A la Une

Niger/Burkina avec ou contre Wagner? + Erdogan pousse ses pions en Afrique, rendant la situation plus « confuse », voire « conflictuelle »

Niger/Burkina avec ou contre Wagner?

Le Sahel a-t-il besoin de la Russie puisqu’il est faible ou parce qu’il faut placer les puissances les unes en face de l’autre et en tirer profit ?

Zoom Afrique du 20 octobre 2021

Télécharger 📥

En Centrafrique, le pays continue de montrer au monde que les Africains ne sont pas des « assistés », mais bien des pays souverains qui gèrent leur nation de manière indépendante…

Actualité en Afrique :

  • Le Ghana allouera 150 000 hectares pour les réserves de pâturage
  • Le Botswana signe un contrat d’achat d’électricité produite avec le méthane de houille de Lesedi
  • Cameroun : Mawouo, une couveuse néonatale interactive « made in Cameroun »
  • L’opérationnalisation d’Air Congo, la compagnie aérienne en gestation entre Ethiopian Airlines et la RDC, se précise

Analyses de la rédaction :

1. Niger/Burkina : une alliance qui fait peur 

Au Niger, l’attaque d’un poste de police dans la région de Tillabéry, à l’Ouest s’est passé en même temps que la visite du président nigérien Mohammed Bazoum au Burkina Faso. Cette attaque ressemblait à une mise en garde.

L’attaque, ce dimanche 17 octobre 2021, d’un poste de police dans la région de Tillabéry, à l’ouest du pays, a fait trois morts et sept blessés, dont quatre dans un état grave. C’est le poste frontalier de Petelcolé, à quelques kilomètres de Tera et sur la frontière entre le Niger et le Burkina Faso, qui a été attaqué par des hommes armés.

Les assaillants ont d’abord détruit l’antenne téléphonique avant d’attaquer le poste de police avec des tirs nourris. Selon une source locale, quatre véhicules ont été brûlés, un autre emporté. Finalement, un détachement du G5 Sahel serait arrivé sur place dans la nuit, mais les assaillants étaient déjà repartis avec leur butin.

Une attaque qui intervient alors que le président nigérien, Mohamed Bazoum est en visite officielle à Ouagadougou au Burkina Faso.

La visite de 48 heures du président nigérien Mohamed Bazoum au Burkina Faso s’est achevée ce lundi 18 octobre. Avec son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, il a parlé de la coopération entre leurs pays. Concernant la lutte contre le terrorisme, les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le plaidoyer auprès du Conseil de sécurité et de leurs partenaires afin de mettre en place un mécanisme garantissant un financement pérenne de la force conjointe.

Sans surprise, c’est la situation sécuritaire préoccupante au Burkina Faso et au Niger qui a dominé les échanges entre les deux délégations. Le président nigérien Mohamed Bazoum l’a reconnu. Les groupes terroristes sont devenus particulièrement actifs, ces derniers mois, à la frontière entre les deux États.

« Cela commande, de notre part, une stratégie appropriée pour y faire face, a déclaré le président nigérien. Mais nous avons eu aussi des échanges sur la façon de prendre en charge cette question sur le plan sécuritaire, sur le plan administratif, sur le plan judiciaire. »

En présence des chefs d’état-major général des armées nigériennes et burkinabè, les deux chefs d’État ont décidé de renforcer leur coopération en matière de renseignements et d’actions conjointes, comme l’opération « Taanli », au mois de juin dernier.

« Nous avons décidé ensemble de consolider la mutualisation de nos moyens, a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, de consolider la coopération entre le ministère de la Défense, les Renseignements, le ministère de la Sécurité, de manière à ce que nous puissions, ensemble, faire en sorte de sécuriser les frontières communes que nous avons. »

Étant donné que le Burkina Faso est un pays, qui pour rappel a refusé la pseudo aide militaires françaises sur son territoire, a opté pour une résolution du problème lié au terrorisme de façon nationale, notamment avec l’implication de la population burkinabè. Ce modèle de lutte contre le terrorisme commence à faire des émules dans les pays voisins.

En effet, les Occidentaux et leurs mercenaires terroristes tentent d’isoler le Burkina Faso afin de le faire tomber et libérer donc le passage aux groupes terroristes pour se rendre dans les pays de la côte du golfe de Guinée. Le Burkina fait partie des pays qui barrent la route aux terroristes.

Le fait de voir s’installer une coopération militaire avec le Niger n’arrange donc pas les groupes terroristes et leur chef occidentaux. On pourrait donc mettre cette dernière attaque sur le compte d’un avertissement.

Cela montre que l’Occident tente par-dessus tout d’instaurer la division et d’empêcher les pays de s’unir pour lutter contre le terrorisme. L’union du continent africain est visiblement la phobie furieuse des Occidentaux.

2. RCA : un pays souverain !

En Centrafrique, le pays continue de montrer au monde que les Africains ne sont pas des « assistés », mais bien des pays souverains qui gèrent leur nation de manière indépendante.

L’Association politique la Coalition des Opposants Démocratiques (COD-20-20) poursuit ses tentatives de déstabilisation de la République centrafricaine. François Bozizé, coordinateur de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), qui continue de tenter de plonger le pays dans un cycle de violence, conserve sa présidence de COD-20–20. La COD-20-20 est donc une autre unité des groupes armés de la CPC de François Bozizé, qui tient principalement compte de ses intérêts.

Pour l’heure, la COD-20-20 préconise que François Bozizé participe au dialogue républicain, auquel s’oppose catégoriquement le gouvernement centrafricain. Et la COD-20-20 a recours à toutes sortes de méthodes de chantage et de manipulation pour atteindre ce but. La COD-20-20 réclame un dialogue inclusif c’est-à-dire, la participation de tous les groupes rebelles sans exclusive, et cela va à l’encontre de la volonté du peuple et du gouvernement centrafricain, qui estiment qu’il est hors de question de dialoguer avec les criminels, car leur place est en prison.

De plus, une récente vidéo datant de septembre 2021 a été mise en ligne, montrant un possible complot d’Ali Darassa avec l’ONU.

Sur le portable de l’un des rebelles arrêtés, une vidéo a été trouvée sur laquelle Ali Darassa, et le chef de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), se déplacent du côté du MI-8 avec l’inscription UN en direction de l’avion AN-28, dans la garde se trouve un pick-up blanc également avec l’inscription UN. Cela vaut-il la peine d’être compris comme une collaboration de l’ONU avec Ali Darassa et même des groupes rebelles qui veulent absolument que la Centrafrique retombe dans le chaos ?

La récente déclaration de cessez-le-feu du Président de la République, Faustin Archange Touadera, a suscité une vive réaction de la part de la communauté internationale et de la République centrafricaine en particulier. Cependant, ce cessez-le-feu marque la fin des affrontements armés en RCA, mais ne constitue pas la fin des opérations de protection de la population.

« La déclaration du chef de l’État sur le cessez-le-feu fait suite à la signature d’un cessez-le-feu par les groupes armés devant la CIRGL et la CEEAC. Ce qui n’enlève rien au travail des forces de défense et de sécurité en cas d’attaque quelconque. Ces forces doivent continuer leur travail de protection des personnes et des biens ainsi que de nos frontières. Ce travail continue. Le cessez-le-feu ne veut pas dire que c’est la fin de la mission des forces nationales, ou de la Minusca qui doit continuer son travail de maintien de la paix. Les FACA et les forces alliées vont continuer leur travail de sécurisation du pays », a expliqué Albert Yaloké Mokpème, le Porte-parole de la présidence de la République lors de la conférence de presse.

Selon la présidence de la République, le cessez-le-feu permettra de ne pas mener les opérations militaires contre les groupes armés qui ont déposé les armes.

« Le cessez-le-feu engage les forces de défense et de sécurité à ne pas poursuivre militairement sur le terrain les hommes qui ont déposé les armes. Ceux-ci doivent signaler la position de leur troupe. Ils doivent cantonner dans les lieux fixés par le ministère de la Défense, et l’état-major de l’armée. Un communiqué de l’état-major va suivre pour indiquer les lieux de cantonnement. L’objectif est d’enrayer les groupes armés dans notre pays », a poursuivi le porte-parole de la Présidence.

La troisième phase du désarmement des ex-combattants à Bria a duré 10 jours et s’est achevée le 14 octobre 2021, avec des résultats satisfaisants de plusieurs centaines d’armes de combat ainsi que de milliers de munitions. Depuis le 4 octobre 2021, environ 332 ex-combattants des groupes armés FPRC, UPC, MPC et Anti-balaka ont volontairement déposé leurs armes.

Ce processus est lancé par le gouvernement centrafricain et montre que la Centrafrique n’a pas besoin d’être gérée par d’autres pays occidentaux ou même par la Russie, comme le prétend le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Le 17 octobre, le ministre français des Affaires étrangères avait déclaré à propos des membres du groupe de sécurité privée russe qui, selon lui, « fait la guerre par procuration pour le compte de la Russie » : « Lorsqu’ils pénètrent dans un pays, ils multiplient les violations, les exactions, les prédations pour se substituer parfois même à l’autorité du pays. » Le ministre français avait ajouté : « L’exemple le plus spectaculaire c’est la République centrafricaine où finalement, pour pouvoir se payer, ils confisquent la capacité fiscale de l’État. »

« Il y a un acharnement […] et un souhait d’infantiliser la République centrafricaine et ses autorités qui doivent s’arrêter » : c’est en ces termes que la ministre centrafricaine des Affaires étrangères Sylvie Mbaïpo-Temon a réagi, ce 19 octobre, à des propos tenus par son homologue français l’avant-veille. Elle s’est également dite à ce sujet « stupéfaite » de la réaction « extrême » et « mensongère » de Jean-Yves Le Drian, et cela doit cesser.

Ces propos faisaient écho à l’accusation de la France selon laquelle une partie des instructeurs militaires que la Russie a déployés en Centrafrique pour soutenir les autorités locales seraient des membres de Wagner. Cette accusation, portée également par des ONG et l’ONU, est démentie par la Russie.

La Centrafrique n’est pas gérée par la Russie, mais seulement par les Centrafricains. Paris continue sa politique erronée d’insulte et d’insolence envers les pays africains et particulièrement envers la Centrafrique, pays qui l’a placé dans l’échec le plus total. Paris n’en revient pas qu’un pays africain puisse le mettre en échec et surtout puisse gérer son pays mieux que la France gère son pays ? L’Élysée devrait s’inspirer du modèle centrafricain, cela ne lui fera pas de mal.

3. Mali : pourquoi une offensive contre les FAMAs ?

Depuis un certain temps, les allégations concernant les Fama et même les armées nationales en Afrique se multiplient. Pourquoi donc cette offensive contre les FAMAs ?

Source: Press TV Français

Covid-19: au Cameroun, un pass sanitaire qui ne dit pas son nom?

La campagne de vaccination en cours au Cameroun - Sputnik France, 1920, 20.10.2021

De plus en plus au Cameroun, de nombreux services publics obligent leur personnel à se faire vacciner contre le Covid-19 sous peine de se voir interdire l’accès à leur poste. Un paradoxe dans la mesure où aucun texte ne rend la vaccination obligatoire. La démarche est considérée par certains spécialiste comme une violation des libertés.

Si au Cameroun, en date du 20 octobre, aucun texte ne rend obligatoire la vaccination contre le Covid-19, la tendance ces derniers jours semble démontrer le contraire. À coup de notes de service, de communiqués ou de descentes musclées dans les bureaux pour exiger la présentation d’un certificat de vaccination, certains services et administrations publics procèdent selon leur bon vouloir à l’imposition de la vaccination, excluant ainsi les non vaccinés. Une démarche qui constitue, souligne Me Christian Daniel Bissou, président de la Commission des droits de l’homme et des libertés du barreau du Cameroun, « une violation des droits humains ».

« L’imposition du vaccin anti-Covid par certaines administrations publiques et par certains chefs d’établissement publics est une violation des droits humains (…). Ces différentes administrations n’ont absolument donc pas le droit d’imposer les vaccins, encore moins de procéder à de la discrimination contre des personnes qui ne sont pas vaccinées en les chassant des bureaux, en interdisant à un certain nombre de personnes d’avoir accès au service public. Cette démarche ne repose sur aucune base légale », souligne l’avocat au micro de Sputnik.

En effet de nombreux cas ont été enregistrés dans le pays et ont eu le mérite de provoquer un débat dans l’opinion. Début octobre, le gouverneur de la région de l’Est, Grégoire Mvongo, prenant prétexte de l’augmentation du nombre de contaminations dans sa localité, a dans un communiqué indiqué qu’il faudrait présenter, à partir du 11 octobre, un carnet de vaccination contre le Covid-19 ou les résultats d’un test négatif « datant de moins de 72 h »pour accéder aux locaux abritant les services publics et parapublics de sa circonscription.

S’il vous plaît, le vaccin est déjà obligatoire ici au Cameroun ? Parce que j’ai eu vent de la même « pratique » dans un certains ministères de la capitale … https://t.co/KR2zJPYVCz— KiKo 🧜🏾‍♀️ (@Petite_Kimy) October 14, 2021

Dans cette vidéo, le gouverneur de la région de l’Est Cameroun procède à une descente dans les services publics pour s’assurer de l’effectivité de sa décision.

La nécessité de légiférer

Dans la même veine, toujours début octobre, une note de service du Secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun prévient qu’au terme d’une campagne de vaccination organisée en interne, « l’accès au Palais de l’Unité ne sera permis qu’aux personnels vaccinés« . Avant ces deux derniers cas, de nombreuses autres administrations publiques avaient auparavant pris des mesures similaires. Des démarches qui ont fini par faire réagir la Commission des droits de l’homme et des libertés du barreau du Cameroun. Dans une déclaration publiée le 15 octobre, Me Christian Daniel Bissou relevait déjà les problèmes posés par l’obligation du vaccin anti-Covid, notamment « celui du consentement libre éclairé et exprès de toute personne appelée à se soumettre au vaccin ».

Parce qu’il s’agit d’une atteinte grave aux libertés, le législateur -et le législateur seulement- a le pouvoir de déterminer le caractère obligatoire des vaccins pour des motifs de santé publique », a-t-il précisé dans sa déclaration.

Or, en l’absence d’un cadre législatif, « les personnes non vaccinées ne doivent pas subir de discriminations comme semblent l’indiquer les communiqués des administrations publiques ».

Une démarche manifestement concertée de la part de l’administration camerounaise, donc, mais qui refuse de se traduire dans le cadre d’un texte instaurant l’obligation vaccinale en bonne et due forme. Selon Parfait Mbvoum, épidémiologiste, interviewé par Sputnik, il s’agit pour l’État camerounais de répondre à l’objectif de vacciner le plus grand nombre, « écoulant ainsi les stocks disponibles « , sans prendre le risque de faire face à une mobilisation d’envergure. Et pour cause, la réticence vaccinale est particulièrement forte au Cameroun, à l’instar d’autres pays d’Afrique subsaharienne.

La réticence au vaccin

Avec plus de 98.000 cas enregistrés pour plus de 1.500 décès à la date du 19 octobre, le Cameroun fait partie des pays les plus touchés de l’Afrique subsaharienne. Selon le rapport de la situation épidémiologique rendu public fin septembre, seules 130.000 personnes ont finalisé leur schéma vaccinal dans le pays depuis le lancement de la campagne en avril. Ce qui fait stagner le taux de couverture vaccinale de la population camerounaise à moins de 1% (0,9%).

D’après le même rapport, 382.459 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin. Si au lancement de la campagne, les cibles étaient les personnels de santé et les personnes à risque, une nouvelle action plus intense et ouverte aux personnes âgées de plus de 18 ans a débuté le 7 juillet, sans grand succès.

Abreuvés aux débats télévisés focalisés sur les multiples controverses autour de l’efficacité et des potentiels effets secondaires des vaccins disponibles, beaucoup de Camerounais rechignent toujours à se faire vacciner. Une perplexité alimentée, notamment, par les propos de deux médecins français qui avaient suggéré d’expérimenter un vaccin contre le Covid-19 en Afrique lors d’une émission diffusée sur la chaîne LCI en avril 2020.

Source: Sputnik News – France

Erdogan pousse ses pions en Afrique, rendant la situation plus « confuse », voire « conflictuelle »

Président turc Recep Tayyip Erdogan  - Sputnik France, 1920, 20.10.2021

En tournée diplomatique en Afrique, le Président Erdogan renforce les positions d’Ankara sur le continent. La stratégie turque bouscule les équilibres géostratégiques préexistants, au risque de générer de nouvelles tensions. Entretien.

« Les activités menées par la Turquie en Afrique sont connues par tout le monde, dans toute sa transparence« , s’est défendu Recep Tayyip Erdogan le 17 octobre depuis l’Angola, première étape d’une tournée africaine qui le mènera ensuite au Togo et au Nigeria. « Nous approfondissons nos relations avec le continent africain sur les principes “gagnant-gagnant”, de respect mutuel et de solidarité« , a ajouté le Président turc.

La Turquie « voudrait montrer que d’autres types de relations [avec l’Afrique, ndlr] sont possibles et qu’elles sont même souhaitables », explique le géopolitologue Loup Viallet, spécialiste du continent africain, au micro de Sputnik.

Depuis deux décennies, Ankara n’a cessé d’étendre discrètement son influence en Afrique. Depuis 2003, le volume d’échanges commerciaux avec le continent a quintuplé, passant de quatre à 26 milliards de dollars. Dans le même temps, le nombre d’ambassades sur le continent est passé de 12 à 43.

Comme la Chine avant elle, la Turquie défend une politique « pragmatique« , rappelle notre interlocuteur. En clair: Erdogan cultive des relations sans chercher à soutenir les démocraties locales ou à saper les gouvernements plus autoritaires.

Cette présence turque s’ajoute toutefois à l’influence des ex-puissances coloniales occidentales… et à la montée en puissance de nouveaux acteurs. En effet, la Chine et la Russie sont de plus en plus actives sur le continent. Ainsi, l’ajout de la Turquie dans un cocktail déjà instable « rend la situation de plus en plus confuse » et « le terrain africain de plus en plus conflictuel« , avertit l’auteur de La fin du franc CFA (Éd. VA, 2021).

Plus d’informations à retrouver dans ce dernier numéro de Lignes rouges.

Source: Sputnik News – France

Quand l’Otan a cassé « l’État libyen »: il y a dix ans, Kadhafi était exécuté

Mouammar Kadhafi  - Sputnik France, 1920, 20.10.2021
© Sputnik . Vladimir Fedorenko
/ Aller dans la banque de photos

Dix ans jour pour jour après la mort du « guide de la Révolution » Mouammar Kadhafi, Riadh Sidaoui, spécialiste tunisien du monde arabe, revient sur la décennie qui a défait la Libye. Un bilan consternant. »

Le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États est inscrit dans la Charte des Nations unies. Aucun pays n’a donc le droit de s’ingérer dans les affaires d’un gouvernement, qu’il soit démocratique ou dictatorial, socialiste ou capitaliste, réactionnaire ou progressiste« , tonnait Mouammar Kadhafi à la tribune de l’ONU, le 23 septembre 2009.

Le 20 octobre 2011, il y a exactement dix ans, le chef d’État libyen mourait dans d’atroces circonstances, aux mains d’insurgés libyens, après que son convoi eut été ciblé par des missiles de la coalition occidentale. Cette frappe changera à tout jamais l’histoire de la Libye, explique à Sputnik Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales (Caraps):

« L’Otan a cassé à la fois le gouvernement, le régime et l’État libyen »

Durant quarante-deux ans d’un règne autoritaire, le chef d’État libyen avait centralisé un pays fragmenté autour de sa personne. Malgré la réalité autoritariste de son exercice du pouvoir, le « guide de la Révolution » avait réussi à unifier une mosaïque d’ethnies, de tribus et d’idéologies aux intérêts politiques divergents.

Cadre légal ambigu de l’intervention de l’Otan

Depuis l’intervention occidentale, la Libye reste divisée en trois grandes régions, la Cyrénaïque à l’est, la Tripolitaine à l’ouest, et le Fezzan au sud-est. Au sein même de ces secteurs subsistent des fragmentations politiques, reflets d’une culture tribale et bédouine. Pourtant, sous la férule de Kadhafi, étaient libyens aussi bien les bédouins nomades du Sahara, que les Tripolitains, ou les Qaddafa, tribu du centre du pays.

« Sous Kadhafi, la Libye était stable et unifiée, malgré de réels problèmes sociaux et politiques. Elle était également forte sur le plan international, malgré les embargos et les sanctions occidentales », observe Riadh Sidaoui.

Imparfaite et peu démocratique, cette pax libya avait néanmoins permis à d’importants pans de la population libyenne de profiter de services publics, financés par le riche sous-sol libyen. Des institutions largement plus avancées que dans le reste de l’Afrique. Le taux d’alphabétisation libyen sous Kadhafi frôlait les 90%.

Selon le spécialiste du monde arabe, la mise à mort du colonel aura été le dernier clou dans le cercueil de l’État libyen.

« Depuis 2011, la Libye traverse une crise d’État. Le pays est divisé et cassé », explique notre interlocuteur.

Un drame d’autant plus tragique que la légalité de l’intervention occidentale reste sujette à caution, rappelle Riadh Sidaoui. En effet, la résolution 1973 du Conseil de sécurité, adoptée en vertu de l’article 42 de la charte des Nations unies, décide non seulement l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne mais autorise également « les États membres […] à prendre toutes les mesures nécessaires […] pour protéger les civils et les zones peuplées par des civils sous la menace d’attaques, y compris Benghazi, tout en excluant une force étrangère d’occupation sous quelque forme que ce soit dans n’importe quelle partie du territoire libyen« .

Perte du « monopole de la violence légitime »

Or, comme l’écrit Karim Émile Bitar, directeur de recherche à l’IRIS, dans une note intitulée « L’intervention en Libye à l’épreuve du principe de légalité »: « La coalition a rapidement privilégié une interprétation extensive de la résolution, en menant des attaques aériennes ou par missiles au-delà des lignes de front ou zones de combat entre l’armée loyaliste et les rebelles. »

« Même si elle ne fixe ni calendrier des opérations, ni objectifs précis, la résolution ne vise nullement le renversement du régime libyen« , insiste Karim Émile Bitar. Ainsi, les opérations « visant la personne même du colonel Kadhafi afin de faire tomber le pouvoir en place à Tripoli ne sont pas couvertes par le mandat onusien« .

C’est pourtant exactement ce qu’il s’est passé: « En ne se limitant plus à la protection des civils, mais en voulant la chute du régime, les tenants des valeurs de l’État de droit ont franchi les limites de la légalité internationale. » Ce que Karim Émile Bitar définit comme « le primat de la puissance sur la légalité« .

S’en est ensuivi une décennie de calvaire pour les Libyens. Depuis la mort de Kadhafi, l’État « ne jouit plus du monopole de la violence légitime« , explique Riadh Sidaoui. Ainsi, chaque tribu, ethnie, courant religieux s’est replié sur l’autorité qui pouvait lui apporter un semblant de sécurité dans un pays plongé en pleine anarchie. À ce mélange explosif se sont mêlés djihadistes et autres criminels en tout genre. Le chaos libyen a même éclaboussé l’ensemble de la région, voire au-delà.

En effet, l’éclatement de l’État libyen a ouvert la voie au trafic d’armes, de drogue, d’êtres humains. Ainsi, les équipements de l’armée libyenne se sont retrouvés entre les mains de combattants impliqués dans la guerre au Sahel. Par ailleurs, les migrants et réfugiés subsahariens traversaient le Sahara pour atteindre la Libye et rejoindre l’Europe depuis les côtes libyennes.

Pays coupé en deux

La tentative de démocratiser le pays a été « un grand échec« , constate Riadh Sidaoui: la preuve formelle en est l’échec des élections de juin 2014. « Les islamistes de Tripoli ont perdu les élections. Comme ils avaient des armes et du pouvoir, ils ont rejeté le résultat « , car il n’allait pas dans leur sens, explique-t-il. Le chercheur tunisien accuse ainsi des gouvernements occidentaux d’avoir voulu imposer une forme de démocratie à un peuple qui n’avait aucune culture démocratique.

Carte des zones contrôlées par les différentes forces armées en place en Libye #AFP @AFPgraphics pic.twitter.com/nom1EoKPv2— Agence France-Presse (@afpfr) June 22, 2020

À la suite de ce scrutin pour rien, une ligne de fracture s’est installée peu à peu entre l’est et l’ouest du pays, avec la partition de la Libye en deux parlements rivaux: à l’est, l’armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar; à l’ouest, le Gouvernement d’union nationale, mené d’abord par Fayez el-Sarraj, puis par Abdel Hamid Dbeibah à partir de 2021. Les affrontements sont réguliers entre les deux camps et contre d’autres factions isolées. Des combats sanglants.Après des années de conflit, l’ONU est parvenue à obtenir un cessez-le-feu le 23 octobre 2020. Une avancée consécutive à cinq jours de discussions à Genève. Dans le sillage de cette accalmie programmée, des élections présidentielles sont prévues pour le mois de décembre 2021. Ironie de l’histoire: le fils de Mouammar Kadhafi, Saif al-Islam Kadhafi, est candidat.

Il demeure toutefois difficile d’imaginer que ces élections aient lieu à la date prévue. Sur le plan militaire « rien n’a changé« , affirme Riadh Sidaoui. Les milices n’ont pas déposé les armes. Les mercenaires sont toujours sur place. Les différentes factions sont toujours soutenues par leurs parrains étrangers. En l’occurrence, Tripoli jouit toujours de l’appui de la Turquie et du Qatar, tandis que le parlement de Tobrouk, à l’est, s’adosse toujours aux Émirats arabes unis et à l’Égypte.

Dix ans après la mort de Kadhafi, il n’existe toujours pas de statistiques précises sur le nombre de morts et de déplacés. Mais ceux-ci se comptent, a minima, en dizaines de milliers, et probablement en centaines de milliers. À l’approche des élections présidentielles, les espoirs de stabilisation sont grands, mais le spectre de la guerre civile plane encore.

« Il y a toujours des acteurs qui veulent dominer par la force la réalité politique libyenne », conclut Riadh Sidaoui.

Source: Sputnik News – France

Pas de vaccin, pas de nourriture : Hessen, en Allemagne, autorise les supermarchés à discriminer les non vaccinés

No Vaccine, No Food: Hessen, Germany Permits Supermarkets to Discriminate Against the Unvaccinated

Version en italien

En Australie, des policiers tirent des balles en caoutchouc sur tout manifestant qui proteste pour revendiquer le droit de ne pas être vacciné, en Thaïlande ceux qui contestent les vaccinations anti-Covid car expérimental et dangereux risquent 5 ans de prison, aux USA ils ont été les premiers à vacciner des mineurs et bientôt commencera également avec les enfants de 5 ans et plus (Pfizer a déjà demandé l’autorisation à la FDA), en Italie vous ne pouvez plus aller travailler sans le Green pass qui vous oblige à être vacciné ou à avoir des tampons coûteux (gratuit dans beaucoup d’autres pays ‘Europe) et maintenant dans un État allemand, les opérateurs du marché alimentaire peuvent même empêcher les personnes non vaccinées de faire leurs courses.

Bien que dans la nation teutonique un chef de pathologie a montré le pourcentage élevé de corrélations entre les vaccins et les décès prématurés.

Le premier État fédéral allemand a annoncé qu’il n’avait aucun problème avec l’idée que les supermarchés interdisent aux personnes non vaccinées d’y faire leurs achats.

La Hesse (également connue sous le nom de Hesse), qui abrite Francfort, a déclaré que tous les détaillants, y compris les supermarchés, peuvent désormais décider eux-mêmes s’ils souhaitent mettre en œuvre la règle « 3G », qui exige que tous les clients soient vaccinés à moins qu’ils ne soient négatifs pour Covid-19 ou ont une immunité naturelle, ou une règle « 2G » plus stricte qui autorise uniquement les clients entièrement vaccinés.

Dans le cadre de sa règle d’entrée Covid Healthpass, Hessen rend aussi difficile que possible pour les personnes non vaccinées de participer et même de vivre dans la société, sur la base des nouvelles règles. Ces nouvelles politiques signifient que tout détaillant est désormais libre de discriminer sans subir aucune conséquence, et est en fait encouragé à le faire.

Selon certaines informations, le gouvernement de Hesse a en fait interdit les magasins non vaccinés « à la demande du secteur ».

Volker Boffier, l’un des dirigeants de Hessen, a déclaré : « Nous nous attendons à ce que cette option ne soit utilisée que certains jours, et les entreprises qui répondent aux besoins quotidiens ne l’utiliseront pas. » La décision a été prise après qu’un tribunal de Francfort a statué en faveur d’un magasin de barbecue qui a lancé une contestation judiciaire indiquant que les règles 2G ne peuvent pas être mises en œuvre sur les lieux.

Le tribunal a jugé qu’il existait « une réserve légale considérable pour l’exclusion des revendeurs et des installations similaires des règles dites 2G ». Il ne sera pas surprenant d’apprendre que ces nouvelles règles 2G en Hesse restent extrêmement controversées et ont fait l’objet de nombreuses critiques. Beaucoup conviennent à juste titre qu’il discrimine complètement les non vaccinés, ce qui, à son tour, renforce la division sociale et crée une société à deux vitesses.

En mettant en œuvre ces règles juste avant les mois d’hiver, on pourrait affirmer que cela a été fait pour contraindre davantage de personnes non vaccinées à se faire piquer afin qu’elles évitent de mourir de faim et de souffrir à mesure que les jours se refroidissent.

Publié par The Expose UK

Traduction : MIRASTNEWS

Source : Gospa News

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :