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Zoom Afrique du 27 octobre

Zoom Afrique du 27 octobre 2022

Les titres de la rédaction :

  • La République du Congo et la Chine entendent redynamiser leur coopération parlementaire
  • Sénégal : remise en service du môle 3 du port de Dakar après sa réhabilitation
  • Burkina Faso : la ville de Djibo, victime de 3 attaques meurtrières en 2 mois
  • Angola : performances positives pour les banques

Les analyses de la rédaction

1. Pourquoi l’OTAN a peur de la neutralité africaine ? 

Cette affaire dite « neutralité des Africaines en Ukraine » commence réellement à porter sur les nerfs des atlantistes : à preuve, cette visite du Bissau guinéen Embalo à Kiev juste après son passage en Russie, visite que les journalistes de RFI tentent par tous les moyens possibles et imaginables, de décrire comme étant une « marque de sympathie » à l’adresse de l’OTAN, mais qui à en juger de plus près les propos tenus par l’Africain, est un réel réquisitoire anti-Occident et pro-Russie.

Voyons comment le RFI, média colonialiste par excellence couvre et commente cette visite. Il dit :

« Le président bissau-guinéen est arrivé en Ukraine mardi 25 octobre et a passé la nuit à Kiev. Il avait auparavant posé le pied en Russie et avait rencontré le président russe Vladimir Poutine. Ce n’était pas négociable que j’aille en Russie sans aller voir mon frère en Ukraine », a assuré Umaro Sissoco Embalo. »

En entretien avec SE Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie ce 25 octobre 2022 au Kremlin à Moscou. Au cœur de nos échanges, nous avons abordé plusieurs sujets géopolitiques. pic.twitter.com/rjLkERkKJd — Umaro Sissoco Embaló (@USEmbalo) October 26, 2022

Et RFI d’ajouter : « Dans la matinée de mercredi le président Embalo a visité des sites bombardés avant d’être reçu par son homologue Volodymyr Zelensky. À l’issue de leur entretien, Umaro Sissoco Embalo a fait part de son émotion après avoir vu les destructions et les fosses communes : « J’ai été choqué quand j’ai vu les destructions, les fosses communes que vous m’avez montrées dans quelques zones où il y avait d’intenses bombardements.

Au fait, si Kiev a conduit le président Embalo sur les lieux portant les traces “des bombardements russes”, s’il lui a fait visiter “les fosses communes” supposément made in Russia, ce n’était certes pas pour l’entendre dire ce qu’il vient de dire à savoir “l’Afrique ne veut pas choisir entre la Russie et l’Ukraine”, une parole qui soit dit en passant, n’a cessé d’être celle de la majeure partie des pays du continent depuis le 24 février, soit le début de l’offensive russe en Ukraine. Le spectacle était en effet destiné à convaincre le Bissau-guinéen du contraire. Et le fait qu’Embalo soit le président en exercice d’une CEDEAO qui a déjà sanctionné le Mali pour son alliance militaire avec les Russes et qui ne cesse de menacer de le faire contre la Guinée toujours pour le même motif et qui a toutes les chances d’être tenté de le faire au Burkina de Traoré n’y étant pas étranger, il s’agissait de placer la CEDEAO cette fois directement en face de la Russie. Mais le futé président Bissau guinéen dont le pays entretient une longue relation avec Moscou, a évidemment refusé un tel plaisir à l’OTAN quand il a dit juste après avoir visité les “fosses communes” : “Je ne souhaite pas choisir entre la Russie et l’Ukraine, des pays amis et des partenaires tous les deux.”

Reçu ce 26 octobre 2022 à Kiev au Palais de la Présidence par SE le président @ZelenskyyUa. Entretiens chaleureux autour du renforcement des relations entre l’Ukraine et la Guinée-Bissau pic.twitter.com/UzgYJAQuMx — Umaro Sissoco Embaló (@USEmbalo) October 26, 2022

Mais le revers occidental au terme de la visite parfaitement calibrée n’en est pas resté là, Embalo ayant mis le doigt sur un point qui fait bien mal à l’Occident : parfaitement conscient du modus operandi US-OTAN en Ukraine, le président bissau-guinéen s’est fait le porte-voix de tout Afrique pour dire : « Je porte la voix de tout le continent africain préoccupé par la paix et la stabilité dans votre régionL’Afrique veut rapprocher ces deux pays frères. Ce ne sont pas juste les engrais et les céréales dont l’Afrique a besoin”.

Qu’est-ce qu’insinue Umaro Sissoco Embalo ? Très implicitement le fait que c’est l’Occident qui a fait monter les Slaves les uns contre les autres comme il fait monter les Africains les uns contre les autres. N’est-ce pas que cette guerre Ukraine/Russie, ressemble fort aux guerres fratricides entre Rwanda-RDC, ou celles qui secouent le Sahel et qui donnent à l’OTAN le prétexte nécessaires à l’occupation militaire des pays africains entiers ? Embalo tout comme tout Africain lambda comprend parfaitement le manège occidental et refuse donc de tomber dans le piège, ce qui pose la question suivante : Pourquoi l’Occident a-t-il si peur de la “neutralité africaine” ? Parce que cette neutralité comme l’ont montré les propos parfaitement orientés d’Embalo n’en est pas une et que ce président qui chérit en apparence Zélensky, vient lors de son passage à Moscou de demander des frégates et des hélicoptères aux Russes, bref que sous les yeux ahuris de l’Occident est sur le point de naître et d’agrandir une coalition anti Occident Russie/Afrique qui s’étend peu à peu au Sahel, après avoir parcouru l’Afrique centrale, et ce, sans compter des points chauds comme l’Éthiopie, l’Érythrée ou le Soudan en Afrique de l’Est. Et que deviendrait-elle l’OTAN si l’Afrique finissait par réclamer haut et fort qu’elle est l’allié de la Russie contre elle ? Ce sera l’apocalypse pour l’Occident. Déjà un début de fermeture du gaz russe a provoqué le quasi-effondrement du “vieux continent”, imaginons que l’Afrique aussi se mette à lui refuser ses minerais, son pétrole son gaz et… N’est-ce pas là la prolongation naturelle des choses si la guerre en Ukraine se poursuit ?

2. Les six “révolutions” de Traoré 

Les forces armées burkinabées lancent une mobilisation populaire sans précédent pour faire face aux groupes terroristes soutenus armés et financés par l’Occident. Un recrutement de 35 000 volontaires pour le compte des communes du pays et de 15 000 volontaires pour la brigade de veille et de défense patriotique est en cours. C’est tout le Burkina contre les puissances qui terrorisent l’Afrique. Des volontaires qui seront formés et mis à contribution dans le cadre de la lutte antiterroriste. La création de cette brigade avait été décidée au cours d’un Conseil supérieur de la défense sous l’ancien président, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba. Ses missions : la coordination opérationnelle de la défense civile du territoire, la contribution à la recherche du renseignement et la défense de certaines parties du territoire en cas de nécessité. Mais ce n’est pas tout ce qu’a fait Traoré de révolutionnaire. Investi président le 21 octobre, dernier président de transition par le Conseil constitutionnel, les lignes des chantiers d’Ibrahim Traoré se dessinent avec six mesures inédites pour marquer la souveraineté du pays des hommes intègres.

C’est le Premier ministre du Faso qui a dévoilé la grande ambition du président de la transition. Au micro de Radio Oméga, Kyelem Apollinaire de Tambela a décliné :

• Nous allons baisser les salaires du président et des membres du gouvernement. Le président est d’accord et moi aussi…

• Il y aura moins de 25 ministres…

• On ne peut pas développer le Burkina Faso en dehors de la ligne tracée par Thomas Sankara… Nous devons consommer ce que nous produisons…

• Le président m’a fait comprendre que ce qui le préoccupe c’est la sécurité et le retour des populations déplacées. Il va s’occuper de l’aspect sécuritaire et moi de l’aspect civil…

• Peu importe le partenaire avec lequel nous allons travailler, il devra nous respecter…

• Nous verrons comment diminuer le prix du carburant, car quand le carburant flambe, tout augmente…

Des actions incisives qui marquent un changement de paradigme et dont la mise en œuvre va changer le cours de l’histoire du pays longtemps détourné par des desseins égoïstes.

3. Wagner bientôt en RDC ? 

À la question de savoir si la RDC prévoyait recourir aux services des mercenaires russes pour intensifier les combats contre les M23, rébellion pro Rwanda qui occupe la cité congolaise de Bunagana depuis 4 mois, Félix Tshisekedi reconnaît que c’est “à la mode”, mais déclare “n’avoir pas besoin d’utiliser des mercenaires”.

Cette prise de position n’est-elle pas une erreur de la part de Tshisekedi ?

Réponse avec Pierre Claver Nkodo, éditorialiste et directeur de la publication Horizons nouveaux, magazine international paraissant à Douala au Cameroun.

Source: Press TV français

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