 et destiné à Quentin Lafay, Julien Denormandie et Benjamin Griveaux, résonne aujourd’hui de manière prémonitoire. Il était consacré à « l’épidémie sévère de grippe que la France affronte cet hiver ». Pour le futur DGS, elle était « une triste et caricaturale confirmation du paradoxe français » : « L’épidémie précoce a été favorisée par les vacances scolaires de fin d’année (ce sont les enfants qui transmettent le virus à leurs grands-parents), par l’absence de maîtrise des gestes basiques d’hygiène : mouchoirs en papier jetables, lavage des mains, solutions hydroalcooliques, port du masque par les malades généralisé en Asie et quasi inconnu en France ! » Et de noter que « l’hôpital déjà en crise est désormais « en tension » car il ne dispose d’aucune élasticité pour absorber des variations d’activité. »

Au vu de la pénurie actuelle de masques, de gel et de kits de dépistages, il semblerait que Jérôme Salomon ait finalement un peu négligé l’avertissement de Richelieu qu’il citait en exergue de sa note : « On ne doit pas tout craindre, mais on doit tout préparer. »

Source: l’Opinion

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