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Une lettre du FMI adressée au Congo fait débat!

Ce que j’ai pu retenir de cette lettre du FMI adressée à cet employé de Christel Sassou est que ces kleptocrates sont incapables d’estimer le montant de leurs dettes. Ce n’est point étonnant. Souvenons-nous de l’affaire Ecair, de notre ami Itoua Négoce, et les compagnies sous-traitantes suisses telle que PrivatAir. Un article a été publié sur le sujet ici sur Congoliberty après l’audit de cette chose de Fatimata Mboussa. C’est la même maladie. Comme chez Ecair, les kleptocrates ignorent le niveau de leurs dettes. Mawa! Tchiadi mingi! Voilà à quoi sert la fac d’économie de Nanterre qui a formé Gilbert Ondongo.

Congo Lettre FMI

Deuxième enseignement lié au premier, les kleptocrates n’ont pas de juristes et financiers dignes de ce nom parmi eux pour que le FMI leur demande de s’en procurer. Waoohh! Comment peut-on endetter un pays à plus de 120% de son PIB sans recourir aux services des professionnels de la finance et du droit? Si c’était les congolais qui avaient dit cela, les kleptocrates les qualifieraient d’aigris et de tribalistes. Là c’est le FMI qui leur demande d’en recruter. Je croyais que Ganongo, Dimi, Ondongo étaient des gens de la finance et de l’économie.

Troisième enseignement, les kleptocrates sont de cachotiers qui refusent de divulguer les informations cruciales à leurs prêteurs. Les congolais en savent quelque chose depuis qu’ils leur demandent des comptes sur les excédents budgétaires appelés “fonds des générations futures”, ils n’ont reçu aucune information sur leur argent.

Ces enseignements me permettent de dire à la suite de Rigobert Ossebi que le FMI va échouer au Congo de ces kleptocrates qu’ils traitent eux-mêmes de fainéants, cachotiers et incompétents ( voir la lettre de Mme Gulde-Wolf)

Dans une compagnie quand on a les tares de l’incompétence et de la fainéantise, on est vite mis à la porte. Ces gens ne peuvent changer du jour au lendemain pour devenir des bons gestionnaires. Si le contraire était vrai, en plus de 33 ans d’exercice de pouvoir sans partage, le Congo serait devenu une petite suisse. Ils ont été incapables de gérer plus de 50,000 milliards de francs CFA; aussi comment peuvent-ils générer des revenus pour rembourser une dette de 120% du PIB à moyen terme?

De qui se moque-t-on? Dans les années 80-90, quand le FMI prêtait de l’argent à des états faillis ayant eu à leur tête des kleptocrates comme Mobutu, il exigeait que les kleptocrates soient écartés des postes où il y avait de l’argent. Pire, ils mettaient des experts étrangers aux postes clés des finances de ces pays. Ce fut le cas au Zaïre et en Côte-d’ivoire où Kengo wa Dondo et Alassane Dramane Ouattara furent nommés aux postes de 1ers ministres du Zaïre et de la C-I. L’allemand Blumenthal était placé à la banque centrale du zaïre pour surveiller l’emploi des prêts du FMI et de la Banque mondiale.

Est-ce que le FMI va s’éloigner de ce schéma quand on sait que ceux qui ont endetté le Congo à plus de 120% de son PIB et mis ce pays en banqueroute sont les mêmes qui négocient avec lui? À moins de vivre sur la planète Mars, le FMI le sait; tout comme il sait que ces mêmes kleptocrates sont l’objet de poursuites pénales et civiles dans plusieurs pays pour les biens mal acquis avec l’argent volé aux congolais.

Le FMI est bel et bien au fait des biens mal acquis. Pourquoi ne pas intégrer cette variable dans les négociations? La fourniture des contrats des prêts, c’est bien. Mais après, on fait quoi?

Ces contrats de prêts ont un pendant qui est la fourniture des services et des biens. Il y a lieu d’enquêter aussi sur la fourniture de ces biens et services pour savoir l’utilisation de l’argent de ces prêts. Tout le monde sait que les services et biens acquis par ces kleptocrates avec ces prêts ont été surfacturés avec la complicité de leurs fournisseurs, surtout étrangers tels que les chinois et français. Cette surfacturation nous conduit à dire que la valeur de plusieurs de ces prêts n’est que fantaisiste puisque ne correspondant pas à la valeur marchande des biens et services acquis. Ce faisant, le FMI a le devoir de mettre des juricomptables sur la table pour évaluer la valeur réelle des biens et services acquis avec ces contrats de prêts. Toute surfacturation doit être remboursée aux congolais.

Le FMI doit se poser aussi la question suivante: si tout est à crédit chez ces kleptocrates, où est alors parti l’argent du pétrole entre 2002 et 2014? Si le FMI est une institution crédible, il doit obtenir des réponses de ces kleptocrates sur l’utilisation de l’argent du budget puisque tout ce qui a été construit a été fait à crédit. Mieux, le FMI lui-même avait dit avec la Banque mondiale que le budget était exécuté seulement à 30%. Il est de son devoir d’exiger aussi des comptes sur les 70% du budget non exécuté? Tout cet argent est bien quelque part.

La crédibilité du FMI est en jeu avec ces kleptocrates. Cette institution sait que le Congo a de l’argent, mais cet argent se retrouve dans les comptes des individus. Les agents du FMI ne vont pas dire qu’ils ne lisent pas la presse qui parle des Panama papers, des biens mal acquis en France, Suisse, Portugal, Dubai, Chine?

Pour une fois, contrairement aux années 80-90, le FMI doit intégrer la question des malversations financières, de la surfacturation des biens et services par les kleptocrates dans ses solutions à la crise. Récupérer l’argent volé permettra de ne pas faire payer les populations qui n’ont pas profité de la dette de 120% du PIB. Ceux qui ont volé doivent rembourser. Ceux qui ont facturé un kilomètre de route bitumée à 3 milliards de francs doivent rembourser l’argent volé. Et cet argent volé se chiffre à des milliers de milliards de francs CFA.

Limiter le travail à faire seulement à l’évaluation de la dette c’est comme construire une route qui ne va nulle part puisque les mêmes causes produiront les mêmes effets. L’évaluation de l’appareil financier de l’état congolais doit être systémique en suivant toute la chaîne de l’argent. Le prêteur et l’emprunteur ne sont que deux éléments de la chaîne. Il y a aussi les fournisseurs des services et des biens et les intermédiaires.

Dans son évaluation, le FMI doit aussi faire un diagnostic de l’organisation qui gère les finances publiques ainsi que des pratiques de gestion afin d’aboutir à une réforme d’ensemble de cette organisation. Ce faisant, le ministère des finances doit être réformé ainsi que celui des grands travaux. Les régies financières ne doivent plus dépendre du ministère des finances. Il en va de même du trésor public. Une même personne ne peut pas collecter l’argent et payer les factures. Ces pouvoirs doivent être séparés pour éviter les magouilles. Le ministère des finances doit s’occuper que de la politique fiscale, du budget et de la gestion de la dette. Plus question de gérer l’argent. Il en va de même des grands travaux qui doivent être transformés en une commission interministérielle chargée de décider des projets d’un certain montant, en plus de suivre l’exécution de ces projets. Plus question de gérer des sommes d’argent. Quant aux régies financières, elles doivent être regroupées dans une nouvelle organisation avec pour mandat d’exécuter la politique fiscale et recouvrer l’argent. Le trésor sera le gardien de l’argent collecté et paiera les factures vérifiées par le bureau du Contrôleur général avant tout décaissement.

Pour finir, si le FMI veut aider, il doit rencontrer aussi les membres de la société civile et les partis d’opposition comme il l’avait fait en Guinée. En mars 2017, le FMI n’avait rencontré que les partenaires économiques du Congo. Cette fois-ci, tout le monde doit être rencontré y compris la diaspora qui compte des gens qui peuvent suggérer des bonnes pistes de solutions à la crise créée par ces kleptocrates cachotiers, incompétents et fainéants.

Auteur: Bakala Telema

Commentaire sur Congo-liberty de l’article: « Mission impossible au Congo-Brazzavole » pour le FMI. Par Rigobert OSSEBI

Notre commentaire: De très bonnes idées, cependant, même si ces propositions étaient retenues, la question de la bonne gouvernance se posera toujours, dans la mesure où le système politique en place et ses rouages resteront en place avec les mêmes personnes qui ne pourront pas se défaire du jour au lendemain des habitudes acquises pendant de longues années d’exercice du pouvoir autoritaire tenu par la force des armes, avec les privilèges exorbitants qu’ils se sont attribués au détriment de la nation et du peuple. MIRASTNEWS

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