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Le Congrès du Brésil empêche les juges de la Cour suprême du Brésil de mettre Michel Temer en procès

Quel avenir pour Michel Temer ? Plusieurs charges de corruption pourront encore suivre.

Les Bésiliens s’inquiètent pour Michel Temer, leur président à scandales maintenu au pouvoir. Plus d’un mois après que le procureur général, Rodrigo Janot, l’ait accusé d’avoir accepté des pots-de-vin, son taux d’approbation lors d’un sondage s’établit à 5%. Mais M. Temer conserve son soutien au Congrès du Brésil. Le 2 août, les législateurs de la chambre basse ont voté pour ne pas renvoyer l’affaire sulfureuse contre lui devant la Cour suprême, qui a le pouvoir de mener les enquêtes et le poursuivre. Un vote contraire aurait ouvert la voie de la suspension de M. Temer en tant que président du Brésil.

Après un débat houleux auquel les députés anti-Temer ont apporté des mallettes remplies de fausse monnaie, le président a finalement remporté une victoire confortable avec 263 députés ayant voté contre le renvoi de l’affaire devant la Cour suprême, contre 227 en faveur. M. Temer. Ce dernier avait besoin de seulement 172 voix pour bloquer la motion.

Mais les problèmes de M. Temer ne sont pas finis. M. Rodrigo Janot, procureur général devrait une nouvelle fois apporter au moins deux autres actes d’accusation contre lui, qui peuvent être soumis à un vote similaire à la Chambre basse. Le procureur général avait déjà chargé Temer en juillet pour avoir accepté des pots-de-vin du marchand de viande JBS SA, ce qui a valu ce vote. Cependant le président Temer reste affaibli.

Plus M. Temer prendra de plus en plus de temps pour se défendre, moins il se consacrera à la promotion de son programme sur la réforme économique, alors qu’il est vital pour stabiliser les finances publiques du pays et pour soutenir la reprise économique qui commence à pointer, pour sortir le Brésil de sa pire récession. Le taux d’intérêt s’établit actuellement à 9,25 % et M. Temer espère le ramener à 7,5%. Les réserves nationales ont augmenté selon M. Mauro Pereira, mais le chômage a explosé et de nombreux États et municipalités ne fonctionnent plus correctement et ne parviennent pas à payer des milliers de travailleurs publics.

L’accusation que M. Temer a combattue résulte de la preuve fournie par Joesley Batista, un ancien président de JBS, une entreprise de conditionnement de la viande, qui a enregistré secrètement une conversation avec le président en mars dernier. C’est celui-ci qui a provoqué une opération d’enquête de la police dans laquelle Rodrigo Loures, ancien assistant de M. Temer, a été filmé recevant 500 000 reais (159 000 dollars) de l’envoyé de M. Batista. Le procureur général Janot soupçonne que la trésorerie, plus 38 m reais de plus promis par M. Batista, était destinée à M. Temer.

Temer refuse toutes les accusations, en arguant que le procureur général a des motivations politiques et ne respecte pas le rôle que les institutions lui assignent. M. Temer a d’ailleurs déjà choisi un successeur au procureur général, il sera remplacé par M. Raquel Dodge en septembre. M. Antonio Claudio Mariz de Oliveira, avocat de M. Temer soutient que l’enregistrement fait en secret pour piéger le président en mars, est illégal et que la valise d’argent confisquée, prétendument destinée à Temer est un hareng rouge.

Le président Temer a passé des semaines à obtenir un soutien dans la chambre basse. Il a dégagé 4,2 milliards de reais pour des dépenses à effectuer dans les zones d’accueil des législateurs, selon Contas Abertas, un chien de garde. Certains législateurs l’ont soutenu avec enthousiasme. Wladimir Costa, un député de l’État amazonien de Pará, a tatoué le nom du président sur son épaule. M. Temer a évité le procès avec une plus grande marge que beaucoup d’analystes n’avaient pas prévu. « Ceux qui ont essayé de nous diviser ont mal compris », a-t-il crié après le vote.

Temer tentera maintenant de réfléchir sur la continuité de son agenda économique. Malgré les accusations portées contre lui, il a signé une réforme parlementaire controversée le 13 juillet. Celle-ci a suscité l’espoir qu’il puisse réformer le système de retraite pour réduire les dépenses dans budget de l’Etat. Il s’attend à ce que le projet de loi sur la retraite passe, comptant sur le fait que le Congrès ôtera certaines propositions de révision des règles des pensions, en fixant uniquement un âge minimum pour la retraite, en réduisant les prestations des fonctionnaires et approuvera aussi la nouvelle législation avec une légère majorité pendant de l’année en cours.

Temer reconnait ainsi pour la première fois que d’autres modifications seraient apportées à la proposition en cours. Cependant le ministre des Finances, Henrique Meirelles et d’autres fonctionnaires continuent de soutenir que la révision doit être faite sans induire d’autres changements afin d’éviter qu’une crise budgétaire ne survienne. Dans sa forme originelle, la proposition limitait aussi les pensions des survivants, mettait en place des règles plus strictes pour les travailleurs ruraux et changeait la manière dont les paiements de retraite sont calculés. M. Temer espère pouvoir engager plus tard des transformations plus poussées, notamment dans six ans.

Suite au vote des députés de la Chambre basse du Congrès en sa faveur, il a prononcé un discours au palais Planalto à Brasilia, Brésil, le 2 août 2017.

Cependant la confiance sera difficile à maintenir au fur et à mesure que les accusations augmenteront et que les élections nationales qui auront lieu en octobre 2018 se rapprocheront. L’opinion publique pourrait commencer à peser plus lourdement sur les politiciens confrontés à la réélection (M. Temer est peu susceptible de courir). Tout soutien mal placé pourrait les rendre impopulaires. Un sondage, avant que la chambre basse ne vote sur les accusations, a montré que 81% des Brésiliens veulent que M. Temer soit jugé. Tout cela peut rendre plus difficile l’adoption d’une réforme des retraites impopulaire. M. Temer tentera d’adopter une version plus réduite, édulcorée, prédit Christopher Garman d’Eurasia Group, un cabinet d’analyse des risques. Beaucoup dépendra de la faiblesse de sa situation.

Temer pourrait tout aussi bien survivre aux votes du Congrès en se présentant à l’élection présidentielle, mais un sondage national montre que seulement 5 % de Brésiliens approuvent la personnalité de M. Temer.Les électeurs Brésiliens sont non seulement en colère, mais ils sont également fatigués des affaires et des difficultés économiques. L’ancienne présidente Dilma Rousseff a été mise en accusation l’année dernière, en partie à cause de grandes manifestations contre elle. Actuellement peu de Brésiliens manifestent contre M. Temer. L’ancien président Lula da Silva a été condamné en première instance à une lourde peine de prison, alors qu’au moins un tiers des députés qui s’auto-amnistient sont poursuivis pour des faits de corruption. Le Brésil devient-il un pays ayant une justice à double vitesse?

Source : MIRASTNEWS avec The Economist, Reuters

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