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Les cinq attaques du duo Macron-Blanquer contre le métier de professeur

Pour Francis Daspe, une contre-révolution scolaire est bien en marche, avec Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer à la manœuvre. Il recense cinq types d’attaques contre le métier de professeur.

La maison Éducation nationale est visiblement prête à s’enflammer. Face à des remontées de terrain convergentes et à un sondage indiquant qu’une majorité des enseignants était saisie par le pessimisme, le ministre Blanquer vient de sortir son joker en proposant d’organiser un Grenelle des professeurs. En reprenant, dans une veine orwellienne du New Management Public où les mots correspondent à des réalités diamétralement opposées, les antiennes pourtant éculées de la « revalorisation du métier »et de la définition du « professeur du XXI° siècle ». Rien de moins !

Les cinq attaques

Dans ces conditions, l’inquiétude peut être de mise de manière on ne peut plus légitime. Car un des piliers de la contre-révolution scolaire actuellement en marche sous la férule du duo Macron / Blanquer réside dans la remise en cause fondamentale du métier et de l’expertise des enseignants. Les racines de cette basse besogne se trouvaient déjà dans la vision managériale et autoritaire qui bouscule le service public d’éducation depuis plusieurs quinquennats. Il ne s’agit plus d’exercer son métier mais de se contenter de se soumettre aux injonctions ministérielles. Les attaques frontales contre le métier de professeur comportent cinq facettes complémentaires et cumulatives.

  • Des personnels muselés. C’est l’objectif visé par la loi Blanquer pour une école de la confiance du 26 juillet 2019. Elle s’échinait à poser une chape de plomb sur l’École et ses personnels. Ces derniers étaient invités à taire les maux qui rongent pourtant l’école, notamment à travers l’improbable devoir d’exemplarité. En fait, la loi Blanquer cherche à verrouiller toute une institution à travers une communication univoque, verticale et managériale, niant le réel et ses aspérités.
  • Des personnels assujettis. Le contrôle et l’assujettissement se réalisent de manière de plus en plus frontale avec des dispositions convergentes construisant patiemment un outil managérial. Ces pratiques conduisent à transformer les établissements scolaires en petites entreprises soumises à des contrats d’objectifs chiffrés s’appuyant sur des évaluations nationales pour lesquelles la proportion de tracasseries l’emporte nettement sur la pertinence et l’utilité réelles, aussi bien pour les élèves et les familles que pour les enseignants. L’assujettissement à une verticalité du pouvoir se renforce de la sorte, mais plus encore avec un ministre se positionnant en prise directe avec la profession, en se substituant de ce fait aux cadres intermédiaires, et tout en leur assignant des feuilles de route draconiennes. Sans doute une déclinaison de l’hybris jupitérienne de son maître…
  • Des personnels dépossédés. La tendance à la réduction, voire à la suppression, de la liberté pédagogique, présentée comme un « désordre pédagogico-gauchiste », actionne tous les leviers disponibles. Les personnels sont transformés de facto en prestataires de services. La tentative de réduire l’Éducation à un marché constitué d’opérateurs en concurrence les uns entre les autres ne peut être masquée en dépit des dénégations fleurant l’insincérité manifeste. C’est sans doute la partie la plus violente de la transformation en cours, même si elle est aussi la moins visible de l’extérieur. Au travers des évaluations nationales, de la mise en place des 2S2C (santé, sport, culture, civisme), du déploiement massif du numérique et de l’enseignement à distance, c’est tout le métier qui pourrait basculer vers un travail prescrit et automatisé. Et cela dans le but d’imposer une conception pédagogique unique fondée sur la marotte du ministre, celle des neurosciences.

La crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants

  • Des personnels précarisés. La destruction programmée du statut des enseignants (qui fait office de code du travail pour la fonction publique) sanctionnera la fin de l’indépendance du professeur, pourtant absolument nécessaire pour un exercice, serein et préservé d’éventuelles pressions particulières, de sa mission au service de l’intérêt général. Une accélération se produit avec la fin du paritarisme ouvrant la voie à un New Public Management totalement débridé. Car la mise à mort du paritarisme laisse la hiérarchie de l’Éducation Nationale toute puissante face aux enseignants. Aggravée par la multiplication des postes à profil, elle va générer une mise en concurrence croissante et une allégeance renforcée des personnels.
  • Des personnels méprisés. Cette réalité grotesque se traduit par la campagne insidieuse de prof-bashing orchestrée par le ministre lui-même (et sa majorité, qu’on se rappelle les propos outrageants de Sibeth Ndiaye au moment du confinement). Il joue en effet un rôle clé dans cette offensive contre l’école et ses personnels. Elle permet de discréditer toute la profession afin de la museler et de la couper des familles. Sans soutien, les enseignants vont se retrouver isolés et à la merci de changements majeurs qui s’appuieront sur ce discrédit fabriqué. Cependant le plan ourdi a du mal à fonctionner pleinement : la crise sanitaire a permis à une majorité de français de reconnaître les mérites et la valeur des enseignants, bien davantage que ceux d’une institution managée par des responsables aux abois et à la compétence douteuse.

L’arnaque du futur Grenelle

La contre-révolution scolaire actuellement en marche forcée réduit les personnels à n’être que des courroies de transmission d’une logique qui les écrase. C’est celle de la doxa managériale pour laquelle l’École est sommée d’obéir, de s’adapter de gré ou de force, de se soumettre et de fonctionner sans moyens. L’intendance ne suit plus, privée des moyens humains ou financiers et du temps de réflexion nécessaires. Croulant sous le poids des injonctions paradoxales, des dysfonctionnements structurels organisés, de l’imposition de changements non concertés, l’institution scolaire est menée à des impasses prévisibles, les enseignants voyant de surcroît la réalité professionnelle de leur métier niée.

Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés

Quand le ministre Blanquer assigne au futur Grenelle des professeurs la mission de redéfinir « les hussards du XXI° siècle« , la mystification est à son comble. Il ne s’agira pas d’école ou de République à promouvoir, mais d’un projet de société à rebours des principes mêmes de la République. La Macronie ne vise pas à être une et indivisible, démocratique, sociale et laïque. Le grand marché de l’éducation imaginé par cette majorité et ce gouvernement se propose d’être territorialisé, inégalitaire, ubérisé, et soumis aux intérêts particuliers, marchands ou non marchands. Avec des enseignants relégués aux antipodes de l’ambition des hussards noirs de la République, et dont le cœur du métier aura été vidé de son sens initial au service de l’intérêt général. Des enseignants en fin de compte muselés, assujettis, dépossédés, précarisés et méprisés.

Francis Daspe
Francis Daspe

@francisdaspe

Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée et initiateur des « Assises itinérantes de la Table renversée ». Impliqué dans la France Insoumise, il est auteur de 2022. Pour renverser la Table à la présidentielle (Editions Eric Jamet, août 2020).

Source : Marianne

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